TRUE GRIT (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : True Grit
Père : Les Frères Coen
Livret de famille : Jeff Bridges (Rooster), Hailee Steinfeld (Mattie), Josh Brolin (Chaney), Matt Damon (LaBoeuf), Barry Pepper (Ned), Bruce Green (Harold), Elizabeth Marvel (Mattie adulte)…
Date de naissance : 2011
Nationalité : Etats-Unis
Taille/Poids : 1h50 – 38 millions $

Signes particuliers (+) : Un western magistral redonnant au genre ses lettres de noblesse entre personnages incroyables, respect du genre, humour décalé, décors somptueux et histoire palpitante.

Signes particuliers (-) : x

 

LA SAISON DE LA CHASSE EST OUVERTE

Résumé : La jeune Mattie Ross, 14 ans, réclame justice après l’assassinat de son père par le lâche bandit Tom Chaney, qui s’est depuis réfugié en territoire indien. Elle engage Rooster Cogburn, un US Marshall alcoolique mais expérimenté, connaissant bien ces contrées dangereuses. Le but est de le traquer, de le retrouver pour le faire pendre. Mais Chaney est également la cible de LaBoeuf, un Texas Rangers cherchant à le capturer pour rafler la belle récompense promise par l’Etat…

Remake d’un western éponyme signé Henry Hathaway en 1969, True Grit version 2011 s’inscrit dans la droite lignée du crépusculaire No Country for Old Men des mêmes infatigables Frères Coen. Les deux frangins poursuivent dans leur cinéma des années 2000 très inspiré d’un cinéma d’antan, entre œuvres originales et vieux classiques modernisés tout en gardant la saveur d’un ancien cinéma qui ne se fait presque plus, comme nostalgiques d’un grand âge d’or hollywoodien. Après un bien piètre Ladykillers (remake d’un film britannique de 1955) puis le sublime No Country… film-hommage à tout un pan du cinéma viril old school disparu, ils nous auront gratifié d’un burlesque et loufoque Burn After Reading avant de se plonger dans le rétro A Serious Man, tentative ratée et pompeuse de cinéma désuet. Mais les voilà de retour aux affaires et surtout aux choses sérieuses.

Première étape, trouver un acteur capable de prendre la relève du géant John Wayne pour interpréter cet anti-héro qu’est Rooster Cogburn, US Marshall alcoolique et désabusé, sorte de vieillerie que l’on ressort du placard mais qui se révèle avoir encore toutes ses facultés quand c’est nécessaire. Le choix brillant des deux compères se portera sur le mythique Dude, Jeff Bridges, parfait en vieux bourru ronchon tiré de sa quasi-retraite le temps d’une aventure épique. Choix de casting idéal accompli, il ne restait plus qu’à se lancer en veillant à renouer avec tact et respect avec la grande tradition des mythiques anciens westerns où les épopées ne se résumaient pas à de l’action et des coups de fusil incessants mais visaient à embrasser des histoires d’hommes avec un grand H, confrontés à des dilemmes, des valeurs, des conflits passionnés voire parfois confrontés à eux-mêmes. Et à l’instar de No Country…, les deux frères les plus connus du cinéma moderne réussissent leur pari. Inspiré, convoquant le magique grand Ouest américain de l’époque des cow-boys et des indiens, des Marshall et des Texas Rangers, des bandits de grand chemin et des lâches crapules, cette nouvelle version de True Grit fait renaître le western de ces cendres aux cotés des quelques belles œuvres récentes du genre (Open Range ou Appaloosa). Véritable film à l’ancienne retrouvant la magie de ces œuvres d’antan lyriques et épiques où l’on jubilait au gré des sons des chevauchées au galop, des revolvers sortis à bon escient, des coups de feu ricochant sur les rochers au milieu des grandes et vastes plaines chères à John Ford et des poursuites à taille humaine, True Grit nous attrape par le cou au lasso pour ne plus nous lâcher. Foisonnant d’idées, mêlant humour judicieux, parfois un brin décalé comme pour nous rappeler que l’on quand même est dans une œuvre des Frères Coen, et intensité de la traque en milieu aride, sur fond de mélancolie et d’adieux à des références pourtant jamais oubliées, cet hommage est une réussite valant autant à un impressionnant Jeff Bridges qu’au talent des deux cinéastes pour nous livrer une histoire pittoresque, pleine de naturel et de valeurs humanistes, simple comme bonjour et pourtant riche en clins d’œil et en sens sur la vie, la mort, sur le destin et le plein accomplissement de soi. Le western y retrouve ses lettres de noblesse et tout l’émerveillement fantastique qu’il procurait aux petits et grands avec ses bons et ses méchants, ses colts et ses cavales endiablées. Et chose suffisamment rare pour être soulignée, le film se permet même de surpasser son modèle.

Bande-annonce :

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