L’ADORABLE VOISINE (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Bell Book and Candle
Père : Richard Quine
Livret de famille : James Stewart (Hendersen), Kim Novak (Gillian), Jack Lemmon (Nicky), Ernie Kovacs (Sidney), Elsa Lanchester (Tante Queenie)…
Date de naissance : 1958
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h45 – Budget NC

Signes particuliers (+) : Jack Lemmon qui nage au-dessus de la mêlée.

Signes particuliers (-) : Même l’âge d’or d’Hollywood avait ses nanars. Mal joué, mal filmé, une kitscherie fade et ennuyeuse, interprétée par une brochette d’acteurs qui cabotinent.

 

MA SORCIÈRE BIEN-AIMÉE

Résumé : Un séduisant éditeur fait la rencontre de sa voisine, une belle sorcière tenant un magasin d’art africain. Pouvoirs magiques et romances vont être au rendez-vous…

Les comédies des années 40, 50 et 60, celles de l’époque de l’âge d’or hollywoodien, restent souvent un enchantement aujourd’hui. Mêlant casting de rêve avec d’immenses stars aussi délicieuses que regrettées et humour souvent raffiné et faisant régulièrement mouche, elles constituent un must même des décennies plus tard. Si l’on en connaît et apprécie les perles qui ont traversé le temps pour leurs indéniables qualités (les Hawks, les Wilder, les Blake Edwards etc.) au point de regretter cette époque bénie, il est un point qu’il est bon de ne pas oublier. Si à l’heure actuelle, on ne peut que se plaindre de l’overdose de comédies à la qualité très aléatoires où pour quelques-unes réussies, tant d’autres ne méritent même pas de voir le jour, il e était tout autant il y a cinquante ou soixante ans. Le recul aujourd’hui a fait parler l’histoire. Et pour nombre de comédies réalisées, les meilleures ont su traverser les âges. Les médiocres sont restés sur le carreau. L’adage du « c’était mieux avant » en prend ainsi un coup. Le cinéma a de tout temps, en raison du potentiel économique de la volonté de distraire et de faire oublier un quotidien harassant, eu une grande vitalité dans le genre. Et ce qui est valable aujourd’hui, l’était tout autant à l’époque. Pour quelques belles comédies, un nombre insoupçonné de déchets. L’Adorable Voisine vient nous rappeler cela.

L’Adorable Voisine est en soi, une comédie atypique qui, préfigure quelques années avant, la série culte à succès Ma sorcière bien-aimée. Le postulat décalé et original pour l’époque est intriguant et amusant pour une comédie romantique : un sorcière décide de tout faire, y compris avoir recours à ses pouvoirs, pour charmer son voisin. Un sujet aussi mignon que réjouissant sur le papier annonçant un mélange entre doux fantastique et romance à l’eau de rose.

Mais voilà, le tout est quand même bien très mal fichu et au final, léger voire indigent. Le faiseur derrière la caméra, Richard Quine, est passablement mauvais et torche son film à la va-vite. Kim Novak y est, comme souvent (n’en déplaise aux fans d’Hitchcock et de chef d’œuvre Vertigo) fade et sans aucune finesse dans son jeu et donne la réplique à un tout petit James Stewart en roue libre qui cabotine dans le registre du The Shop Around The Corner du pauvre. Jack Lemmon tente de surnager dans ce naufrage qui partait pourtant d’un bon pied, basé sur une idée qui recelait pourtant un certain potentiel mais qui méritait certainement un tout autre traitement… ou peut-être, tout simplement, un cinéaste talentueux à la barre comme un Lubitsch ou un Blake Edwards en lieu et place d’un tâcheron livrant une copie bien fade, poussive et sans âme. Une bien belle déception.

Bande-annonce :

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