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ANNA de Luc Besson : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Anna
Père : Luc Besson
Date de naissance : 2019
Majorité : 10 juillet 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille
: 1h59 / Poids : NC
Genre : Thriller, Action

Livret de famille : Sasha Luss, Helen Mirren, Luke Evans, Cillian Murphy, Helen Mirren…

Signes particuliers : Un thriller efficace mais tellement benêt qu’il ferait passer Lucy pour du Kubrick.

BESSON FEAT PLEIN DE TRUCS

LA CRITIQUE DE ANNA

Synopsis : Les Matriochka sont des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Chaque poupée en cache une autre. Anna est une jolie femme de 24 ans, mais qui est-elle vraiment et combien de femmes se cachent en elle ? Est-ce une simple vendeuse de poupées sur le marché de Moscou ? Un top model qui défile à Paris ? Une tueuse qui ensanglante Milan ? Un flic corrompu ? Un agent double ? Ou tout simplement une redoutable joueuse d’échecs ? Il faudra attendre la fin de la partie pour savoir qui est vraiment ANNA et qui est “échec et mat”.

Des années que l’on entend dire que Luc Besson a besoin d’un bon gros succès pour remettre sa société EuropaCorp à flot, et lui avec. Mais rien n’y a fait, le déclin n’a cessé de se confirmer et Valérian est venu tout enterrer avec son échec à 190 millions d’euros de budget. Désormais, EuropaCorp est dans le rouge et s’apprête à disparaître. A moins que Besson ne sauve miraculeusement les meubles avec l’inattendu Anna. Toujours la même rengaine en somme. Mais peut-on croire au carton commercial de ce thriller d’espionnage porté par la jeune Sasha Luss, une mannequin russe entraperçue dans Valérian justement et devenue la nouvelle protégée du père Besson façon Milla Jovovich il y a 20 ans ? Entourée de Luke Evans, Cillian Murphy et Helen Mirren, la néophyte a la lourde charge d’endosser le rôle-titre de ce blockbuster d’action made in France et si elle tente de faire illusion avec son simili-charisme froid loin de la chaleur empathique d’Anne Parillaud dans Nikita, elle peine à s’affirmer dans un film qui, au-delà d’elle, fleure trop le déjà-vu.

Avec Anna, Luc Besson a encore une fois actionné sa machine à scénario aléatoire jadis si drôlement brocardée par Mozinor. Une machine qui s’est apparemment enrichie d’une nouvelle fonctionnalité puisque désormais, papa Besson ne rentre plus des éléments de scénarios pour en composer un tout neuf bâti à la truelle, il rentre directement des films déjà faits et la bête se charge de lui pondre un bidule remix piochant à droite à gauche de quoi faire un pseudo-truc qui tient vaguement debout. Avec Anna, Besson nous ressert une énième intrigue articulée sur une belle jeune femme façonnée en tueuse par les services secrets et qui va devoir survivre au milieu d’un océan d’espions. Impossible de ne pas penser à Nikita devant ce plat réchauffé qui, histoire d’en rajouter une couche, nous arrive quelques mois seulement après le Red Sparrow avec Jennifer Lawrence. Nikita, Red Sparrow mais aussi Atomic Blonde  voire John Wick, Anna est comme un grosse compile surexcitée fagotée par un cinéaste en bout de course et qui tente de rester dans le coup en lorgnant chez les voisins faute de savoir quoi faire tout seul. 

Une espionne russe que l’on envoie en mission infiltrée aux quatre coins de l’Europe, la guerre froide en toile de fond, des agents américains et russes qui s’affrontent dans une balai stratégique, des retournements de situations, des histoires d’agents doubles, triples, quadruples, on ne sait même plus à force… Une fois le script mis à plat, Anna est clairement un mix peu discret, un mélange dénué d’originalité si ce n’est celle de suivre une narration multipliant les allers et retours dans le temps jusqu’à l’excès épuisant. D’autant plus dommage que le procédé, pensé pour mettre en relief le côté « poupées russes » de l’intrigue, apparaît vite comme un masque illusoire pour cacher la petitesse d’un scénario très light sur le fond comme sur la forme. Et Anna de révéler alors ce qu’il est vraiment, un thriller proche de la série B calibrée pour être efficace mais pauvre en âme, en émotion et en promesses de surprises. 

Dans une approche purement binaire et factuelle, Luc Besson livre un thriller remue-ménage qui abat la carte de l’intensité du rythme pour essayer de palier ses trop nombreuses carences. En résulte un film pseudo-divertissant mais surtout bien bas du front, bourré d’incohérences grossières, d’envolées grotesques proche du pur lyrisme nanardeux et de plans gratos estampillés « petites culottes » venu d’un réal qui aime la plastique de sa jeune comédienne et qui en profite à mort. Le tout ponctué de quelques séquences d’action qui envoient la purée façon enfant de 4 mois découvrant la cuillère. Prévoir un bavoir, ça tache. Les moins exigeants sauront se satisfaire d’un « produit » remuant mais totalement oubliable, les autres rongeront leur frein patientant que la poussivité de l’entreprise se termine, en se rappelant qu’il fut un temps, Besson avait un style depuis disparu dans un formatage neuneu qui donne lieu à des beauferies aussi fines qu’un blague graveleuse de l’oncle zinzin quand il est bourré le soir de noël.

BANDE-ANNONCE :

Par Wilfried Rennahan

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