A LA DÉRIVE de Baltasar Kormakur : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Adrift
Père : Baltasar Kormakur
Date de naissance : 2017
Majorité : 04 juillet 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h37 / Poids : NC
Genre
: Drame

Livret de famille : Shailene Woodley, Sam Claflin, Jeffrey Thomas…

Signes particuliers : Trop mou pour avoir l’intensité nécessaire à son histoire.

UN RÉCIT DE SURVIE EN MER

LA CRITIQUE DE A LA DÉRIVE

Résumé : Tami Oldham et Richard Sharp décident de convoyer un bateau à travers le Pacifique et se retrouvent pris au piège dans un terrible ouragan. Après le passage dévastateur de la tempête, Tami se réveille et découvre leur bateau complètement détruit et Richard gravement blessé. À la dérive, sans espoir d’être secouru, Tami ne pourra compter que sur elle-même pour survivre et sauver celui qu’elle aime.

Après un récit de survie au sommet de l’Everest inspiré d’une histoire vraie (Everest), Baltasar Kormakur reste dans le même créneau avec un récit de survie cette fois-ci en pleine mer, lui aussi inspiré d’une histoire vraie. Dans A La Dérive, le réalisateur islandais immigré à Hollywood raconte l’épopée tragique de Tami Oldham et Richard Sharp, deux jeunes aventuriers qui ont dû affronter une tempête alors qu’ils convoyaient un bateau de Tahiti à San Diego en Californie. Sur leur voilier ravagé par les eaux et les vents, le couple a dû essayer de survivre pendant plus de 40 jours, espérant réussir à rallier Hawaii, à 2500 kilomètres de leur position, en ayant les seules étoiles pour repères dans l’immensité de l’océan. A l’écran, c’est le duo Shailene Woodley et Sam Claflin qui prête leurs traits aux jeunes amoureux en perdition et en danger de mort.

En 2012, Baltasar Kormakur avait déjà signé un film de survie en mer avec le sobrement titré Survivre, qui relatait l’authentique épopée du marin islandais Guðlaugur Friðþórsson, lequel avait dû parcourir plus de six kilomètres à la nage dans une eau à 5° pour regagner la terre ferme après le naufrage de son petit bateau de pêche. Kormakur était donc en terrain connu avec A La Dérive, et peut-être l’homme de la situation pour mettre en boîte cette histoire d’amour sur fond de drame marin. Pour ce nouveau long-métrage au sujet proche, le réalisateur reprend un procédé qu’il avait déjà employé à l’époque. Car le gros problème d’À la Dérive est la maigreur de ses enjeux et la platitude de sa narration due à un principe qui a toujours relevé de l’exercice compliqué. Faire un film de survie en mer se heurte à plusieurs soucis qu’il est souvent difficile de surmonter. On pense au statisme du cadre, aux dangers de la redondance de l’intrigue ou à l’incapacité de se démarquer de tout ce qui a été fait précédemment, car le postulat n’offre que des possibilités limitées. Comme pour Survivre, Kormakur tente donc de trouver des artifices pour combattre le mal à la racine, à commencer par une narration entrecoupée de flashbacks pour dynamiser le récit, renforcer son intensité et l’empêcher de tourner en rond. Mais ces artifices de montage ne suffisent pas à répondre à la problématique d’un film trop pauvre à tous les niveaux. Un ennui plus que poli s’installe vite alors que la pauvre Shailene Woodley se donne corps et âme pour le bien du film, mais rien ne parvient à sauver A la Dérive des griffes de l’océan dans lequel il s’abîme. Les maigres rebondissements sont prévisibles et déjà-vu mille fois au cinéma dans une longue de films sur un sujet similaire (All is Lost, Le Jour de mon Retour…) et Kormakur n’a rien pour donner de l’épaisseur et de l’intérêt à un film aussi anecdotique que l’anecdote qui lui sert de base pour se construire. On se retrouve vite sur un interminable chemin qui ressemble à une autoroute sans surprises, et même la vaine tentative d’un twist aussi artificiel qu’un bonbon Haribo (en plus d’être prévisible comme pas deux) se fracasse contre les vagues du soporifique. A l’image de son titre, A la Dérive dérive tranquillement loin du bon film, sans jamais croiser la route de la tension et du suspens, ni le salut d’une quelconque virtuosité de la mise en scène.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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