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QUEENS de Lorene Scarafia : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Queens
Père : Lorene Scarafia
Date de naissance : 2019
Majorité : 16 octobre 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h47 / Poids : NC
Genre : Drame, Biopic

Livret de famille : Jennifer Lopez, Constance Wu, Lili Reinhart, Keke Palmer, Julia Stiles, Cardi B…

Signes particuliers : Le talentueux Adam McKay en producteur, on espérait (un peu) mieux.

ARNAQUES DANS L’UNIVERS DU STRIP-TEASE

NOTRE AVIS SUR QUEENS

Synopsis : Des stripteaseuses se lient d’amitié et décident de conjuguer leurs talents pour arnaquer et prendre leur revanche sur leurs riches clients de Wall Street. Leur plan fonctionne à merveille, mais argent et vie facile les poussent à prendre de plus en plus de risques…

Lorene Scafaria s’est déjà illustrée en réalisant des épisodes de la série New Girl avant de mettre en scène son premier long métrage : Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare. Elle est de retour en ce mois d’octobre avec Queens, un film d’arnaques inspiré de faits réels dans le milieu du strip-tease. Porté par un casting 100% féminin composé de Jennifer Lopez, Constance Wu, Keke Palmer ou Lili Reinhart, le long métrage raconte comment quatre strip-teaseuses ont extorqué pendant des années des milliers de dollars leurs clients.

Queens est un film en demi-teinte, parfois très inspiré, souvent fort banal. Lorene Scafaria choisit de mettre en scène le schéma classique du biopic composé de plusieurs timelines. Une au présent où le personnage de Constance Wu raconte à une journaliste son histoire et celle de ses amies, et une seconde au passé, qui enchaîne les flashbacks et les ellipses temporelles. Rien de bien novateur donc dans cette approche classique, qui souffre d’un manque d’originalité pour mettre en scène cette histoire abracadabrantesque. A cause de ce montage paresseux, Queens finit par rapidement tourner en rond, voir à vide, la cinéaste ne parvenant pas à magnifier son récit. Pour autant Lorene Scafaria réussit à entrer dans l’univers des strip-teaseuses sans tabou. Loin d’être pudique, le film montre le quotidien d’une profession désenchantée. Mais Queens donne parfois l’impression d’idéaliser le milieu, choisissant l’angle de l’argent, du pouvoir et des paillettes pour illustrer le quotidien de ses personnages. Le long métrage transmet parfois le sentiment que leur condition est enviable, comme si vendre son corps était une fin en soit. Pourquoi pas, mais pas sûr que le propos plaise à tout le monde.

Un des points forts du métrage réside finalement dans la prestation de Jennifer Lopez, qui tient là l’un de ses meilleurs rôles. L’actrice donne le maximum de ce qu’elle possède, met du cœur à l’ouvrage, et porte tout simplement le film sur ses épaules. Elle offre aussi la meilleure performance du métrage. Le reste du casting tient relativement bien la route malgré quelques petites maladresses dispersées au cour du film. La mauvaise blague réside dans la présence de Cardi B, dont le nom racoleur ne devrait même pas figurer sur l’affiche tant elle fait une apparition de quelques secondes, surjouant avec une laideur insupportable. Heureusement, l’histoire, inspirée de faits réels on le rappelle, se suffit à elle même. Les péripéties qui sont rapportées sont passionnantes, en tout cas révélatrices d’un peuple qui agonise. Elles mettent en avant le système boiteux dans lequel les protagonistes évoluent, pourri jusqu’à la moelle. Queens veut mettre en exergue une société où l’injustice domine, une structure sociale discriminatoire et sexiste, et y parvient finalement relativement bien. Une critique politique du capitalisme et ses conséquences très actuelle qui trouve sa quintessence dans une réplique finale percutante.

Queens est plutôt efficace mais facilement oubliable. Au casting parfois bancal, cette histoire de rébellion demeure crédible avec des tribulations intéressantes. Le film partage heureusement quelques bonnes idées de mise en scène, au milieu d’un récit souvent répétitif.

BANDE-ANNONCE :

Par Aubin Bouillé

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