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MARTY SUPREME de Josh Safdie : la critique du film

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Nom : Mary Supreme
Père : Josh Safdie
Date de naissance : 18 février 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h29 / Poids : NC
Genre : Comédie, Thriller, Drame, Sport

Livret de Famille : Timothée ChalametGwyneth PaltrowOdessa A’zion

Signes particuliers : Le meilleur rôle de Timothée Chalamet.

Synopsis : Marty Mauser, un jeune homme à l’ambition démesurée, est prêt à tout pour réaliser son rêve et prouver au monde entier que rien ne lui est impossible.

TIMOTHÉE CHALAMET JOUE AU PING PONG

NOTRE AVIS SUR MARTY SUPREME

Timothée Chalamet est dans sa période biopic. Cette fois, l’acteur troque la guitare de Bob Dylan pour les raquettes de ping pong de Marty Mauser. Un nom qui ne vous dira strictement rien et c’est tout à fait normal puisqu’il n’existe pas en tant que tel. Marty Mauser est en réalité un nom fictif inspiré de Marty Reisman, joueur de tennis de table américain des années 40-50. Et Marty Supreme est une libre adaptation de sa vie réalisée par un Josh Safdie fraîchement séparé de son frangin (avec qui il a signé Good Time ou Uncut Gems). Anecdote amusante, le duo s’est séparé pour vivre chacun une carrière solo et les deux se sont retrouvés à diriger des biopics à caractère sportif, The Smashing Machine pour Ben, Marty Supreme pour Josh.

Suprême, c’est comme ça que Marty Mauser rêve sa vie de joueur de tennis de table. Idéaliste, arrogant et prétentieux comme pas deux, il est persuadé être le meilleur du monde dans sa discipline et entend bien le prouver au plus vite. Mais pour parvenir à ses fins, il va devoir cavaler jusqu’à plus de souffle pour traverser un enfer de longue haleine, avec sur son chemin un paquet d’emmerdes qui vont voler en escadrille. Entre des problèmes d’argent, un nouvel adversaire japonais, une famille problématique, un mafieux et une petite amie cachée enceinte de surcroît, Marty n’est pas sorti des ronces pour vivre ses ambitions…

Si vous êtes fans de ping pong ou accroc aux exploits sportifs des frères Lebrun, Marty Supreme pourrait vous séduire. Et si ce n’est pas le cas… aussi ! Parce que si le Smashing Machine de son frangin Ben était résolument un biopic centré sur une figure du MMA, le Marty Supreme de Josh Safdie n’est pas qu’un film de sport sur une vedette du ping pong. Dans l’esprit de son Uncut Gems dont il reprend le ton surexcité à la lisière de l’hystérie, Marty Supreme est une sorte d’échappée folle qui survole autant le thriller que la comédie, le drame ou le pur film sportif. Un mélange détonnant que Josh Safdie maîtrise plutôt bien, prenant le tennis de table comme centre et tricotant autour de lui, une aventure loufoque embarquant un jeune antihéros débordé par les évènements comme le Paul Hackett d’After Hours. La comparaison avec Scorsese s’arrête là. Autant que celle avec le Attrape-moi si tu peux de Spielberg pour le côté cavale effrénée. Pour le reste, Marty Supreme est du pur Safdie dans l’âme, à savoir un film au rythme frénétique -parfois trop d’ailleurs- dont l’idée est de filmer un personnage cerné de toutes parts et se débattant corps et âme pour se sortir d’une impasse, un peu comme un poisson hors de l’eau et à court d’air.

Quand tout commence, Marty Mauser est un jeune joueur à l’ambition presque amusante. Il est bon, il le sait et il veut le faire savoir. Mais parfois, à force de pousser des portes trop fort, elles vous reviennent dans la gueule avec le même impact. À trop fanfaronner du haut d’un orgueil assuré, Marty Mauser va en faire l’expérience. Il pense que le monde l’attend, il va vite déchanter. Démarre alors pour lui une odyssée tour à tour haletante ou lunaire où il va devoir gérer sa quête de fric pour se rendre à son prochain tournoi au Japon, un oncle-employeur qui refuse de la lâcher, une petite-copine mariée et enceinte, un mafieux qui lui a confié son chien (incarné par Abel Ferrara), une fédération de tennis de table qui ne l’apprécie guère, un pseudo-mécène qui lui fesse le cul avec une raquette, une ancienne actrice séduisante (Gwyneth Paltrow), et on en passe des vertes et des pas mûres.

Porté par un Timothée Chalamet absolument dément (si ses détracteurs persistent, ce sera vraiment drapés dans une mauvaise foi gonflée), Marty Supreme est une grosse overdose d’adrénaline dont on ressort comme après deux heures ballotté dans un tambour de machine à laver (ok on n’a jamais tenté l’expérience mais on l’imagine bien). C’est tendu, nerveux, drôle, romanesque, survolté, épuisant, cocasse, sportif, chaotique, excessif… Marty Supreme est un vase qui déborde. Josh Safdie en rajoute constamment, donnant à son film à la fois son ton déjanté et son côté harassant. Car l’effet est à double tranchant. Par moments, on a ce sentiment de trop qui passe mal. Tenir une intense excitation sur deux heures et demi n’est pas chose aisée ni pour un artiste qui doit bien maîtriser son entreprise sur-énergique pour ne pas qu’elle dévisse, ni pour un spectateur qui doit affronter un chaos général assumé provoquant un effet d’épuisement inéluctable.

Portrait d’un jeune homme mi-amusant mi-détestable qui veut griller tous les feux rouges pour avancer plus vite, qui parle aussi vite et fort qu’il ne pense, qui ne tient pas en place, qui est égoïste, égocentrique, menteur, malin, doué, Marty Supreme est un film grisant qui réussit l’exploit de dépasser le simple film sportif pour embarquer dans une épopée complètement tarée.

 

Par Nicolas Rieux

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