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LES AMANDIERS de Valeria Bruni-Tedeschi : la critique du film [Cannes 2022]

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Nom : Les amandiers
Père : Valeria Bruni-Tedeschi
Date de naissance : 2021
Majorité : 16 novembre 2022
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 2h06 / Poids : NC
Genre : Drame, Romance

Livret de Famille : Nadia TereszkiewiczSofiane BennacerLouis Garrel

Signes particuliers : Aaaaaah c’est donc ça le fameux cinéma bobo-parisien amateur d’entre-soi…

Synopsis : Fin des années 80, Stella, Etienne, Adèle et toute la troupe ont vingt ans. Ils passent le concours d’entrée de la célèbre école créée par Patrice Chéreau et Pierre Romans au théâtre des Amandiers de Nanterre. Lancés à pleine vitesse dans la vie, la passion, le jeu, l’amour, ensemble ils vont vivre le tournant de leur vie mais aussi leurs premières grandes tragédies.

 

VALERIA BRUNI-TEDESCHI SE RACONTE… ENCORE

NOTRE AVIS SUR LES AMANDIERS

Valeria Bruni-Tedeschi récidive. Quatre ans après Les Estivants, sorte d’amusante thérapie fictionnelle dans laquelle elle projetait beaucoup de sa propre vie, l’actrice-réalisatrice remet le couvert et parle encore… d’elle. Ou plus précisément cette fois, d’une période de sa jeunesse quand elle a été admise comme étudiante en arts dramatiques à l’école du Théâtre des Amandiers alors dirigé par Patrice Chéreau et Pierre Romans. Sélectionné en compétition officielle à Cannes, Les Amandiers raconte ces quelques années à travers le regard de la jeune Stella, projection fictionnelle de Bruni-Tedeschi et vecteur d’une immersion dans la troupe de l’époque.
Valeria Bruni-Tedeschi parle donc encore d’elle. Et ce n’est pas qu’on s’en fout mais… presque. Cela dit, impossible de s’arrêter sur cette simple considération (somme toute plus personnelle que réellement pertinente). D’autant que l’on commence à avoir l’habitude de cette tendance du cinéma français à donner dans l’autocentrisme de bobo parisien. Mais si au moins l’histoire sert à raconter quelque chose de vraiment fort et dominant, alors pourquoi pas. Problème, ce n’est pas le cas. Les Amandiers ne raconte rien de vraiment pertinent au-delà de sa petite immersion dans les coulisses de la célèbre école théâtreuse. La vie, les cours, les rires et les drames, Les Amandiers déroule son programme avec l’énergie qui est la sienne, sans doute très cinématographique et intéressant pour Valeria Bruni-Tedeschi, nettement moins pour un spectateur à distance de ce maigre geste nombriliste.

 

Et puis tout est « sur ». C’est sans doute le plus rédhibitoire dans la proposition de Bruni-Tedeschi version cinéaste. Surjoué, sur-écrit, sur-mis en scène, sur-dramatisé, Les Amandiers cumule sur les « sur-quelque chose », en fait constamment trop au point d’en devenir très agaçant. Trop dans sa réalisation espérée poétique mais en réalité inutilement chichiteuse et terriblement maniérée. Trop dans son écriture qui veut croquer toutes les facettes de cette tranche de vie au risque d’en approfondir aucune. Trop dans l’interprétation au point que des personnages finissent par ressembler à des caricatures de ce qu’ils sont censés incarner (mention au charmeur torturé qui joue sa « folie » enragée façon Patrick Dewaere juvénile, avec la subtilité d’un CRS a une manif étudiante).
Plein de bonnes intentions (on ne doute pas une seconde de la sincérité de son auteur), il est regrettable, voire frustrant, de voir Les Amandiers devenir au fil des minutes aussi irritant d’afféterie. Car en filigrane, le film propose quelques belles choses et distille quelques idées. Comme ce regard sur une époque, la fin des années 80, marqué par une jeunesse insouciante voulant vivre fort et libre, marqué par les jeans, la clope et la peur du sida. Comme ce regard sur le processus de création dans une troupe avec des hauts et des bas ou comme ce lointain portrait -pas très assumé mais pas trop complaisant non plus- dressé de l’ogre Chéreau (certaines langues commencent à se délier sur l’envers du décor mais Tedeschi reste dans la mesure). Mais ce ne sont que quelques belles promesses dispersées dans un effort plus souvent crispant qu’enivrant.

 

Par Nicolas Rieux

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