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IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’EST de Larissa Sadilova : la critique du film [e-cinema]

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Carte d’identité :
Nom : Odnazhdy v Trubchevske
Mère : Larissa Sadilova
Date de naissance : 2019
Majorité : 11 juin 2020
Type : sortie en salles
Nationalité : Russie
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre : Comédie dramatique

Livret de famille : Egor Barinov, Yury Kisilyov, Valentina Kozova…

Signes particuliers : Un film plaisant à défaut d’être mémorable.

BADINAGE ENTRE VOISINS

NOTRE AVIS SUR IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’EST

Synopsis : Printemps, été, automne, hiver. Les jours s’égrainent harmonieusement dans un paisible village de Russie. Anna prend chaque semaine le bus pour aller vendre ses tricots à Moscou. Mais elle en descend après quelques virages. Le même jour, son voisin routier va charger son camion pour une longue semaine de voyage. Il s’arrête lui aussi immuablement à la sortie du village… Désir, amour, suspicion et badinage, rien ne peut rester longtemps secret…

Le souci avec le confinement qui règne actuellement en France (ou « a régné » selon quand vous lisez cet article), c’est que les cinémas ayant fermés, beaucoup de films se rabattent exceptionnellement sur la VOD pour connaître une exploitation, ou un semblant d’exploitation. Car malheureusement, sur les plateformes en question, ce sont bien souvent les « gros films » qui sont mis en avant, recherchés, regardés. Les œuvres plus fragiles ont-elles leurs chances ? On l’espère, comme pour Il était une fois dans l’Est, un chouette titre clin d’œil pour un chouette film russe, chronique hybride entre le drame amer et la comédie romanesque. Présenté dans la section Un Certain Regard à Cannes l’an passé, Il était une fois dans l’Est est le septième long-métrage de la réalisatrice Larissa Sadilova. L’histoire sur quatre saisons d’Ana et ???. Ils sont voisins, elle fabrique des tricots, il est chauffeur routier. Chaque semaine, elle prend le bus pour aller vendre ses créations à Moscou. Chaque semaine, il part pour plusieurs jours de trajet. La mascarade, c’est qu’ils se retrouvent en réalité à la sortie du village et profitent du travail pour passer un peu de temps ensemble. Ils sont amants et leur secret est bien gardé. Mais comme on dit, « jusqu’au jour où ».

Il était une fois dans l’Est est une curiosité, le genre de film où il ne se passe pas grand-chose mais où l’on est quand même happé par un mystère non-identifié. Est-ce l’histoire dont on a envie de connaître le mot de la fin ? Est-ce le ton indéfini du film alors que l’on navigue à la croisée du drame familial, du feel good movie truculent, du film d’amour et de la comédie pince sans-rire ? Ou peut-être est-ce l’ambiance, qui tient un petit quelque chose de léger, de plaisant, de dépaysant aussi alors que l’on voyage très loin dans la Russie profonde. De loin, Il était une fois dans l’Est ressemble un peu à du Aki Kaurismaki. Sans être mémorable parce que peu original en soi, assez inconséquent et surtout un peu trop sage sur la forme (il lui manque cette folie qui généralement galvanise le cinéma de l’évoqué Kaurismaki), le film de Larissa Sadilova transpire néanmoins une authenticité qui fait du bien, d’autant qu’elle est traduite avec beaucoup de douceur, de bienveillance et de tendresse. Pas étonnant d’apprendre que la réalisatrice a composé son récit en s’inspirant de l’histoire d’un couple qu’elle a vraiment côtoyé. Pour les aventureux qui souhaiteraient dépasser un peu les superproductions qui trustent le devant de la scène, Il était une fois dans l’Est est une charmante escapade vaudevillesque où une petite romance polissonne entre voisins va devenir de plus en plus complexe quand la légèreté du badinage va s’effacer pour laisser place à des décisions plus graves avec des conséquences. Le plus étrange, c’est que même avec des personnages pas forcément attachants (limite le contraire car tous un peu lâche à leur façon), Larissa Sadilova parvient à nous intéresser à leurs trajectoires.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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