JACK LE CHASSEUR DE GEANTS (critique – aventures)

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note 4.5
Carte d’identité :
Nom : Jack The Giant Slayer
Père : Bryan Singer
Livret de famille : Nicholas Hoult (Jack), Ewan McGregor (Elmont), Eddie Marsan (Crawe), Eleanor Tomlinson (Isabelle), Stanley Tucci (Roderick), Ewen Bremner (Wicke), Ian McShane (le roi Brahmwell), Christopher Fairbank (l’oncle), Bill Nighy (le général Fallon)…
Date de naissance : 2013
Nationalité : USA
Taille/Poids : 1h50 – 190 millions $

Signes particuliers (+) : Certains effets spéciaux réussis, la maîtrise de la motion capture, les décors naturels anglais splendides.

Signes particuliers (-) : Un triste spectacle sans âme ni charisme attractif. Fade, peu inspiré et semblable à mille autres. Un casting présent physiquement, absent mentalement. La direction artistique ne donne pas envie (image, couleur, design visuel…)

 

DES RÊVES DE GRANDEURS…

Résumé : Jack, un jeune homme insouciant vivant dans une ferme avec son oncle, se retrouve en possession de mystérieux haricots soit-disant précieux. Il est loin de se douter qu’il va ouvrir par inadvertance la porte séparant le monde des hommes de celui des redoutables géants, ranimant une guerre achevée il y a bien longtemps…

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Mais qu’est-il arrivé à Baby Singer ? Cinéaste autrefois doué et respecté, Bryan Singer semble avoir perdu l’inspiration depuis plusieurs années. Après de triomphaux succès comme Usual Suspect, Un Elève Doué ou les premiers X-Men, le réalisateur a vrillé. Le catastrophique Superman Returns, le médiocre Walkyrie, un pilote de série annulée… En 2013, Bryan Singer fait son comeback après quatre ans d’absence derrière la caméra. Remplaçant D.J. Caruso sur le projet et le faisant entièrement retravaillé notamment par son compère d’Usual Suspect, Christopher McQuarrie, Jack Le Chasseur de Géants est aussi la raison pour laquelle Singer n’a pas conduit lui-même le dernier volet préquelle de la saga X-Men, dirigé finalement par Matthew Vaughn.

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Singer adapte un conte populaire anglais célèbre, déjà porté sur grand écran en 1962 par Nathan Juran. L’histoire est une sorte de version pour adultes du conte pour enfants Jack et le Haricot Magique. Un jeune homme que rien ne prédisait à un grand destin va voir sa vie changée lorsqu’il endossera de lourdes responsabilités dans une bataille mettant aux prises les humains et des géants cruels d’un autre monde. Une histoire faite donc de magie, de héros, de grands méchants monstrueux et bien entendu, d’une princesse au cœur à conquérir. Le casting se compose de Nicholas Hoult, déjà actuellement à l’affiche dans le sublime Warm Bodies de Jonathan Levine, de la belle Eleanore Tomlinson (vue dans le Alice aux Pays des Merveilles de Burton) ainsi que d’Ewan McGregor, Stanley Tucci, Eddie Marsan, Bill Nighy et Warwick Davis (remember Willow !). Mode du spectacle oblige, Jack Le Chasseur de Géants sera en 3D, une première pour Singer, qui ne va pas reculer pour utiliser des technologies complexes mais au rendu souvent de qualité comme la motion capture (Tintin, The Hobbit, Avatar, La Planète des Singes : les Origines…). Il sera également le premier à utiliser un nouveau type de caméra spécialement conçu pour rendre de façon optimale la 3D. Le cinéaste met donc toutes les cordes à son arc pour essayer de livrer un fantastique divertissement spectaculaire et intense ravivant l’âme d’enfance des plus grands et émerveillant les plus jeunes.

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Dans les intentions, Jack Le Chasseur de Géants partait bien et l’on était en droit de s’attendre à un nouveau Fantastique Monde d’Oz, un film plein de magie, d’aventure, de romance et de spectacle. Mais voilà, Bryan Singer n’est pas Sam Raimi. Ce n’est pas la première fois mais le cinéaste livre à nouveau un gros blockbuster sans âme, sans charisme, visuellement peu attractif (le « production design » global laisse à désirer tant ni l’image, ni les couleurs, le ton ou le visuel ne donnent envie déjà à la base) semblable à tant d’autres gros mastodontes vide de talent et d’imagination. Singer s’évertue à essayer de faire rêver mais la superficialité de son entreprise est plus navrante qu’autre chose pour un public adulte obligé de s’engager sur des sentiers balisés par bien des œuvres similaires auparavant. Reste le public plus jeune mais est-ce bien à eux que se destine un film se résumant à des géants voulant manger des humains ? Si Singer voulait raviver notre âme d’enfant, il fallait alors clairement donner plus que cet abrutissant spectacle aseptisé à outrance, certes techniquement bien exécuté (avec une jolie 3D au passage) mais au final fermement ennuyeux et dénué d’enjeux intéressants puisque le film se calque sur tous les stéréotypes archétypaux du genre.

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Interprété sans conviction par des comédiens égarés, pas toujours bien peaufiné dans ses effets digitaux, Jack Le Chasseur de Géants est un nanar de luxe pas très passionnant ni palpitant, une grande aventure qui pâtit de sa ringardise et de son absence de magie intense devant des œuvres plus ambitieuses à la Seigneur des Anneaux ou The Hobbit (pour les plus grands) et de son manque de clarté dans son orientation pour les plus petits (et cette difficulté à saisir à qui le film est destiné est très certainement la première explication à son échec au box-office américain). Bourré d’effets numériques qui n’ont rien de transcendant (bon, ok, les géants sont bien fichus), de rebondissements éventés, de clichés et de mièvrerie, s’appuyant seulement sur ses beaux paysages anglais pour faire rêver, on attend la fin des haricots avec impatience, lassés de devoir se coltiner une énième triste distraction sans originalité, fade et ramant comme un galérien (à l’image de ses acteurs) pour avancer dans son histoire sans sincérité.

Bande-annonce :

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