WALL CINÉ PICTURES – escale n°7 : trois idées de films à voir ou à revoir
Le ciné-club du samedi

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Septième numéro de notre nouveau rendez-vous « ciné-club » du samedi. Le « Wall Ciné Pictures » c’est un coup de projecteur hebdomadaire sur trois films, anciens ou récents, connus ou méconnus, d’un horizon à un autre. Histoire de se balader ensemble dans l’incroyable vivier du septième art et peut-être, de vous donner des idées ou envies, de voir ou revoir tout un tas de films ! Escale n°7, focus sur le tout premier film de Roland Emmerich, sur un classique avec James Dean et sur un bijou du cinéma coréen.

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LE PRINCIPE DE L’ARCHE DE NOÉ
De Roland Emmerich – 1984 – 1h48
Genre : SF – USA
Avec : Richy Müller, Franz Buchrieser, Aviva Joel

Synopsis : 1994. Une station météorologique euro-américaine tourne autour de la Terre avec deux officiers à bord, Max Marek et Billy Hayes. De nombreuses expériences ont lieu avec pour mission d’établir des prévisions plus précises, mais les les politiciens mettent en cause l’utilité de la station et décident à brève échéance de la fermer. Pendant ce temps, Marek redoute les effets néfastes des expériences sur les populations de certains pays…

Roland Emmerich n’a pas toujours été le bâtisseur de super-blockbusters que l’on connaît aujourd’hui. Croyez-le ou non, mais bien avant Stargate, Independence Day et autre 2012, l’allemand avait démarré sa carrière du côté d’un cinéma d’auteur plus proche de Tarkovski que de Spielberg ! C’est avec un budget pharaonique de deux millions de marks, un record pour un film de fin d’étude (déjà la folie des grandeurs), qu’Emmerich signa ce premier long-métrage de science-fiction en 1984. Un gros bidule spectaculaire ? Pas du tout ! Surprenant contrepied de tout ce qu’il fera par la suite, Le Principe de l’Arche de Noé est une curiosité vu d’aujourd’hui, œuvre intimiste plus profonde que démonstrative, sans effets spéciaux gigantesques ni histoire mégalo plein de clichés. Témoignant déjà de son attrait pour une cause écologique qu’il soutiendra activement plus tard, Emmerich égratignait surtout à travers ce pamphlet critique, le vice des politiciens modernes, ici manipulateurs tentant de récupérer une expérience scientifique lancée pour le bien de l’humanité, afin d’en détourner les intentions à des fins militaires néfastes. Si le film peut avoir des allures de fable poseuse et chiante, Le Principe de l’Arche de Noé est la preuve qu’Emmerich est capable de faire autre chose qu’en mettre plein la vue. Intéressant sur le fond, étonnant sur la forme, Le Principe de l’Arche de Noé était un premier effort, certes maladroit, mais intéressant.



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GÉANT
De George Stevens – 1956 – 3h21
Genre : Drame – USA
Avec : James Dean, Elizabeth Taylor, Rock Hudson…

Synopsis : Luz et Bick Benedict dirigent le Reata Ranch au Texas. Lorsque Luz meurt, Jett Rink, un employé du ranch, hérite d’une parcelle de terrain où se trouve du pétrole. Devenu riche, il entre en conflit avec la famille qui l’avait employé.

Troisième et dernier grand rôle du mythique James Dean qui ne verra d’ailleurs jamais le film terminé pour cause de mort tragique (excuse recevable), Géant appartient à la classe de ces grandes épopées démesurées comme seul l’âge d’or d’Hollywood savait en produire. Saga épique à la durée conséquente (près de 3h20) étalant son récit sur près quarante ans en brassant drame, romance, humour et aventures, Géant a ce petit quelque chose de mégalo qu’Hollywood aimait à offrir à son public dans un idéal du spectacle intense, immense et total, façon Autant en Emporte le Vent. Avec un casting trois étoiles (James Dean, Elizabeth Taylor, Rock Hudson, et un jeunot nommé Dennis Hopper), le film fleuve du chevronné George Stevens est un spectacle foisonnant, portrait d’une l’Amérique changeante sortant des temps d’avant pour entrer dans son ère moderne. Les riches propriétaires terriens à l’ancienne s’y opposent aux nouveaux riches venus du pétrole, l’ancienne génération affronte la jeunesse libérée, l’Amérique des travailleurs de la terre luttent contre celle des néo-capitalistes, la déchéance des uns s’oppose à la montée en puissance des autres… Préfigurant un peu la série Dallas, Géant est une épopée grandiose, pas irréprochable, mais un classique incarnant le majestueux des grandes fresques romanesques hollywoodiennes d’une époque révolue.

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SAMARIA
De Kim Ki-Duk – 2004 – 1h35
Genre : Drame – Corée du Sud
Avec : Lee Uhl, Kwak Ji-min, Seo Min-jung…

Synopsis : Yeo-Jin n’a pas encore vingt ans ; elle vit avec son père veuf. Sa meilleure amie, Jae-Young, est prostituée. Yeo-Jin lui sert pour ainsi dire de manager – elle fait le tri des clients et veille à ce qu’il paient leur dû. Un jour, Jae-Young s’amourache de l’un d’eux et lui donne rendez-vous pour un dîner à trois. Yeo-Jin se fâche de cet excès d’intimité et Jae-Young annule le rendez-vous. Peu de temps après, Yeo-Jin commet une faute aux conséquences funestes. Elle fait comme d’habitude le guet lorsque Jae-Young disparaît dans le motel avec un homme. Cette fois-ci, Yeo-Jin n’a toutefois pas remarqué les policiers qui traquent les prostituées mineures…

Si l’on ne devait retenir que trois films parlant pour la beauté et la force du cinéma de Kim Ki-Duk, alors Samaria en ferait probablement parti. Ours d’argent au festival de Berlin en 2004, ce drame terriblement bouleversant illustre à lui-seul tous les fondamentaux du travail de son auteur. Dur, poétique, intense, tendre, cruel, lyrique, gracieux, dérangeant, proposant au passage un regard sans concession sur les travers de la société coréenne, Samaria est l’un de ses plus beaux chefs-d’œuvre. Une fable sur la rédemption qui disserte sur la fin du temps de l’innocence de l’enfance et qui questionne la morale et la frontière entre le Bien et le Mal, au détour d’une tour de force magistral soufflant tout sur son passage. Le genre de film dont on ne se remet jamais vraiment et qui brise le cœur.


A samedi prochain !

Par Nicolas Rieux

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