JEAN-CHRISTOPHE ET WINNIE de Marc Forster : la critique du film
sortie cinéma

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Mondo-note :

Carte d’identité :
Nom : Christopher Robin
Père : Marc Forster
Date de naissance : 2018
Majorité : 24 octobre 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h43 / Poids : NC
Genre
: Comédie, Drame

Livret de famille : Ewan McGregor, Hayley Atwell, Bronte Carmichael…

Signes particuliers : Un film au ton étrange, entre le drame pour adultes et la comédie pour enfants.

WINNIE RENAÎT EN LIVE-ACTION

LA CRITIQUE DE JEAN-CHRISTOPHE ET WINNIE

Synopsis : Le temps a passé. Jean-Christophe, le petit garçon qui adorait arpenter la Forêt des Rêves bleus en compagnie de ses adorables et intrépides animaux en peluche, est désormais adulte. Mais avec l’âge, il est devenu sérieux et a perdu toute son imagination. Pour lui rappeler l’enfant attachant et enjoué qu’il n’a jamais cessé d’être, ses célèbres amis vont prendre tous les risques, y compris celui de s’aventurer dans notre monde bien réel…

Pour beaucoup, Winnie l’ourson ce sont ces dessins-animés de notre enfance aux joyeuses aventures colorées avec l’ourson friand de miel, Bourriquet le mélancolique, Porcinet le peureux ou encore Tigrou le bondissant. Mais en réalité, Winnie l’ourson et ses amis trouvent leurs origines dans une galaxie très lointaine, précisément dans les années 1920, avec le petit Jean-Christophe comme enfant fédérant les joyeux drilles autour de lui dans la forêt des rêves bleus. C’est de ce côté là que Disney s’est tourné aujourd’hui avec Jean-Christophe et Winnie, adaptation des nouvelles d’Alan Alexander Milne par l’intermittent du spectacle Marc Forster, cinéaste capable du meilleur (A L’ombre de la Haine ou World War Z pour les amateurs) comme du pire (Quantum of Solace ou l’un des pires James Bond de l’ère moderne).

Articulé autour de l’inusable thématique du besoin de garder son âme d’enfant pour affronter les difficultés de la vie, Jean-Christophe et Winnie est une sorte de conte tendre et touchant, cherchant la lumière derrière un obscur rideau de mélancolie qui accompagne une bonne partie du métrage en lui donnant un ton très étrange. Marc Forster signe un film contre-initiatique, évoquant non pas le passage de l’adolescence à l’âge adulte mais au contraire, prônant le besoin de retourner en enfance de temps à autre, pour se protéger du mauvais visage de la vie de « grand », où travail, sérieux et responsabilités peuvent faire oublier les fondamentaux et les petites joies de l’existence. Jean-Christophe et Winnie illustre bien cette idée qu’à vouloir s’assurer à tout prix un bel avenir, on en oublie parfois de vivre le présent et toutes les belles choses simples qui rendent heureux là où argent et bonne situation ne sont pas forcément des garants de bonheur.

Subtil, profond et d’une grande délicatesse, Jean-Christophe et Winnie multiplie les métaphores dans un univers visuel d’une extraordinaire cohérence (l’idée des peluches vintage en lieu et place de personnages de synthèse artificiels colle bien à la thématique défendue par l’histoire) et profite de la douceur du jeu d’Ewan McGregor pour se frayer un chemin vers une émotion véhicule de la réflexion de fond. Manquent seulement un rythme peut-être un poil plus soutenu pour tenir l’attention, et surtout une direction narrative plus affirmée. Car l’une des particularités du film est d’évoluer dans un entre-deux très complexe et perturbant, conduisant à une interrogation difficile à élucider : à qui s’adresse le film ? Aux tous petits ? Trop triste, trop amer, trop grave dans le ton. Aux plus jeunes, pas assez trépidant à l’heure du sacro-saint « rythme », mais aussi trop sérieux dans son approche sur deux bons tiers du film. Restent les adultes nostalgiques. Mais là, ironiquement le film est presque trop enfantin. À moins que ce soit justement là un moyen de rejoindre la thématique initiale, ce qui ferait du film une œuvre assez maligne et piégeuse, prenant le spectateur à témoin en lui montrant que s’il n’aime pas cette magie enfantine observée depuis un regard d’adulte, c’est peut-être parce qu’il a lui-même perdu cette âme d’enfant qui est au cœur du message.
BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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