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TROIS JOURS ET UNE VIE de Nicolas Boukhrief : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Trois jours et une vie
Père : Nicolas Boukhrief
Date de naissance : 2019
Majorité : 18 septembre 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h55 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Sandrine Bonnaire, Charles Berling, Pablo Pauly, Philippe Torreton, Margot Bancilhon, Dimitri Storoge, Jeremy Senez…

Signes particuliers : Boukhrief transpose avec intensité et émotion le roman de Pierre Lemaître. 

UN DRAME DONT ON NE RESSORT PAS INDEMNE

NOTRE AVIS SUR TROIS JOURS ET UNE VIE

Synopsis : 1999 – Olloy – Les Ardennes belges. Un enfant vient de disparaître. La suspicion qui touche tour à tour plusieurs villageois porte rapidement la communauté à incandescence. Mais un événement inattendu et dévastateur va soudain venir redistribuer les cartes du destin…  

C’est toujours avec beaucoup d’intérêt que l’on retrouve le cinéma de Nicolas Boukhrief, cinéaste besogneux et touche-à-tout dont les œuvres, pleinement réussies ou non, sont toujours méritantes et force de propositions. Comme Le Convoyeur, comme son excellent Made in France qui avait été privé de sortie car tombé malheureusement au moment des attentats de Paris. Ou comme La Confession, sa dernière apparition en salles, drame fiévreux sur la passion entre une belle jeune femme athée et un prêtre séduisant. Avec Trois Jours et Une Vie, Nicolas Boukhrief adapte un roman de Pierre Lemaître, que l’on retrouve d’ailleurs au scénario comme il l’avait fait pour Au-Revoir Là-Haut. Drame au sujet particulièrement difficile, le film nous expédie dans les Ardennes belges en décembre 1999, où un jeune garçon va accidentellement tuer un petit voisin. Alors que les parents sont effondrés, que toute la communauté est en émoi et que la police multiplie les recherches pour retrouver l’enfant disparu, Antoine, 12 ans, sait où est le corps, sait ce qu’il s’est passé, mais n’ose rien dire. Le début d’une culpabilité qui va s’intensifier sur quelques jours avant de dicter sa vie comme une chape de plomb insupportable.

Le thème de la culpabilité a toujours été un moteur pour le cinéma de Nicolas Boukhrief. Mais jamais le cinéaste ne l’avait aussi bien étudié qu’avec Trois Jours et Une Vie, drame bouleversant qui prend aux tripes de la première à la dernière minute. Parce qu’il est une tragédie poignante, parce qu’il est une remarquable étude psychologique, parce qu’il est formidablement interprété (mis à part une ou deux scènes étonnamment loupées par Sandrine Bonnaire) avec une mention décernée aux enfants du film, parce qu’il est aussi porté par une splendide maîtrise cinématographique et une intensité déstabilisante, Trois Jours et Une Vie est une œuvre à la fois glaçante et envahissante, du genre dont il est impossible de s’extirper. Boukhrief parvient à imager l’essence du roman de Pierre Lemaître, ou comment une faute de jeunesse irréparable va foutre en l’air une vie, des vies même, alors qu’une poignée de secondes va déterminer des devenirs assombris. Oscillant entre le polar suffocant et la tragédie intimiste, Trois Jours et Une Vie est limpide, modestement virtuose, passionnant tant ses enjeux sont forts et tant ils coincent les personnages dans leurs existences. En dehors d’une petite accumulation de révélations finales qui, certes donnent de la cohérence à la destinée du récit mais sont un peu trop théâtralisées dans la manière dont elles sont amenées cinématographiquement parlant, Trois Jours et Une Vie est un film implacable qui va chercher des émotions en profondeur sans jamais avoir besoin de les forcer.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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