THE SILENT HOUSE (critique – horreur)

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affiche-the-silent-houseMondo-mètre :
note 6.5
Carte d’identité :
Nom : La Casa Muda
Père : Gustavo Hernandez
Livret de famille : Florencia Colucci (Laura), Abel Tripaldi (Nestor), Gustavo Alonso (Wilson), María Salazar (Niña)…
Date de naissance : 2010
Nationalité : Uruguay
Taille/Poids : 1h26 – 6.000 $

Signes particuliers (+) : Le concept de la trouille nocturne en temps réel et en un seul plan-séquence dédouble l’efficacité de cette petite péloche à micro-budget qui compense bien ses carences par de l’inventivité. Bien terrifiant.

Signes particuliers (-) : Techniquement, le film souffre de quelques failles notamment dans la photo. La fin en a laissé plus d’un plus que songeur…

 

LA TROUILLE N’EST PAS SILENCIEUSE

Résumé : Un père et sa fille passent la nuit dans une maison de campagne qu’ils sont censés remettre d’aplomb et retaper en vitesse en vue de sa vente prochaine. Tout se passe bien jusqu’à ce que es bruits étranges se font entendre…

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Du neuf sous le ciel du film d’horreur ? Oui ! Après de nombreux pays étonnants, l’Uruguay dégaine à son tour dans le registre du film de genre. Une bonne idée pour ce pays à la visibilité cinématographique faible quand on connaît les avantages de l’horreur permettant pour des budgets relativement bas et des possibilités d’inventivité infinies, de réaliser des oeuvres s’exportant pas trop mal à l’étranger et en particulier sur le marché de la vidéo. The Silent House, emballé pour une misère (seulement 6000 dollars) en est la preuve, d’autant que ce modeste film sud-américain réalisé par Gustavo Hernandez, qui signe là son premier long-métrage après pas mal de courts, parvient même à se hisser dans les salles obscures françaises avec une combinaison d’écrans plutôt intéressante.

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De la volonté du réalisateur, The Silent House a pour but de transmettre des sensations de peur à l’état brut. Pour cela, le réalisateur va s’inspirer des récentes réussites artistiques ou commerciales de la vague des films tournés caméra à l’épaule et avec minimalisme. Un appareil photo 5D en poche, quelques milliers de dollars et un décor unique et le voilà parti pour un tournage éclair de seulement quatre jours mais remarquablement préparé et organisé puisque l’originalité de son film est d’être constitué d’un seul et unique plan-séquence de 78 minutes ! Une prouesse peu vue au cinéma et pour la première fois en son pays et avec ce type de matériel. Dans le même genre, Albert Puyn avait fait de même avec Infection, ainsi que Sokourov sur L’Arche Russe, Figgis sur Timecode ou Hitchock avec La Corde (bien que ce dernier contenait des raccords dissimulés en raison du matériel de l’époque ne permettant pas de tourner une heure durant).

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Inspiré de faits réels (une découverte macabre dans un petit village local, semblable à celle du film) The Silent House se veut plus comme une expérience intense de peur en milieu clos, étriqué et étouffant, filmée avec le plus de réalisme possible. Sans être d’une originalité folle dans son concept ou son rendu (beaucoup sont passés avant lui) si ce n’est l’exercice de style, le film de Gustavo Hernandez a le bon point de remplir parfaitement son contrat avec sincérité et honnêteté. Bien fichu dans son postulat du film en temps réel, caméra à l’épaule, cette histoire d’épouvante mystérieuse se veut une façon d’apporter des réponses aux énigmatiques faits dont il s’inspire. Flippant à souhait pour peu d’y entrer et de ne pas en attendre une montagne d’effets spéciaux ou de débordements graphiques gores à la Hostel ou Saw, mais plutôt une terreur sourde jouée sur des éléments simples, sur des sons, des mouvements de caméra et sur une ambiance, The Silent House peut séduire sans trop de peine les amateurs du genre et les laisser s’interroger sur une fin inattendue bien maligne et étonnante. Sans révolutionner quoique ce soit et injustement massacré par la critique spécialisée, il est en tout cas bien au-dessus de nombre de productions horrifiques inondant les écrans et les marchés vidéo. Un remake américain en est déjà en préparation pour bientôt avec l’épatante Elizabeth Olsen.

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