TAKEN 2 (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Taken 2
Parents : Olivier Megaton
Livret de famille : Liam Neeson (Bryan Mills), Famke Janssen (Lenore), Maggie Grace (Kim), Leland Orser (Sam), John Gries (Casey), D.B. Sweeney (Bernie), Rade Serbedzija (Murad Krasniqi), Luke Grimes (Jamie)…
Date de naissance : 2012
Nationalité : France
Taille/Poids : 1h38 – 45 millions $

Signes particuliers (+) : Le plaisir de revoir Liam Neeson version bourrin. Famke Janssen.

Signes particuliers (-) : Olivier Megaton devrait être un argument à lui-seul. Mauvais, débile, pas généreux pour un sou et très fainéant.

 

TÉKON 2 : IL FAUT RETROUVER PIERRE MOREL !

Résumé : Après avoir massacré de l’albanais à tour de bras pour libérer sa fille kidnappée à Paris, l’ex-agent de la CIA Bryan Mills s’en est retourné à sa petite vie plus ou moins tranquille. Jusqu’où jour où, lors d’un voyage à Istanbul en Turquie, son ex-femme et lui sont kidnappés à leur tour par un chef de clan mafieux qui réclame vengeance pour la mort de son fils, parmi les victimes de la croisade de Bryan à Paris…

2008, le jeune Pierre Morel, réalisateur de Banlieue 13, cloue tous les amateurs de cinoche d’action dans leur fauteuil avec son Taken, série B d’une connerie décoiffante emmenée par Liam Neeson mais put*** de plaisir coupable qui fonctionnait sur la base simple du fun et du bourrin conjugués à tous les temps du plus-que-parfait au futur antérieur en passant par le subjonctif de l’imparfait. Carton total, Taken est depuis devenu un film culte qui sied bien dans les rayonnages DVD de tout geek qui se respecte. Logique commerciale oblige, une suite ne pouvait être occultée surtout par les dirigeants de chez EuropaCorp, dont sieur le gros Luc Besson, qui ont un urgent besoin de renflouer les caisses de la boîte dont la trésorerie va pas très bien depuis ses récents (et nombreux) échecs, aussi bien au niveau de ses productions (onéreuses et ambitieuses), comme Lock OutColombiana que des réalisations de son boss qui n’ont pas rencontré le succès espéré (le dernier Arthur et les Minimoys en date et surtout The Lady). Alors dans ces cas-là, rien ne vaut que de miser sur le bon cheval et en revenir à une valeur sûre. Taken s’imposait.

Occupé à pas mal de projets depuis son carton planétaire, Pierre Morel laisse les rênes de cette séquelle qui est alors (courrez tous aux abris) confiée à piteux Olivier Mégaton, monsieur catastrophe dont on se demande encore comment il a toujours accès à une caméra et à un plateau de cinéma. C’est bien simple, ce chouchou de l’écurie besson-ienne n’a à ce jour pas signé un seul bon film et le drame, c’est que le succès phénoménal qu’est en train de connaître Taken 2 en salles risque de nous obliger à le supporter encore un bon bout de temps. L’horrible La Sirène Rouge, l’usé Transporteur 3, l’arnaque attardée Colombiana, voilà la belle filmographie d’Olivier Mégaton ou Méga-étron pour les intimes, du nom de ce qu’il nous pond depuis le début des années 2000. Car pour faire simple et lapidaire : Taken 1 envoyait le bois ; Taken 2 envoie de la merde. Et c’est salissant pour les yeux à la mesure de l’efficacité fun de son prédécesseur.

Reprenant de façon roublarde le concept du premier opus en le modifiant un poil (de la fille kidnappée, on passe aux parents) cette suite essaie de nous resservir le même plat qu’il y a quatre ans. On serait bien tenté de fermer les yeux là-dessus avec pour seul but de reprendre une tranche de gâteau au cassage de mâchoire mais ce tâcheron de Mégaton nous ôte très rapidement ce plaisir. Dès le générique en fait. Bizarrement, on voit venir gros comme une maison ce qui va suivre. Réalisation insupportable, Taken 2 shooté au guronzan et monté sous coke. Mégaton essaie encore (après Colombiana) de se la jouer Tony Scott qui rencontrerait Michael Bay sauf qu’il ne réussit qu’à juste être lui-même : un faiseur maladroit et mauvais. Plans de coupe inutiles, montage surexcité, effets tendance « moderne-efficace » à gogo et qui ne desservent aucune esthétique particulière, Taken 2 est de la bouillie pour ado prémâchée, toujours décérébrée mais sans que le fun ne viennent boucher le trou béant. Megaton étire la maigreur de son script qui tourne complètement à vide là où le précédent avait au moins comme double-trame pour fonctionner, la vengeance et l’enquête. La vengeance d’un Bryan Mills vénère prêt à fracasser des tronches et l’enquête pour retrouver la trace de sa greluche de fille. Cette fois, Taken 2 fonctionne avec comme seul ressort, la poursuite dans un Istanbul qui ne ressemble à rien. Chasse à l’homme motivée par le désir de vengeance d’un méchant qui n’a rien de charismatique et qui est sous-employé, cette séquelle étire tout en longueur (la moindre course-poursuite, la moindre bagarre, la moindre scène « intime ») pour essayer de tenir la route sur une durée acceptable mais ennuie terriblement et trahit même quelque part l’esprit Taken du court/direct/percutant/dans-ta-gueule/t’es-mort. Et ce n’est pas la laideur visuelle des séquences d’action devant lesquelles on comprend pas grand-chose (et qui de toute façon sont stupides entre la gamine de seize qui conduit mieux que Sébastien Loeb ou un Bryan Mills qui depuis s’est métamorphosé en Donnie Yen, pratiquant les arts martiaux comme un vrai de là-bas) qui va venir combler le problème.

Taken 2 est toujours aussi con. Mais ça au moins, on s’y attendait. Sauf que ce second opus n’a pas une seule seconde l’allure d’un plaisir coupable méchamment fun et décomplexé. Megaton fait un carnage et pond une daube effarante qui ressemble plus à une parenthèse qu’à un vrai film Qui ressemble surtout plus à un énième film d’action sans saveur qu’à une péloche burnée et hargneuse (ce qu’était le premier). D’ailleurs, la classification PG-13 aux Etats-Unis veut presque tout dire. Bref, ce volet numéro 2 essaie de reproduire son volet paternel mais sans succès. Sans goût, rien de bon n’en ressort.

Bande-annonce :

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