STARGATE de Roland Emmerich
– critique – Blu-ray – (aventure/SF)

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note 9
Carte d’identité :
Nom : Stargate, la porte des étoiles
Père : Roland Emerich
Livret de famille : Kurt Russell (O’Neill), James Spader (Dr Jackson), Viveca Lindfors (Langford), Jaye Davidson (Râ), Alexis Cruz (Skaara), Mili Avital (Sha’uri), Leon Rippy (West), John Diehl (Kowalski), Djimon Hounsou (Horus, Carlos Lauchu (Anubis), Erick Avari (Asuf)…
Date de naissance : 1994
Majorité au : 1er février 1995 (en salles)
Nationalité : USA
Taille : 2h03 / Poids : 55 millions $

Signes particuliers (+) : Un intense et immense spectacle de science fiction nous conviant à un voyage dans l’extraordinaire avec une habileté sans faille. 20 ans plus tard, Stargate n’a pas pris une ride et conserve toujours autant de puissance épique et lyrique qui confère au merveilleux et à la grandiose aventure dépaysante et exaltante.

Signes particuliers (-) : x

 

STARGATE : UN LOINTAIN SAFARI

Résumé : Une équipe de militaires et de scientifiques parvient à percer le secret d’un mystérieux et immense objet découvert il y a plusieurs décennies lors de fouilles archéologiques en Égypte. Une sorte de dalle circulaire qui s’avère être une porte vers un monde très éloigné, à l’autre bout de la galaxie, et pourtant très semblable au nôtre…

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L’INTRO :

Deux ans après s’être vraiment révélé sur le sol américain avec Universal Soldier en 1992, l’immigré allemand Roland Emmerich se lance dans l’aventure Stargate, sans se douter à l’époque que le film de science-fiction qu’il développe va être l’un des plus grands tournants de sa carrière. Avec son complice Dean Devlin et un luxe confortable pour lui de 55 millions de dollars (là où il aurait pu en disposer de 100 ce qu’il jugea inutile) Emmerich va composer ce qui sera en cette année 1994, l’apothéose du divertissement sur grand écran et au passage, un classique indémodable et très très rentable. Conçu à l’origine pour être une trilogie, Stargate restera finalement un film unique, un merveilleux spectacle qui, malgré ses vingt ans d’âge, n’a pas pris une ride (ou alors une seule, pas plus) et fonctionne toujours aussi bien grâce à son cachet délicieux de grand divertissement familial à l’ancienne, plein de magie, de rêve et de voyage. Depuis décliné sous forme de séries télés qui prendront la place des deux films de cinéma un temps évoqués, la mythologie Stargate initié par les deux compères Devlin-Emmerich n’est pas prête de s’arrêter et même si c’était le cas, pas de doute que cet immense spectacle merveilleux restera gravé dans les mémoires et à plus forte raison, de ceux qui ont connu les années 90 encore jeune ou enfant. Avant de faire exploser les compteurs avec son lucratif Independence Day en 1996, Emmerich construit sa première véritable marche vers la gloire hollywoodienne avec un Stargate qui demeure encore aujourd’hui, parmi ses meilleurs films et l’un des plus unanimement apprécié.

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Minutieux, précis, Emmerich aura bétonné tous les étages de la production et de l’artistique de son film avant de lancer le premier coup de manivelle. Après en avoir assuré l’écriture avec Devlin (la coopération entre les deux bonhommes donnera lieu aux meilleurs d’Emmerich avec le recul) le plus ricain des teutons place Patrick Tatopoulos au design artistique et le encore peu connu Len Wiseman aux effets spéciaux, lui qui deviendra par la suite le réalisateur des Underworld et autre Die Hard 4. Devant la caméra, le brillant James Spader dont la petite tête d’intello colle bien à son personnage de scientifique naïvement dans son monde, se retrouvera associé à son extrême antagonisme, puisqu’il donnera la réplique au géant Kurt Russell, un peu en perte de vitesse dans sa carrière, le souvenir du badass Snake Plisken commençant à dater, et qui revient ici jouer les gros bras avec ce rôle de colonel de l’armée américaine mono-expressif et à la limite de l’antipathique. Une opposition gros cerveau vs gros bras se dessine dans un scénario qui va logiquement en jouer avec délectation. Comme souvent, c’est un cinéma d’homme chez Emmerich (du à ses affinités gay ?) laissant peu de place aux femmes. L’israélienne Mili Avital (qui ne fera plus rien derrière au passage) hérite d’un rôle mineur alors que le très androgyne Jay Davidson (vu dans The Crying Game de Neil Jordan) se retrouve avec la lourde tâche de camper le dieu de la mythologie égyptienne Râ. Pour compléter ce sympathique casting, on retrouve dans des seconds rôles quelques beaux noms comme l’incontournable Erick Avari, John Diehl ou encore Djimon Hounsou… Du beau monde pour un beau film dont la BO aussi magique que mythique, sera composée par le talentueux David Arnold, qu’Emmerich retrouvera d’ailleurs deux ans après pour l’excellent score d’Independence Day. Tout est idéal, tout est prêt pour accoucher d’un classique.

