THE ROAD WITHIN de Gren Wells : la critique du film [Champs-Élysées Film festival]

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Carte d’identité :

Nom : The Road Within
Père : Gren Wells
Date de naissance : 2014
Majorité : Indéterminée
Type : Indéterminé
Nationalité : USA
Taille : 1h40 / Poids : Budget NC
Genre : Comédie, Drame

Livret de famille : Robert Sheehan (Vincent), Dev Patel (Alex), Zoë Kravitz (Marie), Robert Patrick (Robert), Kyra Sedgwick (Dr Rose)…

Signes particuliers : Premier film de la compétition au Champs-Élysées Film Festival, et premier coup de coeur pour ce road movie mi-comique mi-dramatique, porté par un casting étincelant !

UN VOYAGE LUNAIRE ET ATTENDRISSANT

LA CRITIQUE

Résumé : Vincent est atteint du syndrome de la Tourette. Il vient de perdre sa mère et se retrouve ainsi face à son père avec qui il est en froid depuis quelques temps. Ce dernier craignant que son fils vienne compromettre sa carrière politique, il envoie Vincent dans une clinique spécialisée. Sur place, le jeune homme fait la connaissance de Marie, une jeune anorexique dont il tombe amoureux. Ensemble, ils décident de s’enfuir, entraînant malgré eux Alex, le colocataire de Vincent, qui souffre de TOC. Le trio s’embarque alors dans un voyage inoubliable, dont le but est de répandre les cendres de la mère de Vincent dans l’océan.the_road_within_2L’INTRO :

Présenté en compétition dans le cadre de l’édition 2015 du Champs-Elysées Film Festival, catégorie longs-métrages indépendants américains qui méritent d’être découvert, The Road Within était un peu l’énigme alléchante de la sélection. Pour son premier long-métrage, la jeune réalisatrice Gren Wells a tenté le pari audacieux et périlleux, de faire une comédie dramatique sur un trio de jeunes malades atteints de troubles du comportement sévères. Un jeune homme atteint du syndrome Gilles de la Tourette (Robert Sheehan), une anorexique en danger (Zoé Kravitz) et un jeune anglais enfermé entre les murs de ses troubles obsessionnels compulsifs aggravés (Dev Patel) composent la petite bande improbable de cette gourmandise qui s’impose d’emblée, comme l’un des coups de cœur du festival.the_road_within_4L’AVIS :

C’est par le biais du road movie suivant l’escapade folle de cette brochette de malheureux s’enfuyant de la clinique où ils ont été placés, que The Road Within trouve un terrain d’appui pour relever avec une infinie justesse, son défi pratiquement impossible de faire rire, d’émouvoir et dans le même temps, de sensibiliser l’opinion sur un syndrome souvent moqué ou brocardé pour son faux côté drolatique, mais en réalité maladie tragique et handicapante dépassant de loin les seules salves brutales de jurons abominables lâchés à l’improviste. Subtilement équilibré entre joyeux entrain et émotion alors que les éclats de rires répondent aux moments les plus poignants, The Road Within est un premier film à l’humilité délicieuse, le conduisant à devenir un savoureux petit moment de cinéma sincère et plein de délicatesse. Les facilités, les coutures parfois un peu trop apparentes et les maladresses techniques (comme ses nombreux faux raccords) s’effacent vite derrière la douceur d’une histoire touchante et portée par un amour inconditionnel de la réalisatrice envers ses personnages brillant comme trois étoiles au milieu d’un portrait qui aurait pu être pathos, mais qui préfère s’échapper dans un interstice éclairé, pour embrasser une beauté lumineuse et bouleversante. Récit quasi initiatique où chacun des personnages va avancer au contact des autres et sortir grandi de cette thérapie comportementale improvisée dans la loufoquerie rocambolesque de la situation, The Road Within n’invente rien, artistiquement comme narrativement, mais il emprunte un sentier qui le conduit tout droit vers le bon versant de la montagne aux films indépendants américains. Ce versant tapissé des souvenirs de ces nombreuses pépites modestes qui manquent injustement d’une médiatisation méritée et qui illuminent les festivals qui leur déroule leur plus beau tapis rouge.the_road-within_3Sans doute en grande partie à cause de l’ombre de son rôle mémorable dans la série Misfits où son langage châtier associé à sa délirante absence de limites, rendait son personnage aussi fou qu’hilarant, Robert Sheehan nous apparaît comme le choix idéal pour incarner ce jeune homme atteint de « la Tourette ». L’acteur britannique montre une nouvelle fois toute l’étendue de son talent et livre une prestation miraculeuse de conviction, bien entouré par une Zoé Kravitz à la fois magnétique et énigmatique, et un Dev Patel dans l’un de ses meilleurs rôles à ce jour, littéralement saisissant en névrosé extrême. Ensemble, ce trio hétéroclite et pourtant si cohérent, tous malades cloitrés dans leurs troubles qui leur barrent la route non seulement du bonheur mais de l’embrassement d’une vie rêvée, devient si attachant au fil des minutes, que The Road Within quitte le sillage des petits films obscurs pour pénétrer dans l’antichambre de ces œuvres que l’on appelle trivialement, des « sucreries », ces petites trouvailles pleine de charme, qui séduisent sans faire d’efforts, seulement à la force de leur simplicité et de leur candeur émotionnelle. Un vrai régal, pas des plus original, mais attendrissant comme pas deux, soutenu par une BO magique, et réussissant à merveille son mariage de la comédie et du drame, traduisant toute la dichotomie de ces maladies psychologiques perçues comme drôles de l’extérieur mais vécues comme un cauchemar par ceux qui les subissent au quotidien.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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