THE FINAL STORM (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : The Final Storm
Parents : Uwe Boll
Livret de famille : Luke Perry, Steve Bacic, Lauren Holly, Cole Heppell…
Date de naissance : 2010
Nationalité : Canada, Allemagne
Taille/Poids : 1h32 – 5 millions $

Signes particuliers (+) : L’ambiance apposée au départ. Le mélange des genres. Ambitieux.

Signes particuliers (-) : Chiant et brouillon. Une grosse arnaque marketing pour masquer le vide du contenu. Mal joué, mal dialogué et mou du genou.

 

UWE, TU NOUS FOUS LES BOLL

Résumé : Alors que le monde est en proie à un chaos inquiétant entre un déchaînement climatique sévissant depuis plusieurs jours et émeutes dans les grandes ville, un couple vivant dans une ferme à la campagne, voit débarquer de nulle part en pleine nuit, un homme cherchant refuge dans la tempête. Rapidement, ils vont se rendre que Silas Undershot, de son nom, est étrange et semble cacher des choses…

Considéré comme l’un des plus mauvais réalisateurs de tous les temps, à ranger aux côtés du touchant Ed Wood, le teuton Uwe Boll est de retour. Mais la donne a changé depuis peu. Depuis que pour son précédent exercice, Boll a frappé un grand coup surprise en pondant l’excellente baffe Rampage, sorte de relecture burnée du Elephant de Gus Van Sant. Un uppercut choc qui laissait planer un doute sur les aptitudes du réalisateur qui, finalement, n’était peut-être pas aussi mauvais que ses œuvres le laissaient sous-entendre depuis des années. Fort logiquement, ce nouveau long-métrage suscitait une certaine attente afin de vérifier ce possible éveil glorieux d’un metteur en scène décidément bien curieux qui, au passage, s’est fait pas mal de défenseurs dans le même temps avec sa comédie tarée Postal autant appréciée par certains que détestée par d’autres. Et c’est par un thriller horrifico-apocalyptique que l’allemand signe son come-back…

Malheureusement, il semblerait que Rampage était un coup unique, un réveil épisodique, comme une bonne erreur dans sa filmographie parsemée de bouses. Car The Final Storm ne va tout simplement nulle part en se perdant (et nous perdant) en route. L’entame laissait pressentir un film catastrophe lourd sur fond d’apocalypse religieuse où le cinéaste se donnait du mal à apposer une ambiance d’inquiétude, de danger latent, de brouillage du quotidien par la lassitude palpable d’un couple vivant dans une ferme reculée en spectateurs d’un monde à la dérive et au bord de l’effondrement face à ces dérèglements climatiques amenant jour de pluie sur jour de pluie. Boll réussit son introduction au point de nous communiquer cette atmosphère de moiteur, d’épuisement devant ces torrents d’eau incessants quotidiens, de froid glacial. Par le truchements des infos télévisées révélant la situation, une tempête sévissant depuis un temps anormalement long, le cinéaste pose un monde étrange doublé d’un chaos ambiant que l’on observe de loin, isolé comme nos deux héros campés par le couple Lauren Holly et Steve Bacic.

Mais s’il s’attend à voir l’apocalypse en question, le spectateur va rapidement déchanter, The Final Storm virant finalement au thriller en mode quasi-huis clos fermier avec l’arrivée d’un intrus mystérieux nommé Silas (le pensionnaire de seconde zone Luke Perry), figure presque biblique laissant le doute planer sur son identité réelle dans un film qui prend des teintes fantastiques. The Final Storm joue sans cesse sur un fil entre illustration du dernier chapitre de la bible, l’apocalypse donc, en mode intimiste, et thriller sur l’opposition entre un couple et un homme potentiellement dangereux, sur fond de délitement du monde vu par le truchement d’une cellule familiale. Difficile de savoir où veut en venir précisément Uwe Boll. Avec son récit nourri à la sauce Théorème de Pasolini, le cinéaste mélange un peu tout sans jamais aller au fond des choses. Thriller chiant, film catastrophe avorté ne venant jamais, illustration maladroite d’un chapitre biblique, The Final Storm est bancal à vouloir mêler trop de choses et brouillon dans sa volonté d’être une œuvre ambitieuse tenue par un cinéaste n’en ayant pas les épaules et les capacités. Et des ambitions, il ne reste qu’un petit film peu intéressant, terriblement mal joué, très mal dialogué autant qu’il n’est mal écrit. Boll pond ainsi un nouveau nanar et redevient le Uwe Boll que l’on a connu. Dommage, l’espoir a été de courte durée. En tout cas, voici un bel exemple d’arnaque marketing, l’affiche nous vendant ce que le film ne proposera pas.

Bande-annonce :

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