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L’AVIS :

Et un classique, Stargate en est un. Grand film de SF épique proposant un voyage flamboyant et merveilleux à travers les étoiles et l’univers, de la Terre vers l’autre extrémité de la galaxie, Stargate cristallise toutes les qualités du magnifique et éblouissant spectacle dantesque et lyrique. Loin de ressembler à n’importe quel autre blockbuster peu inspiré, il repose avant tout sur un scénario brillant qui fut d’ailleurs vivement critiqué à sa sortie et fort injustement. S’appuyant sur tous les solides éléments constitutifs du traditionnel Space Opera avec découverte d’un objet étrange, mystères, voyage lointain, exploration, quêtes de réponses sur l’histoire de l’humanité, dépaysement, aventures extraordinaires, contrées nouvelles et inexplorées, tension, lutte pour sa survie loin de son foyer, romance, Stargate brode une histoire riche jouant sur des rumeurs et hypothèses souvent perçues comme farfelues mais que pourtant personne n’est en mesure de réfuter catégoriquement. Emmerich part des légendaires hypothèses (un peu comme il fera avec 2012) présentant les pyramides égyptiennes comme étant de nature extraterrestre et faites par la mains de l’humaine en raison de la complexité de leur construction dont les secrets restent encore tant de mystères aujourd’hui. A partir de ces théories qui deviennent de plus en plus à la mode, le cinéaste et Dean Devlin vont alors imaginer un fantastique voyage, une histoire passionnante sur fond de création du monde, de l’homme, d’exploration de nos origines. En passant par la mythologie égyptienne qu’ils intègrent malicieusement à leur récit, le tandem aboutit à une histoire incroyable flattant l’imaginaire, probable ou pas, on s’en fiche, mais relevant de la pure SF dans toute sa dimension aventureusement magique.

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Dans la construction même, Stargate offre tous les ingrédients du spectacle total. Partant sur une pointe de drame avec le personnage du Colonel Jack O’Neil (Kurt Russell) dont l’enfant vient de mourir, ce qui permet d’illustrer qu’il n’a plus rien à perdre et qu’il peut se lancer aveuglément dans une aventure aussi folle, et sur une pointe d’humour avec les élucubrations du Dr Jackson (James Spader) raillé par ses collègues scientifiques pour ses théories extravagantes, le film d’Emmerich va alors surtout marier avec un savoir-faire que l’on ne retrouvera guère avec autant de qualité dans le cinéma à venir du bonhomme, tout un ensemble d’éléments qui en s’emboîtant, vont aboutir à un film quasi-parfait dans son registre de grand spectacle pop-corn génial. Avec beaucoup d’humour, surtout dans le décalage entre l’intello à lunette et le militaire dur à gros bras, Emmerich va proposer un impressionnant spectacle fait d’aventures, d’effets spéciaux, de suspens, de drame, de romance mais surtout d’action. Même si le scénario de dévie jamais d’une trajectoire assez consensuelle et surtout d’un canevas très classique voire prévisible (avec ses clichés), Stargate va quand même réussir à emporter l’adhésion haut la main par la sincérité de ce qu’il offre et la magie avec laquelle il va nous emporter loin de notre fauteuil de cinéma, le temps d’un récit vraiment extraordinaire qui est le reflet parfait de ce que deviendra le cinéma d’Emmerich quand on le scrute à deux temps. Un cinéma solide, construit pour être efficace avec une immense simplicité d’approche et une épuration de tout superflu ne participant pas à la visée du spectacle pur sans parasite. Ce qui semble pour beaucoup un cinéma idiot et sans saveur est pourtant quand on y regarde de plus près, un cinéma pas si évident à faire, façonné pour être calibré de sorte à tenir en haleine avec une immense fluidité de facture.

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Spectacle magique et transporteur, Stargate est l’anti-ennui au cinéma, un vent d’air frais des 90’s prenant le spectateur par la main pour l’inviter à un véritable voyage cinématographique plein de rêves et de merveilleux, le plongeant dans une mythologie passionnante et palpitante. Film foisonnant d’idées visuelles et scénaristiques (autant le déroulement est simple autant l’idée générale est quand même sacrément bien trouvée) il est bien l’apothéose du grand spectacle pop corn de SF et paradoxalement, lui qui est un étendard des années 90, Stargate est peut-être le plus eighties des films du cinéaste, rappelant à de nombreuses reprises les travaux du voisin et maître Spielberg. Un régal.

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Blu-ray test : Un mot maintenant sur la version Blu-ray qui, au passage, comporte une version Director’s Cut rallongée de sept minutes. Une version qui n’apporte pas spécialement plus au film si ce n’est un montage légèrement différent en introduction avec une séquence placée différemment dans la version cinéma et quelques plans additionnels ça et là, essentiellement des détails qui ne modifie en rien l’histoire ou les scènes telles qu’on les connaissait. Côté technique, cette version Blu-ray est en revanche une véritable splendeur qui donne un sacré coup de fouet au film qui fait clairement peau neuve. Image magnifique, son intense, la netteté de la technologie Blu-ray ne trahit à aucun moment les 20 ans d’âge du film (contrairement à Independence Day par exemple, plus récent de deux ans mais dont certains effets et trucages se voient désormais) et Stargate se redécouvre avec magie, comme s’il s’était fait lifté avec réussite, y gagnant un délicieux coup de jeune qui lui fait un bien fou !

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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