WONDER WOMAN de Patty Jenkins : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Wonder Woman
Mère : Patty Jenkins
Date de naissance : 2016
Majorité : 07 juin 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h21 / Poids : NC
Genre : Action, Super-héros

Livret de famille : Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen, Dany Huston, Robin Wright, David Thewlis, Elena Anaya, Saïd Taghmaoui, Ewen Bremner…

Signes particuliers : Une super-héroïne sévèrement burnée au cœur d’un spectacle grandiose, alliant humour, action, émotion et intelligence.

LA SUPERSTAR DES AMAZONES PREND LES CHOSES EN MAIN !

LA CRITIQUE DE WONDER WOMAN

Résumé : C’était avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, à l’époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.NIGHTINGALEAprès le gros chahutage d’un Batman vs Superman défendu par ses fans et méprisé par ses détracteurs dans des débats particulièrement enflammés, Warner Bros et DC Comics continuent de construire leur univers super-héroïque (dont on a toujours du mal à comprendre la logique de production) avec Wonder Woman, adaptation des comics cultes qui avaient connu la gloire il y a trente ans, avec la célèbre série kitsch aimantée par la beauté de Linda Carter. Déjà introduite dans le BvS de Zack Snyder et probable membre pivot de la future Justice League attendue pour la fin d’année, Diana la princesse des amazones a donc droit à sa propre histoire en solo, dans un film conduit par la réalisatrice Patty Jenkins, que l’on n’avait plus vu aux commandes d’un film depuis Monster avec Charlize Theron en… 2003 ! Un choix étonnant et audacieux pour le studio alors que le budget avoisine les 150 millions de dollars, qui a décidé de miser sur une femme de caractère pour un film dédié à une super-héroïne de caractère. En même temps, la logique marketing est imparable. Bref, pari gagné ? Si Wonder Woman n’est pas exempt de défauts notoires, on avouera tout de même qu’il vient fièrement s’inviter parmi les meilleurs films de super-héros vus ces dernières années, et qu’il affirme enfin l’univers DCEU, pour l’instant à la peine malgré tout le bien que l’on pense du décrié Man of Steel.ntg_r6_c06v02_170418_014ma_g_r709.519234.tifPorté par une Gal Gadot qui électrise l’écran en déesse guerrière de légende aussi belle que sauvage, et qui prouve enfin au passage qu’elle peut être une comédienne à peu près crédible (ok, ça c’est gratuit), Wonder Woman crée la surprise tant il n’était pas le film de super-héros sur lequel on aurait pu miser il y a encore quelques mois. Et pourtant, Patty Jenkins et sa bande ont réussi à abattre un boulot monstre pour livrer un blockbuster séduisant qui, au-delà de ses carences, trouve le moyen de se hisser au-dessus de la mêlée, en réussissant là où nombre de ses congénères se sont d’eux-mêmes mis en échec. Pour commencer, on saluera le fait que la cinéaste a su prendre son sujet par le bon bout, signant un vrai film de super-héros mythologique qui arrive à être différent tout en étant classique, qui arrive à trouver son propre ton tout en se fondant dans la masse, qui arrive à déployer une origin story particulièrement emballante et novatrice, tout en se révélant respectueuse des attentes face au genre. Et par « différent », il ne s’agit pas seulement de défendre l’idée que l’univers gravite enfin autour d’une héroïne femme, dans un registre traditionnellement dominé par les rôles masculins. En réalité, c’est surtout l’essence profonde du personnage de Diana qui amène cette fraîcheur bienvenue dans un genre d’ordinaire si balisé. Avec son regard plein de naïveté et de candeur, elle qui découvre une espèce humaine qu’elle n’a jamais côtoyé auparavant depuis son île cachée au fin fond des mers, Diana se confronte pour la première fois à l’horreur dont peut-être capable l’homme, elle découvre à quel point l’humanité qu’elle fantasmait de loin, peut être cruelle, lâche, égoïste, vile, inhumaine. Profondément choquée par une méchanceté qu’elle n’est pas capable de concevoir ni de comprendre avec son regard à l’innocence virginale, Diana va instantanément se mettre dans une démarche empathique vis-à-vis de l’humanité qu’elle venait défendre du haut de ses grands idéaux soudainement malmenés. Ce trait de caractère va immédiatement ouvrir une porte, dans laquelle Patty Jenkins ne va pas hésiter à s’engouffrer. Et Wonder Woman de se charger soudainement d’émotions, chose généralement totalement absente de la plupart des films de super-héros. Les yeux humides de sa Diana face aux atrocités qu’elle contemple