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SANG FROID de Hans Petter Moland : critique et test Blu-ray

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Cold Pursuit
Père : Hans Petter Moland
Date de naissance : 2018
Majorité : 27 juin 2019
Type : Sortie Blu-ray/DVD
Nationalité : USA
Taille : 1h59/ Poids : NC
Genre : Polar

Livret de famille : Liam Neeson, Tom Bateman, Tom Jackson, Emy Rossum, Laura Dern, William Forsythe, John Doman, Dominik Lombardozzi, Julia Jones…

Signes particuliers : Entre le polar et la comédie noire, une très bonne surprise.

LIAM NEESON (ENCORE) ÉNERVÉ !

LA CRITIQUE DE SANG FROID

Synopsis : Bienvenue à Kehoe, luxueuse station de ski du Colorado. La police locale n’y est pas franchement très sollicitée jusqu’au jour où le fils d’un conducteur de chasse-neige, Nels Coxman, est assassiné sur ordre de Viking, un baron de la drogue. Armé d’une rage implacable et d’une artillerie lourde, Nels entreprend de démanteler le cartel de Viking. Sa quête de justice va rapidement se transformer en une vengeance sans pitié. Alors que les associés de Viking « disparaissent » les uns après les autres, Nels passe d’un citoyen modèle à un justicier au sang-froid, qui ne laisse rien – ni personne – se mettre en travers de son chemin.

C’est bien connu, les américains n’aiment pas trop les films étrangers et préfèrent les refaire à leur sauce, en anglais et mieux calibrés pour leur public. On n’a jamais vraiment trop compris le délire qui a donné lieu au Millenium de Fincher, à Intouchables, Old Boy ou aux Infiltrés de Scorsese, mais à la longue, on a fini par au mieux s’y habituer, au pire s’y résigner. Et dans le grand bal des remakes de pépites étrangères reboutiquées par Hollywood, voici Sang Froid, version américanisée du polar norvégien Refroidis d’Hans Petter Moland (Les Enquêtes du Département V : Délivrance). Sauf que comme pour le Funny Games US de Michael Haneke, le projet a au moins le mérite de réembaucher le cinéaste d’origine. Plus clairement, Hans Petter Moland se charge lui-même du remake ricain de son propre film, avec Liam Neeson en lieu et place de Stellan Skarsgard, comme véhicule promo pour tirer le bolide.

Liam Neeson qui va se lancer dans une croisade meurtrière pour venger son fils assassiné par des trafiquants de drogue. On aurait presque envie de crier « halte à la blague ! » à la lecture du pitch de Sang Froid, tant le thriller pue à des kilomètres l’énième « série B d’action à la Liam Neeson », quasiment un sous-genre en soi depuis que l’acteur a décidé de se cantonner à un registre en enchaînant le même film depuis Taken comme s’il bossait à l’usine. Mais ça c’était avant de découvrir Sang Froid (valable également pour ceux qui connaissaient le film d’origine). Dès les premières minutes, Sang Froid interpelle avec sa petite musique guillerette quelque part entre la mélodie de True Romance et une gentille ballade westernienne. Le choix étonne pour un thriller d’action et la confirmation qu’il n’est pas comme les autres ne tardera pas à venir. Très vite, le film d’Hans Petter Moland va affirmer sa position de petite surprise débridée faisant dans le hors piste avec son ton inattendu évoluant à cheval entre le polar hard-boiled et la comédie noire. Un entredeux qui n’est pas sans rappeler les films des frangins John Michael et Martin McDonagh (Bons Baisers de Bruges, 7 Psychopathes et L’Irlandais), voire le cultissime Fargo des Frères Coen. Et pour l’ami Neeson, cette fois pas de thriller d’action neuneu du bulbe mais un truc vachement plus racé et surtout plus élaboré.

Tout le génie de Sang Froid tient dans une question d’équilibre. L’équilibre entre le revenge movie ultra-sérieux et la fantaisie doucement drolatique, limite débridée quand elle s’amuse à venir flirter du côté de Tarantino mais en plus modeste. Droit dans ses bottes, Hans Petter Moland signe un film qui n’a rien d’hollywoodien, au contraire, qui est même franchement nord-européen dans l’âme et anti-hollywoodien dans l’allure. Se pose ainsi la question de l’intérêt d’un remake du coup, tant Sang Froid s’amuse constamment à marcher en dehors des clous du cinéma yankee traditionnel. Une chose est sûre, le résultat est un petit régal aussi surprenant que jubilatoire. D’un côté, Sang Froid est un sacré polar sombre et violent qui abat tous les codes du genre mais sans réciter une recette préfabriquée. De l’autre, il est un film nappé de pointes d’humour tellement en décalage avec l’ambiance générale, au point qu’elles rendent l’affaire profondément fraîche et originale. Aux commandes, Hans Petter Moland multiplie les inspirations pour réussir l’exploit de produire de l’originalité à partir de choses archi déjà vues, comme cette évolution « chapitrée » rendant amusément hommage aux morts du film, ou cette manière d’abreuver le film de clichés pour en tirer des personnages fantastiques (le bad guy, le chef indien, le frangin ou le tueur à gage). Malgré deux-trois petites imperfections d’écriture ou de mise en scène, comme un montage assez foutoir au début et quelques ressorts de scénario peu cohérents, Sang Froid progresse de sorte à sauter de la catégorie « fréquentable » vers celle de « plaisir coupable » avant de rebondir pour retomber dans la case labélisée « gros kiff à consommer sans modération ». Le spectacle est tour à tour intense, haletant ou délirant, il s’efforce d’être sans cesse inventif formellement comme narrativement, Liam Nesson est impeccable, les personnages secondaires sont travaillés, le cadre de l’action est bien exploité (une petite station de ski paisible et constamment empêtrée sous des tonnes de neige) et le film prend constamment de l’épaisseur pour rendre crédible son univers comme l’aventure dans laquelle il nous balance sans ménagement avec un esprit joueur dès plus délectable. Solide de bout en bout, Sang Froid est une petite sensation tombée de nulle part.

LE BLU-RAY DE SANG FROID

Image propre restituant bien l’atmosphère blanco-glaciale du film, son puissant (quoique parfois un peu trop poussé et pas idéalement spatialisé dans certains bruits comme les coups de feu), pas grand-chose à redire côté technique pour la galette Blu-ray éditée par StudioCanal qui assure le job sans briller. Ce caractère « correct mais sans plus » se retrouve également dans les suppléments qui agrémentent cette édition française. Du factuel intéressant mais rien de nature à épater et encore moins d’originalité, ce qui aurait pu être un parti pris poiur coller à l’esprit du film. Au menau, quelques scènes coupées (5 min) somme toute assez dispensables, un solide making of de près de 27 min, et des entretiens avec un Liam Neeson peu affable et un Hans Peter Molland un peu plus impliqué.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

 

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