UNE FAMILLE SYRIENNE de Philippe van Leeuw : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Insyriated
Père : Philippe van Leeuw
Date de naissance : 2017
Majorité : 06 septembre 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : Belgique, France
Taille : 1h20 / Poids : NC
Genre
: Drame, Guerre

 

Livret de famille : Hiam Abbass, Diamand Bou Abboud, Juliette Navis…

Signes particuliers : Logiquement primé au festival d’Angoulême.

DERRIÈRE LA CRISE DES MIGRANTS…

LA CRITIQUE DE UNE FAMILLE SYRIENNE

Résumé : Dans la Syrie en guerre, d’innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester, ils font chaque jour face en gardant espoir. 

Dans nos sociétés actuelles menées par l’importance de l’image et des médias, la représentativité conditionne à peu près toute l’information, peu de gens finalement allant creuser au-delà de ce qui nous est montré. Ainsi, à quoi pense t-on quand on évoque « la Syrie » ? On pense à une lointaine guerre aux contours très vagues, et surtout au flot de migrants qui déferle sans cesse sur l’Europe. On pense à ces pauvres âmes qui errent comme de miséreux mendiants dans des pays occidentaux peu intéressés par leur sort, sauf quand ils troublent l’ordre public bien rangé. Pour beaucoup, voilà à quoi se résume la Syrie. Elle se résume à « la crise des migrants ». À travers Une Famille Syrienne, le réalisateur belge Philippe van Leeuw nous montre ce que l’on a pas vraiment l’habitude de voir, il nous montre ce que fuient exactement ces migrants qui débarquent par millions dans nos contrées, en nous plongeant dans le quotidien d’une famille de Damas, contrainte de vivre barricadée et recluse dans un appartement, la peur au ventre. Dehors, des ruines, des détonations, bombes ou coups de feu, des snipers, des pilleurs, le chaos.  

Avec Une Famille Syrienne, le réalisateur belge passe au-delà du mur de l’image d’un pays en guerre fui par ses habitants réfugiés en masse en Europe, mur auquel se limite les grands médias informatifs. Le cinéaste n’est pas là pour nous montrer le côté spectaculaire d’une guerre avec de grosses ficelles visant le drame larmoyant, pas plus qu’il n’est là pour nous resservir ce que l’on sait déjà. Une Famille Syrienne écarte cadre et contexte, et va droit dans l’intimité des victimes d’un conflit tragique, brisant la barrière réductrice du sensationnalisme pour s’attacher à dresser le portrait épuré de gens vivant dans la terreur permanente d’un quotidien étouffant. Et parce qu’il ne mentionne jamais vraiment le lieu où se déroule le film (même si on le sait tous), son film de devenir une œuvre universelle, portrait intime des victimes de n’importe quelle guerre. Authentique et plus humain que théorique, le film de Philip Van Leeuw vaut probablement plus que tous les reportages diffusés à la télé, nous permettant de saisir de l’intérieur, le vécu de ces migrants si décriés, de comprendre vraiment ce qu’ils fuient, ce qu’ils ont pu traverser. Dur, empathique, angoissant, et d’une rare intensité pour ce qui s’apparente à un huis clos familial sous tension, Une Famille Syrienne est un film important et nécessaire, un drame pudique et pourtant frontal, qui prend à la gorge et aux tripes. L’approche est aussi intelligente que le résultat. 

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

 

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