WALL CINÉ PICTURES n°55 : Frayeurs, Futur Immédiat Los Angeles 1991, Mon Oncle d’Amérique
Ciné-club

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Au menu du ciné-club ce samedi, la somptueuse édition collector de Frayeurs de Lucio Fulci chez Artus Films, Futur Immédiat Los Angeles 1991 en Blu-ray et Mon Oncle d’Amérique en version restaurée au cinéma.

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FRAYEURS
De Lucio Fulci – (1980)
Genre : Horreur – Italie
Avec : Catriona McColl, Christopher George, Carlo De Mejo…
Sortie en Blu-ray collector le 02 octobre 2018

Synopsis : Dans le cimetière de Dunwich, un prêtre se suicide par pendaison, ce qui a pour conséquence d’ouvrir les portes de l’enfer, et de libérer les morts-vivants sur terre. Lors d’une séance de spiritisme, la jolie Marie succombe d’effroi après avoir reçu la vision de la mort du prêtre. Mais elle n’est pas vraiment morte, et est sauvée de justesse, avant sa mise au tombeau, par Peter, un journaliste. Les deux se rendent alors à Dunwich : il faut refermer les portes de l’enfer avant la Toussaint, dans trois jours. S’ils échouent, les morts sortiront de leurs tombes et envahiront la terre.

Quelques mois après la sublime édition de L’Enfer des Zombies, Artus Films récidive dans l’orgasme absolu pour mordu de cinéma de genre avec une édition tout aussi splendide de Frayeurs, autre classique de grand Lucio Fulci. Réalisé en 1980 alors que le cinéaste est dans sa période la plus faste, Frayeurs est le premier film de ce qui deviendra sa « trilogie de l’enfer » (complétée par L’Au-delà et La Maison Près du Cimetière). S’il a un peu vieilli aujourd’hui sur certains points, comme énormément de films d’horreur italiens des années 80 cela dit, Frayeurs conserve une belle côte car il fait partie des meilleurs films du metteur en scène transalpin. Avec ses meurtres graphiques, ses effets gores très réussis, son esthétique macabre et sa mise en scène inspirée soutenue par une très belle partition musicale aux accents baroques, Frayeurs est un petit bijou d’horreur qui lorgne autant vers Lovecraft que vers le nouveau cinéma que va s’inventer Fulci. Car Frayeurs est un film charnière dans sa carrière, le moment où Fulci va dire adieu à son inspiration du giallo pour commencer à développer un univers horrifique personnel, marqué par une certaine forme de poésie du morbide, par une culture des images perturbantes et par une violence sanglante jusqu’au-boutiste. Si certains le considèrent comme le moins bon film de la trilogie des enfers (à titre personnel, on dirait plutôt La Maison Près du Cimetière mais bon…), Frayeurs est quand même un sacré morceau d’horreur et Artus Films lui rend un bel hommage avec cette nouvelle sortie consacrée au cinéma de Lucio Fulci.

Frayeurs sort une magnifique édition collector Digipack (la même que L’enfer des Zombies) avec Blu-ray et DVD accompagnés d’un livre. Le film, présenté en version intégrale non censurée (et ça c’est quand même sacrément cool !) a bénéficié d’une restauration 2k qui lui redonne un très beau coup de jeunesse avec une image superbe. Côté suppléments, ils sont légions et passionnants. Au menu, Lionel Grenier -spécialiste de Lucio Fulci- nous emmène dans un Voyage au bout de la peur via une discussion sur le cinéma fulcien. Suivent des entretiens avec le chef décorateur du film Massimo Antonello Geleng, puis avec l’actrice Catriona McColl et l’acteur Giovanni Lombardo Radice. Le livre, quant à lui, un sacré morceau toujours dirigé par Lionel Grenier, relie le cinéma de Fulci et Frayeurs à l’œuvre fascinante d’H.P. Lovecraft. Diaporama de photos et d’affiches et bandes-annonces d’époque complètent cette édition vraiment ultime et accessoirement bel objet de collection.

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FUTUR IMMÉDIAT LOS ANGELES 1991
De Graham Baker – (1988)
Genre : Science-fiction – USA
Avec : James Caan, Mandy Patinkin, Terence Stamp
Sortie en Blu-ray le 26 septembre 2018

Synopsis : Dans le futur, des extra-terrestres se seront implantés dur Terre. Après des années passées sous quarantaine, ils sont libres d’aller et venir mais sont victimes d’une nouvelle forme de discrimination. Dans ce contexte, Sam Francisco est le premier officier de police extra-terrestre. Son partenaire est un vétéran de la police raciste. Ils devront surmonter leurs différences pour mettre à mal les complots des dirigeants extra-terrestres.