dans une incompréhension déchirante, sont bouleversants à l’écran et vont motiver sa révolte et son urgence à agir dans un élan de rage communicatif. Un premier bon point à l’actif de ce blockbuster qui va rouler aux ingrédients habituels, mais qui ne va jamais lâcher ce petit « plus » qui lui confère une identité salvatrice et va asseoir la connexion immédiatement instaurée entre l’héroïne et son public. Rarement on se sera senti si proche d’un super-héros aux sentiments intelligibles. WONDER WOMANRestait maintenant à dérouler un bon blockbuster de super-héros, évitant si possible la redite si gonflante depuis quelques années (merci Marvel). Et là encore, Wonder Woman assure le job avec panache. L’ancrage historique associé à la dynamique mystique fonctionne parfaitement, le spectacle est au rendez-vous, le féminisme revendiqué par l’entreprise amuse et se glisse au récit sans jamais sombrer dans la lourdeur, et même si les idées exploitées restent somme toute assez simples, Wonder Woman s’élève encore au-dessus du lot, par sa propension à philosopher sur le genre humain et sa nature intrinsèque d’espèce violente, faible et manipulable. Profondément romanesque, n’oubliant pas d’être fun, drôle et inspiré, en plus de balancer pléthore de séquences ultra-spectaculaires, le film de Patty Jenkins va parfaitement maintenir sa cadence en ne quittant jamais le rail qui lui assure le succès : son héroïne. Une Diana remarquablement personnifiée à l’écran. Outre le fait que Gal Gadot parvienne à merveilleusement incarner toutes les facettes de son personnage, du comique au badass en passant par la sensibilité, c’est surtout l’écriture intelligente qui fait de cette Wonder Woman, une héroïne dans le plus pur sens du terme, charismatique, forte, courageuse, intrépide, émouvante, sexy. Cette Wonder Woman n’a besoin que d’un sourire ravageur et d’un coup d’épée destructeur, pour rallier le spectateur à sa cause, probablement parce que pour la première fois, on a la sensation de voir une super-héroïne à dimension vraiment humaine. D’autant plus ironique que Diana n’est justement pas « humaine » et ne connaît pas ce monde qu’elle appréhende à peine. C’est d’ailleurs très certainement ce recul idéalement bien illustré et ce décalage entre sa nature pleine de bonté et la réalité horrifiante du genre humain qu’elle découvre, qui va la rendre si attachante, tant sa compassion bouleversante emporte par sa sincérité.WONDER WOMANTrès réussi dans l’approche comme dans l’exécution, Wonder Woman est freiné dans sa course folle par une petite ribambelle de défauts notoires, comme des effets spéciaux qui traduisent parfois l’insuffisance du budget injecté (certains fonds verts piquent les yeux), comme une direction d’acteurs hasardeuse à l’image de Connie Nielsen et Robin Wright effrayantes de cabotinage, comme une morale de fin à la mièvrerie  gentiment grotesque, un joli lot d’incohérences et des facilités d’écriture ramenant le film vers des passages obligés très franchement dispensables. Mais ces défauts, on a envie de les oublier, de les ranger sur le bas-côté en acceptant que Wonder Woman est imparfait mais volontaire, pour mieux se focaliser sur tout ce que le film réussit haut la main. Et il en réussit des choses ! A commencer par une mise en scène lisible dans les séquences d’action, chose devenue tellement rare que ce soit du côté de DC comme de Marvel. Et on pourrait dérouler ses qualités comme on déroulerait la liste des courses. Wonder Woman n’est jamais abrutissant, jamais foncièrement stupide, il parvient à alterner légèreté du spectacle et gravité de ses enjeux, il parvient à déployer une réelle générosité sans tomber dans l’excès, à éviter l’écueil de nous balancer au visage un film que l’on aurait déjà vu mille fois, à s’armer d’un lyrisme frissonnant et enfin, à émerveiller par la beauté du geste, qu’elle soit visuelle ou narrative. Définitivement, on aime ce Wonder Woman, même dans ses maladresses, car il réussit à cristalliser tous les ingrédients et l’essence d’un grand film de super-héros flamboyant et aventureux, adossé sur la prestance d’une leader magnifique qui montre la voie dans des temps troubles. Comme Wonder Woman montre la voie dans une période où le genre a bien du mal à trouver un nouveau souffle. Heureusement, la Reine des Amazones est là, et c’est d’autant plus jouissif que ce soit un film de femme qui le fasse, avec son héroïne plantureuse mais sévèrement burnée !

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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