MOWGLI d’Andy Serkis : la critique du film [Netflix]
sortie Netflix

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Mowgli : legend of the jungle
Père : Andy Serkis
Date de naissance : 2018
Majorité : 07 décembre 2018
Type : Dispo sur Netflix
Nationalité : USA
Taille : 1h44 / Poids : NC
Genre : Aventure

Livret de famille : Rohan Chand, Andy Serkis, Benedict Cumberbatch, Christian Bale, Cate Blanchett, Naomie Harris, Tom Hollander, Eddie Marsan, Peter Mullan, Jack Reynor, Freida Pinto…

Signes particuliers : Une adaptation ambitieuse et originale, forte d’une vision très audacieuse.

LE LIVRE DE LA JUNGLE COMME ON L’A JAMAIS VU

LA CRITIQUE DE MOWGLI

Synopsis : Le film s’attache au parcours de Mowgli qui, enfant, est élevé par une meute de loups au cœur de la jungle indienne. Tandis qu’il apprend les lois souvent âpres de la jungle, sous la responsabilité de l’ours Baloo et de la panthère Bagheera, Mowgli est accepté par les animaux de la jungle comme l’un des leurs – sauf par le terrible tigre Shere Khan. Mais des dangers bien plus redoutables guettent notre héros, au moment où il doit affronter ses origines humaines.

On l’attendait comme son premier film, ce sera finalement son second après le drame Breathe. On l’attendait il y a deux ans au terme de trois années de production mais la concurrence de la version Disney lui aura causé du tort et imposé un certain retard. On l’attendait enfin dans les salles de cinéma, on le retrouve finalement sur Netflix. Mowgli, l’adaptation live du classique de Rudyard Kipling par Andy Serkis, revient d’assez loin. Privé de sortie en salles par la Warner qui a dû prendre peur devant un possible échec commercial en salles et revendu, le film aura finalement changé de mains pour atterrir dans le giron d’un Netflix qui continue d’affirmer sa puissance et sa capacité à proposer des films évènements. Passée la frustration de ne pas pouvoir découvrir l’œuvre sur grand écran, voire même en 3D, que vaut au final cette nouvelle adaptation live du Livre de la Jungle, deux ans et demi après celle (plutôt réussie) de Jon Favreau ?

Ce qui est sûr, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, c’est qu’elle est d’une audace assez dingue qui justifie à elle-seule son mérite d’exister. En ces temps de blockbusters formatés et consensuels, Mowgli détonne avec sa personnalité et son caractère bien trempé, au point que l’on comprendrait presque pourquoi Warner a fait le choix de s’en séparer. il faut dire que le résultat n’aura pas été simple à vendre au cinéma de nos jours où le marketing facile est roi. Après le dessin-animé puis le live-action de Jon Favreau, on avait un peu peur d’un film qui arriverait trop tard. Sauf qu’il y a autant de rapport entre Mowgli et Le Livre de la Jungle, qu’entre Independence Day et 2001, L’Odyssée de l’espace. On exagère un peu, mais pas loin. Courageux pour ne pas dire téméraire, Andy Serkis propose beaucoup de choses avec sa version du classique de Kipling, à commencer par l’envie de raconter l’histoire différemment, l’envie de faire autre chose, en s’appuyant sur une vision singulière et très affirmée. Plus sombre, plus adulte, plus profond, et surtout plus proche du roman de Kipling que les versions édulcorées de Disney où un gamin joyeusement intrépide parcourrait la forêt en compagnie d’un ours à la gentillesse boostée par des chansons, tel est le credo d’un film qui ne se veut pas un grand spectacle familial enchanteur mais une approche plus rugueuse, plus viscérale. Andy Serkis revient à l’essence du matériau de Kipling et signe un film bien plus noir, qui n’hésite pas à être dur voire violent, et à creuser avec appétence les thématiques ancrées dans le récit et délaissées par Disney. Sur la base d’une histoire identique ou du moins assez proche, Mowgli s’éloigne des clichés élaborés par le studio de Mickey au fil des années, et n’hésite pas à parler frontalement de quête identitaire, de danger écologique, de la méchanceté humaine, de rejet et d’ostracisme. En résulte un film presque radical, plus psychologique, tourmenté et fortement engagé, qu’il sera difficile de conseiller à un jeune public. C’est d’ailleurs l’une des questions qui entoure l’effort de Serkis. A qui se destine le film ? Une chose est sûre, pas aux nostalgiques des mignardises Disney et davantage à un public adulte voire cinéphile.

Mais malheureusement, si l’on ne peut manquer les évidentes qualités du travail d’Andy Serkis, reste que quelque chose ne fonctionne pas complètement. Est-ce les graphismes novateurs qui utilisent la motion-capture (en intégrant le visage des acteurs aux expressions faciales) mais dont le rendu ne semble pas totalement maîtrisé ? Est-ce l’effet de déstabilisation face au contrepied vis-à-vis de ce que l’on connaît alors que l’on a été conditionné par Disney selon une vision bonne enfant du roman de Kipling ? Ou est-ce le fait que l’émotion a du mal à naître, que le rythme souffre des ambitions thématiques prédominantes du métrage ou que l’équilibre entre propos et spectacle est parfois en péril. On en vient à se demander si le film n’aurait pas gagné à s’affranchir complètement de Kipling pour mieux affirmer ce qu’il tente de proposer, soit une relecture plus radicale, plutôt que de jouer sur deux tableaux (le côté fantaisiste des animaux qui parlent colle t-il vraiment avec le sérieux du traitement ?). Néanmoins louable et singulier, Mowgli reste un film que l’on voudrait aimer et défendre pour ce qu’il ose, plus que pour ce qu’il réussit par intermittence.


BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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