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BIRD BOX de Susanne Bier : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Bird Box
Mère : Susanne Bier
Date de naissance : 2018
Majorité : 21 décembre 2018
Type : Disponible sur Netflix
Nationalité : France
Taille : 1h57 / Poids : NC
Genre : Thriller fantastique

Livret de famille : Sandra Bullock, Trevante Rhodes, Sarah Paulson, John Malkovich…

Signes particuliers : Un thriller fantastique qui passe à côté de son potentiel.

SANDRA BULLOCK À L’AVEUGLE

LA CRITIQUE DE BIRD BOX

Synopsis : Alors qu’une mystérieuse force décime la population mondiale, une seule chose est sûre : ceux qui ont gardé les yeux ouverts ont perdu la vie. Malgré la situation, Malorie trouve l’amour, l’espoir et un nouveau départ avant de tout voir s’envoler. Désormais, elle doit prendre la fuite avec ses deux enfants, suivre une rivière périlleuse jusqu’au seul endroit où ils peuvent encore se réfugier. Mais pour survivre, ils devront entreprendre ce voyage difficile les yeux bandés.

C’est déjà (en quelques jours seulement) l’un des plus gros succès ciné qu’ait connu Netflix sur sa plateforme. Adapté d’un roman de Josh Malerman, le thriller post-apocalyptique Bird Box réalisé par la danoise Susanne Bier (Brothers, Revenge) et porté par Sandra Bullock, a battu tous les records dans sa semaine de lancement, la curiosité qu’il suscitait s’étant traduite par une précipitation des abonnés désireux de se plonger dans ce cauchemar imaginant un énième destin funeste pour l’humanité. Dans le monde chaotique de Bird Box, une étrange force a décimé la population mondiale. Plus précisément, tout ceux qui ont gardé les yeux ouverts ont été pris de pulsions suicidaires. Pour survivre, il n’y a qu’un seul moyen, avoir les yeux bandés quand on est à l’extérieur. Une mère et ses enfants vont se lancer dans un périlleux voyage sur une rivière, les yeux masqués, afin de gagner un refuge potentiel.

Sur la foi d’un concept original, quoiqu’empruntant une dynamique finalement similaire à d’autres films de genre jouant avec nos sens, et sur la foi d’une narration à double temps rythmés par des flashbacks (le présent cauchemardesque et le passé où s’est déclenché le drame), Bird Box essaie de faire dans l’efficacité en traversant plusieurs registres pour mieux se mouvoir et gagner en intensité. Le film de Susanne Bier démarre comme un blockbuster catastrophe puis va alterner le thriller en huis-clos, le fantastique où le film d’aventure selon qu’il suit un groupe de survivants barricadés durant les premiers jours post-apocalypse ou le périple de cette mère courageusement lancée dans un parcours difficile menant à un refuge.

Si dans un premier temps, on est séduit par un film qui paraît solidement emballé, Bird Box va vite être trahi par ses grosses limites bordant une tentative finalement frustrante car se dégonflant tout du long comme un ballon de baudruche. On s’offusquera surtout de l’incapacité de Susanne Bier à injecter le viscéral que réclamait son film (en même temps, la cinéaste danoise, habituellement meilleure dans le film d’auteur, était-elle vraiment la bonne personne pour ce projet ?). En premier lieu, la réalisatrice ne travaille pas assez le pouvoir de l’hors-champs qui aurait tant pu décupler le potentiel stressant de son aventure. Là où un Sans un Bruit jouait énormément avec tout ce qui pouvait entourer ses personnages afin de créer de l’immersion et du suspens suffocant, Bird Box passe à côté de son potentiel faute d’une mise en scène moins inspirée et plus paresseuse. Une paresse qui fait écho à celle d’un scénario ne jouant finalement que peu avec son concept, en plus d’être lardé de manquements (rien ne tient debout à l’intérieur de son imaginaire, à commencer par pourquoi les murs des maisons protègent de la menace en fait ?!). Curieusement, l’essentiel de l’histoire se déroule en intérieur (cette partie « huis-clos » prenant plus de place que le survival en extérieur sur la rivière). Et de fait, Bier ne se confronte finalement que peu au concept du film là où l’on aurait aimé quelque chose de plus rentre-dedans, jouant avec l’angoisse de l’impossibilité de voir. C’est peut-être dans cet équilibre que Bird Box perd le plus pied, dans sa tendance à aller vers le simple thriller là où l’histoire et le concept appelaient clairement une épouvante qui nous est refusée. À l’arrivée, Bird Box s’applique à tout faire pour ne pas ennuyer mais il lasse quand même faute de mettre les coui*** sur la table pour tenter quelque chose de plus radical, de plus osé qu’une simple revisite de recettes contemporaines déjà travaillées par le passé. En somme, un cruel manque d’audace formelle pour accompagner l’originalité de l’histoire.


BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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