DIE HARD : BELLE JOURNÉE POUR MOURIR (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : A Good Day to Die Hard
Père : John Moore
Livret de famille : Bruce Willis (John McClane), Jai Courtney (Jack McClane), Sebastien Koch (Komorov), Mary Elizabeth Winstead (Lucy McClane), Cole Hauser (Collins), Amaury Nolasco (Murphy), Rasha Bukvic (Alik), Yuliya Snigir (Irina)…
Date de naissance : 2012
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h36 – 92 millions $

Signes particuliers (+) : Voir Die Hard et Bruce Willis sur l’affiche.

Signes particuliers (-) : L’anti-Die Hard par excellence. Un actionner bourrin quelconque, idiot, moche et shooté avec deux mains gauches. Une trahison au mythe insupportable.

 

UN SALE FILM POUR MOURIR

Résumé : John McClane apprend que son fils, avec qui il n’a plus de contact depuis longtemps, est dans le pétrin à Moscou. Ni une ni deux, le père se rend sur place pour l’aider sans savoir que son rejeton est en réalité un agent de la CIA en mission. Ils vont se retrouver tous les deux avec la mafia russe sur leur dos…

Et la franchise Die Hard continue avec ce cinquième volet des aventures du plus célèbres des flics new-yorkais, le « toujours au mauvais endroit au mauvais moment » John McClane, interprété une fois de plus par l’inoxydable Bruce Willis. On a failli avoir une joie explosive et démonstrative quand les noms de réalisateurs pressentis ont commencé à circuler, notamment lorsque ont été évoqués le nordique talentueux Nicolas Winding Refn ou le britannique Joe Cornish (le très sympathique Attack the Block). Mais pas de bol, l’aiguille girouette s’est arrêtée sur John Moore, piètre metteur en scène, coupable entre autres, de Max Payne ou du remake de La Malédiction (pour le seul potable En Territoire Ennemi). Au script, Skip Woods, un habitué du cinéma musclé puisque le réalisateur du méconnu C’est pas mon Jour ! a déjà été derrière les scénarios  de Opération Espadon, Wolverine, Hitman ou L’Agence Tous Risques.

Après un quatrième volet à l’accueil mitigé, généralement qualifié de sympathique film d’action mais un peu trop éloigné de l’esprit « Die Hard » et mis en scène par le tâcheron Len Wiseman, on espérait naïvement voir la franchise remonter d’un cran. Pas de bol, c’est tout le contraire. A tel point que la découverte de Die Hard : Belle Journée pour Mourir nous permet (et c’est toujours ça de gagné) de réévaluer son prédécesseur à la hausse. Die Hard 4 passerait presque pour un film génial, totalement dans l’esprit du mythe McClane tant on vient titiller cette fois le fond du fond de la nullité cinématographique. Car en toute honnêteté, Die Hard 5 est franchement plus proche d’un désastreux Taken 2 gonflé aux dollars massifs que d’un illustre Une Journée en Enfer.

Pourtant, et contrairement à ce que l’on serait en droit de penser, John Moore est peut-être l’homme qui maîtrise le mieux au monde Piège de Cristal, l’original de John McTiernan. Le bonhomme semble connaître chaque ligne du script, chaque plan, chaque idée aussi infime soit-elle. Parce que pour faire autant opposé, il faut forcément connaître sur le bout de doigt le modèle originel. Là où Die Hard premier du nom était un chef d’œuvre du genre, une pierre fondatrice du cinéma d’action moderne au caractère bien trempé, parfaitement maîtrisé dans sa construction, son écriture, sa mise en scène intelligente, cette nouvelle séquelle 25 ans plus tard est une purge indigne de s’inscrire dans sa continuité, son « anti » parfait, où tout a été fait dans le pur respect d’une démarche d’avancer dans la direction totalement inverse. La mise en scène réfléchie de McTiernan a cédé sa place à une réalisation frénétique brouillonne, conduite avec des moufles aussi épais comme la toison d’un mouton ermite, le script prenant le temps de poser son univers et évoluant avec une précision chirurgicale a été remplacé par une narration digne d’un mauvais DTV où tout doit être planté, emballé et gerbé en 1h30 top chrono quitte à ce que le film soit un raccourci narratif à lui-seul.

Idiot, moche et irrespectueux de la « marque » à laquelle il appartient, Die Hard : Belle Journée pour Mourir est un navet honteux, une série B avançant éhontément en roues libres, sans qu’aucun capitaine à bord ne soit visiblement d’humeur à diriger le paquebot. Et ce n’est malheureusement pas le casting qui va venir sauver les meubles pour faire la blague entre un Bruce Willis abandonné à son triste sort et à ses lignes de textes forcées ou Jai Courtney (plutôt bon en baraque mutine impressionnante dans Jack Reacher) qui joue avec le charisme d’un monolithe de granit.

Il n’y a pas une seule bonne idée à retenir de ce cinquième opus fossoyeur qui pense sérieusement convaincre en faisant dans l’action bourrine non stop ultra-spectaculaire improbable et putassière. La surenchère n’a jamais été un gage crédible de qualité dans la progression d’une franchise et réduire Die Hard à une empilement nonsensique de séquences titanesques n’a comme seul résultat de rendre le film d’un quelconque à faire pâlir, le noyant dans la masse de ces nombreux actionner stupides sans style, sans singularité ni saveur. Effarant. Et c’était certainement en balançant trois vannes minables entre deux gunfight visuellement fourre-tout et un pauvre « yippee-ki-yay » que Moore allait éviter de participer à l’enterrement d’un mythe en jetant une bonne grosse poignée de terre salissante sur ses bases. Comment attendre maintenant quoique ce soit d’un Die Hard 6 déjà en chantier ?

Bande-annonce :

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