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COLD SKIN de Xavier Gens : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Cold Skin
Père : Xavier Gens
Date de naissance : 2017
Majorité : 17 juillet 2019
Type : Sortie Blu-ray, DVD
Nationalité : France, Espagne
Taille : 1h32 / Poids : NC
Genre : Épouvante, Thriller

Livret de famille : David Oakes, Ray Stevenson, Aura Garrido…

Signes particuliers : Un film de genre français aux nobles ambitions.

XAVIER GENS DE RETOUR AU GENRE

LA CRITIQUE DE COLD SKIN

Synopsis : En 1914, alors que le monde se prépare à l’apocalypse, un jeune homme est débarqué sur une île rocheuse et inhospitalière, près du cercle antarctique. Sa mission : remplacer pour les 12 prochains mois l’officier météorologique qui a mystérieusement disparu. Alors que le bateau s’éloigne, il est loin d’imaginer que de terribles créatures ont déjà pris possession de l’île.

Le valeureux Xavier Gens, qui se débat depuis pas mal d’années pour tracer sa route dans le cinéma horrifique avec sa passion comme arme contre les multiples contraintes qui incombent aux réalisateurs français, est de retour au genre après une pige lucrative du côté de la comédie potache (Budapest – tristement son seul film depuis Frontière(s) à être sorti en salles). Avec Cold Skin, le cinéaste nous emmène sur une petite île paumée à la lisière de l’Antarctique au début du XXème siècle. Un jeune irlandais y débarque pour remplacer le météorologue en place. Sauf que ce dernier demeure introuvable. Sur ce petit recoin du monde quasi désert, froid et rocailleux, la seule âme qui vive semble être l’étrange gardien du phare. C’était sans compter sur d’horribles créatures aquatiques qui sortent la nuit…

Cold Skin, ou le mariage entre le survival à base de créatures effrayantes et le romanesque inter-espèces façon La Forme de l’eau. Avec son savoir-faire qui n’est plus à prouver, Xavier Gens tente de cacher l’étroitesse de moyens que l’on pressent réduits. Pour se faire, le réalisateur enrobe son film dans un bel écrin, un bel emballage de cinéma magnifié par une mise en scène léchée et une photographie admirable venant épouser ces lieux à l’austérité angoissante. Derrière cette façade à belle allure, se cache en revanche un film un peu plus bancal, aussi restreint que son budget, handicapé notamment par une dramaturgie assez limitée pour ne pas dire un peu pauvre. Cette immaturité du script pousse Cold Skin à la peine, freiné par une douce somnolence qui étouffe l’énergie que Gens voudrait injecter à son histoire très lovecraftienne dans l’âme.

Mais malgré ses faiblesses, malgré une certaine lourdeur du style (peu aidé par une voix off pesante) et une inertie du tempo, Cold Skin essaie d’être efficace à sa manière. Et si l’effort reste un peu anecdotique, il a au moins le mérite d’être proprement emballé. On y déplorera un manque criant d’originalité et de surprises, tout en louant au moins sa volonté de séduire en s’appuyant sur une noble cinégénie qui lui permet de s’extirper du bouillon où mijotent trop de séries B mal branlées. C’est à n’en pas douter la force du film de Xavier Gens, d’arborer au moins du cinéma au cœur de cette rencontre entre l’horreur et la « romance », rencontre qui sert de terreau pour nourrir un propos vaguement pacifiste soulignant l’idée que la haine appelle la haine, que la violence appelle la violence et que les conflits quels qu’ils soient, pourraient se régler avec le dialogue et un effort de compréhension de l’autre. Chose souvent oubliée dans notre monde qui préfère bien trop souvent l’attaque préalable au dialogue tardif. Dans tous les cas, dommage que le film soit privé de sortie en salles, il l’aurait méritée bien plus que pas mal de navets indigents.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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