Mondociné

UN HOMME EN COLÈRE de Guy Ritchie : la critique du film

Partagez cet article
Spectateurs

 

Carte d’identité :

Nom : Wrath of Man
Père : Guy Ritchie
Date de naissance : 2020
Majorité : 16 juin 2021
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h59 / Poids : NC
Genre : Polar, Action

Livret de Famille : Jason Statham, Jeffrey Donovan, Josh Hartnett, Scott Eastwood, Holt McCalllany…

Signes particuliers : Un remake américain du Convoyeur de Boukhrief aussi sec qu’un saucisson Justin Bridou.

 

NOTRE AVIS SUR UN HOMME EN COLÈRE

JASON STATHAM EN MODE LIAM NEESON

Synopsis : Un convoyeur de fond fraichement engagé surprend ses collègues par l’incroyable précision de ses tirs de riposte alors qu’ils subissent les assauts de braqueurs expérimentés. Tous se demandent désormais qui il est, d’où il vient et pourquoi il est là.

2004, Nicolas Boukhrief sort Le Convoyeur, excellent polar avec Albert Dupontel qui va pas mal faire parler de lui. Si le film ne sera pas un carton au box office, il aura le mérite d’avoir une très bonne réception critique et publique, et de s’exporter à l’étranger. Aux Etats-Unis, il tapera tout de suite dans l’œil de producteurs hollywoodiens et la mise en chantier d’un remake sera vite enclenchée. Plus vite qu’elle ne verra le jour puisque le projet va traîner pendant des années au point de disparaître des radars. Finalement, c’est 17 ans plus tard qu’il voit enfin le jour, désormais sous la direction de Guy Ritchie (F. Gary Gray était initialement prévu). Un Guy Ritchie qui reste sur une réussite (The Gentlemen l’an passé). Emmené par Jason Statham (Sandra Bullock devait tenir le rôle -féminisé pour l’occasion- aux balbutiements du projet), Un Homme Colère suit la trajectoire de H, un homme énigmatique qui se fait engager par une société spécialisée dans le convoyage de fonds. Mais si H est autant mystérieux, s’il semble clairement avoir un dessein caché, il y a une bonne raison à cela…

En reprenant à son compte le film de Boukhrief, Guy Ritchie livre une revisite très personnelle, avec des différences et surtout un style aux antipodes. Le Convoyeur était un thriller efficace. Un Homme en Colère l’est davantage. Calibré selon les codes du cinéma américain, le film donne davantage de place à l’action, parfois au détriment de la finesse, du regard humain et de l’émotion. Mais ce changement de braquet ne détruit en rien le résultat. Un Homme en Colère est certes différent de son modèle mais il a aussi ses propres qualités. Guy Ritchie signe un polar d’action particulièrement nerveux dont on saluera avant tout la construction (plus que l’écriture). Afin de ménager le suspens et l’effet de surprise (du moins pour ceux qui ne connaissent pas Le Convoyeur), le cinéaste opte pour une structure puzzle qui éclate le récit selon un chapitrage malin jouant avec les points de vue. L’histoire se construit ainsi pas à pas selon une méthodologie qui offre beaucoup d’efficacité et de rythme à la narration. Une efficacité par ailleurs soutenue par l’action elle-même, maîtrisée par le réalisateur, lequel envoie quelques scènes inspirées et brillamment exécutées. Intense d’un bout à l’autre, Un Homme en Colère est à l’arrivée un polar d’action (ou un actioner « polarisé » – au choix) hard boiled particulièrement ramassé, tout en nervosité, en aridité et accompagné d’un délicieux cynisme noir comme un ristretto bien tassé. La sécheresse qui borde constamment les contours de l’exercice lui offre un impact aux allures d’uppercut terrassant. Un Homme en Colère n’est peut-être pas un chef-d’œuvre mais c’est déjà un très bon film qui remplit pleinement ses objectifs sinon plus.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Close
Première visite ?
Retrouvez Mondocine sur les réseaux sociaux