DARK TOUCH de Marina de Van
Critique – en salles (épouvante)

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note 4
Carte d’identité :
Nom : Dark Touch
Père : Marina de Van
Livret de famille : Marcella Plunkett, Richard Dormer, Art Parkinson, Clare Barrett, Padraic Delaney, Robert Donnelly, Charlotte Flyvholm, Ella Hayes…
Date de naissance : 2012
Majorité au : 19 mars 2014
Nationalité : France, Irlande, Suède
Taille : 1h30
Poids : 2,7 millions €

 

Signes particuliers (+) : Une séquence d’introduction qui a failli nous faire croire que peut-être ça allait être bon.

Signes particuliers (-) : Un film d’épouvante soporifique revisitant un registre archi-éculé sans y apporter la moindre valeur ajoutée en dehors de celle de croiser deux classiques en un. Marina de Van ne se préoccupe pas de faire son propre film mais se contente de paraphraser autrui. Et bien mal en plus.

 

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Résumé : Seule rescapée du massacre de sa famille, causé par leur maison qui s’est mise à vivre et a lancé son contenu sur ses occupants, Niamh, 11 ans, est recueillie par des amis de ses parents. Mais les évènements étranges ne s’arrêtent pas pour autant.

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L’INTRO :

Attention, Marina de Van est de retour. La cinéaste française récidive pour un troisième long-métrage plus ou moins de genre, après le sombrement masochiste Dans ma Peau et le glam-troublant Ne te retourne pas avec Monica Belluci et Sophie Marceau. Après un passage par le téléfilm et une adaptation du Petit Poucet diffusée sur Arte, la belle quadragénaire enchaîne avec Dark Touch, une coproduction franco-irlando-suédoise tournée en langue anglaise et présentée au NIFFF puis à L’Etrange Festival 2013. Une sorte de sombre conte fantastico-dramatique voyant une jeune fillette perdre toute sa famille un soir de terreur où sa maison s’est mise à étrangement prendre vie.

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L’AVIS :

La singulière Marina De Van poursuit son travail d’exploration des traumas de l’âme avec des personnages mentalement troublés et fragiles, ici une petite fille devant faire avec un deuil brutal et incompréhensible. De même, elle continue d’errer dans un cinéma du mystère et de l’étrange, toujours avec le même sens du graphique et de l’élégance filmique. Mais s’il y a bien une chose qui s’installe réellement en récurrence dans son travail, c’est surtout sa faculté à sonder le cinéma d’autrui. Dark Touch est à nouveau un amoncellement de références peu maîtrisées, allant du cinéma britannique, à celui d’un Cronenberg ou d’un Laugier en passant surtout par ceux de Ozon et de De Palma, auxquels elle semble vouer une admiration sans bornes. Et une fois de plus, le récital déçoit et peine à convaincre avec un récit à la fois maladroit et terriblement ennuyeux, dont on pressent une maîtrise seulement de fond, mais qui n’arrive jamais à se hisser dans la forme. Décousu, confus, sans grande imagination, et surtout sans style ni vision, Dark Touch semble tirer à vue dans un embêtement seulement ponctué par ses scènes fantastiques qui se ressemblent à peu près toutes, pour un ensemble poussif et décroissant. Si la première séquence peut impressionner par son effet de surprise et son efficacité, les suivantes pâtissent d’un effort monotone calqué sur un script trop mécanique et engoncé dans sa conduite sans passion ni anicroche.

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Ménageant un secret de polichinelle révélé à mi-parcours, un choix structurel rendant l’œuvre encore plus bancale et assommante qu’elle ne l’était au départ, Dark Touch s’inscrit dans une énième variation autour des Révoltes de l’an 2000 ou du Village des Damnés, rencontrant The Children et Carrie, et recycle des thématiques avec lesquelles on a bien du mal à saisir vers quoi essaie de se diriger la cinéaste avec ce travail un peu abscons parlant plus ou moins métaphoriquement de maltraitance sur les enfants. En façade, Dark Touch arbore une esthétique soignée mais sans trop d’audace si ce n’est celle d’essayer de plaire aux amateurs de drame psychologique étrange autant qu’aux amateurs de pur cinéma fantastique. Malheureusement, le résultat est friable, à la fois futile et ambitieux, écartelé entre ses velléités divergentes sans trop savoir quelle direction prendre. Un exercice trompe-l’œil raté qui ne mène finalement à pas grand-chose de bien palpitant.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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