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LES MIENS de Roschdy Zem : la critique du film

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Nom : Les Miens
Père : Roschdy Zem
Date de naissance : 2021
Majorité : 23 novembre 2022
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de Famille : Sami BouajilaMaïwennRoschdy Zem, Rachid Bouchareb…

Signes particuliers : Association Roschdy Zem & Maïwenn.  

Synopsis : Moussa a toujours été doux, altruiste et présent pour sa famille. A l’opposé de son frère Ryad présentateur télé à la grande notoriété qui se voit reprocher son égoïsme par son entourage. Seul Moussa le défend, qui éprouve pour son frère une grande admiration. Un jour Moussa chute et se cogne violemment la tête. Il souffre d’un traumatisme crânien. Méconnaissable, il parle désormais sans filtre et balance à ses proches leurs quatre vérités. Il finit ainsi par se brouiller avec tout le monde, sauf avec Ryad…

MA FAMILLE, MA BATAILLE

NOTRE AVIS SUR LES MIENS

Une famille, c’est jamais toujours tout noir ou tout blanc, et encore moins tout rose. Ça rigole, ça s’enlace, ça s’engueule aussi, mais souvent ça s’aime fort. C’est tout le sujet de Les Miens, sixième long-métrage réalisé par l’excellent acteur qu’est Roschdy Zem après (entre autres) Chocolat, Omar m’a tuer ou Persona non grata. Et à n’en pas douter, son plus personnel aussi, même s’il en partage l’écriture du scénario avec Maïwenn. Pas étonnant d’ailleurs de retrouver l’actrice-réalisatrice dans « la boucle » tant on sent son influence, certaines thématiques du film rappelant un peu son récent ADN difficilement sorti au début de la pandémie.

Les Miens, c’est un coup d’œil jeté sur une tranche de vie d’une famille, unie malgré les petits travers de chacun, aimante malgré les vagues, présente malgré les vies de uns et des autres. Une famille secouée du jour au lendemain par un drame. Au cours d’une soirée avec des collègues de boulot dans laquelle il a comme évacué un burn out latent, Moussa (Sami Bouajila) fait une chute lui causant un trauma crânien. Dans les jours qui suivent, il dort. Quand il reprend un peu vie, il a changé. Le trauma a malmené son cerveau, le laissant épuisé et surtout irascible. Sa famille va en faire les frais tout en essayant de s’occuper d’un homme loin du « nounours » trop gentil qu’il a toujours été.
 
A la seule lecture du script, Les Miens pourrait prendre plusieurs orientations, dont la comédie dramatique truculente où les bonnes petites vérités piquantes fuseraient dans l’hilarité générale. Mais ce n’est pas le choix de Roschdy Zem et Maïwenn. Si le film ménage quelques passages fort drôles quand cet homme désormais sans filtre lâche ses saillies énervées exprimant souvent (certes un peu trop violemment) des pensées enfouies depuis longtemps, l’angle s’oriente avant tout vers la chronique dramatique, dressant le portrait d’une fratrie qui va exorciser les non-dits au détour de cette situation perturbant l’équilibre du microcosme. Entre prise de conscience et démonstration du mal que peut faire l’extrême retenue (le film soutenant plutôt l’idée qu’il est bon de dire les choses plutôt que de les ruminer), Les Miens est une œuvre attachante qui exploite son ressort « comique » avec justesse, de sorte à ce qu’il ne devienne pas réducteur. S’il enfonce un peu des portes ouvertes dans ce qu’il raconte de manière générale avec sa démonstration en mode mineur, reste que l’on apprécie chaleureusement cette tendre parenthèse sublimée par d’excellents comédiens (le duo Zem-Bouajila est toujours formidable).

 

Par Nicolas Rieux

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