La filmographie du méconnu Graham Baker ne regorge pas de très grands films. Mais au milieu de séries B pas vraiment glorieuses (et c’est pas le Beowulf avec Cricri Lambert qui fera dire le contraire), il y a Alien Nation, son premier long-métrage sorti en 1988 avec un beau casting composé de James Caan, Terence Stamp et Mandy Patinkin. Connu en France sous l’improbable titre bordélique de Futur Immédiat Los Angeles 1991, ce film policier de science-fiction pourrait être vu rétrospectivement comme le père du célèbre District 9 de Neil Blomkamp ou du récent Bright de Netflix. Aujourd’hui, Futur Immédiat fait l’objet d’avis assez variables, entre petit classique des années 80 pour les uns ou série B pas franchement valeureuse pour les autres. A travers son intrigue qui tente de déboucher sur une petite réflexion sur le racisme et la tolérance, le film de Graham Baker ménage pas mal d’action, un suspens qui fonctionne et quelques notes d’humour pour panacher tout cela. Sympathique de loin avec son côté buddy movie d’action et de SF vintage, Futur Immédiat peine néanmoins à s’imposer comme le classique eighties qu’il voudrait être. A voir une fois histoire de dire qu’on l’a vu, mais dans l’absolu, Graham Baker n’est pas un virtuose et Futur Immédiat manque de trop de choses pour briller, comme davantage de finesse autour de ses personnages caricaturaux, davantage d’intelligence pour bien traiter son sujet, ou davantage de matière pour sublimer son background intéressant. Pour ceux qui n’ont jamais eu la chance de le découvrir, Futur Immédiat Los Angeles 1991 sort en Blu-ray et DVD chez Carlotta, tiré d’un nouveau Master Haute Définition.

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MON ONCLE D’AMÉRIQUE
De Alain Resnais – 1979 (2h15)
Genre : Comédie dramatique – France
Avec : Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre, Pierre Arditi…
Ressortie au cinéma le 24 octobre 2018

Synopsis : Jean Le Gall, issu de la bourgeoisie, ambitieux, mène une carrière politique et littéraire. Pour la comédienne Janine Garnier, il abandonne sa femme et ses enfants. Janine a quitté sa famille, de modestes militants communistes, pour vivre sa vie. À la demande de la femme de Jean, elle le quitte, puis devient conseillère d’un groupe textile où elle doit résoudre le cas difficile de René Ragueneau, fils de paysan, catholique, devenu directeur d’usine. Le professeur Henri Laborit intervient au cours de ces trois récits entremêlés pour expliquer ce que nous savons aujourd’hui du comportement humain.

Mon Oncle d’Amérique est l’un des films les plus connus du regretté Alain Resnais. Son meilleur, peut-être pas, mais à coup sûr une œuvre marquante d’une originalité formelle aussi étonnante que déroutante. Tourné en 1979 et sorti l’année d’après, le film s’était envolé jusqu’aux Oscars (nomination pour son scénario) après avoir triomphé au festival de Cannes avec un Grand Prix Spécial du Jury à l’unanimité. Il est souvent question de collage artistique dans Mon Oncle d’Amérique, collage d’une voix off, des thèses du biologiste Henri Laborit sur le cerveau humain et la manière dont il réagit aux situations de tension, collage d’extraits de vieux films avec Gabin ou Jean Marais, de séquence quasi-documentaire, de photos en noir et blanc, et bien sûr, d’un film de fiction tourné avec Gérard Depardieu, Roger Pierre, Nicole Garcia ou Pierre Arditi. Resnais y décortique une nouvelle fois des thématiques qui ont toujours accompagné son cinéma comme le rapport entre le passé et le présent, le poids des souvenirs ou les comportements humains, sa nature et son fonctionnement. Dense, expérimental et pas forcément toujours aimable dans sa construction avec une fluidité qui lui fait parfois défaut le rendant un peu indigeste, Mon Oncle d’Amérique voit un Resnais travailler sur la notion du montage et essayer de renouveler son cinéma. On y sent une vitalité ferme derrière les longueurs, le théatralisme d’ensemble et l’impression de confusion qui s’en dégage mais si le film manque d’être toujours convaincant, il n’en reste pas moins pour autant fascinant. D’ici quelques mois, Mon Oncle d’Amérique fêtera les 40 ans de son tournage et pour l’occasion, Potemkine Films le ressort en version restaurée au cinéma, avec au passage, un superbe travail sur l’image.

 

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Par Nicolas Rieux

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