LA VIE RÊVÉE DE WALTER MITTY de Ben Stiller
Critique – sortie Bluray/DVD (aventure/comédie dramatique)

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walter mittyMondo-mètre :
note 7.5
Carte d’identité :
Nom : The Secret Life of Walter Mitty
Père : Ben Stiller
Livret de famille : Ben Stiller (Walter Mitty), Kristen Wiig (Cheryl), Sean Penn (Sean O’Connell), Shirley MacLaine (Edna), Adam Scott (Hendricks), Kathryn Hahn (Odessa), Patton Oswalt (Todd), Ólafur Darri Ólafsson (le pilote islandais)…
Date de naissance : 2013
Majorité au : 01/01/2014 (en salles) / 04 juin 2014 (vidéo)
Nationalité : USA
Taille : 1h54
Poids : 90 millions $

Signes particuliers (+) : Une odyssée initiatique magnifique et bouleversante transcendant son histoire et le film originel dans ce qui restera comme le film de la maturité pour Ben Stiller. Intelligence, drôle, sensible, émouvant, cette aventure passionnée est un bonheur à regarder, un doux rêve éveillé semblable à ceux que vivent Walter Mitty lui-même !

Signes particuliers (-) : On pourrait en trouver, mais ce serait bouder son plaisir !

 

EMMÈÈÈÈÈNE-MOI AU BOUT DE MES RÊVES…

LA CRITIQUE

Résumé : Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l’action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu’il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.

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L’INTRO :

Que les éternels déçus du développement infructueux du projet version Spielberg/Jim Carrey dans les années 90 retrouvent le sourire, la folle histoire de La Vie Secrète de Walter Mitty n’est pas tombée dans l’escarcelle du plus maladroit des metteurs en scène. Bien au contraire puisque de film en film, Ben Stiller ne cesse de gagner en crédibilité, dépassant son seul statut de comique américain surdoué. Depuis le début des années 2000, le comédien a démontré plusieurs nouvelles facettes de son talent, jouant admirablement un rôle plus dramatique dans le Greenberg de Noah Baumbach ou signant deux nouveaux longs-métrages évocateurs de son évolution, la grosse marrade déjantée Zoolander, en 2001 et l’hilarant Tonnerre sous les Tropiques en 2008, où il affichait davantage de maturité en tant que réalisateur. La Vie Rêvée de Walter Mitty est son cinquième effort à ce jour derrière la caméra et sans conteste, son plus abouti. Ben Stiller derrière la caméra, mais aussi Ben Stiller devant la caméra, puisqu’il prend la relève de Danny Kaye, héros de la version de 1947 signée Norman McLeod. Autour de lui, Kristen Wiig, Adam Scott, Sean Penn ou encore Shirley MacLaine.

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L’AVIS :

Si certains avaient encore des doutes sur l’utilité d’une nouvelle relecture après le classique sorti il y a 60 ans jour pour jour, Ben Stiller les balaie en deux coups de cuillère à pot. En cinéaste doué d’une sensibilité accrue qu’on lui connaissait mal, il signe tout simplement l’un des plus beaux films de ce début d’année 2014. Un véritable cadeau cumulant les adjectifs flatteurs et les superlatifs émerveillés résumant ses deux heures absolument exquises nous entraînant de l’Amérique au Groenland, de l’Islande à l’Himalaya, à la force d’un récit palpitant et somptueux, dont l’imagination stimule l’imaginaire en permanence et vice et versa, alors que l’on s’éprend d’un attachement presque instantané pour ce personnage ordinaire à la vie amusément extraordinaire. Mieux, cette nouvelle version a cette intelligence de ne pas s’enfermer dans une posture de simple remake mais s’ouvre vers une toute nouvelle vision de l’histoire, ancrée avec malice dans une réalité statiquement voyageuse (l’idée d’un employé de feu le magazine papier Life est géniale) qui ne fait que soutenir son histoire et la typologie de ce nouveau Walter Mitty magnifiquement écrit.

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Plus intelligent dans sa démarche, plus aventureux dans sa facture, plus fin dans son propos comme dans les ingrédients qui le composent, La Vie Rêvée de Walter Mitty par Ben Stiller transcende la nouvelle originelle et même s’il ne renvoie pas aux oubliettes l’original, il se permet avec une classe folle de lui damner le pion dans les cœurs, à la force d’un message peut-être simple, peut-être naïf, peut-être facile, mais néanmoins magnifique : rêver sa vie, c’est bien, la vivre, c’est mieux. L’histoire décalée de Walter Mitty se transforme sous la caméra du cinéaste, en un magistral récit initiatique à la fois fort et subtil, variant les goûts et les plaisirs et bercé par une tendre drôlerie, par une sublime poésie, par un flot d’émotions allant du simple attendrissement devant sa douce mélancolie au totalement bouleversant lorsqu’il déploie toute sa puissance évocatrice. Avec une délicatesse admirable qui trouve une réelle résonance dans les différentes tonalités qui l’animent entre romance, comédie, drame ou aventure épique, et l’euphorie qu’il procure, Walter Mitty enivre autant par la beauté de son visuel à couper le souffle que par la fantaisie qu’il affiche magnifiant son surréalisme merveilleux et passionné.

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La Vie Rêvée de Walter Mitty est une vibrante plongée rêveuse et aventureuse dotée d’un humanisme et d’un romantisme délicat et surtout délestée de l’aspect trop statique et figé de son prédécesseur engoncé dans son intrigue de polar qui ne permettait pas à cette belle histoire d’exprimer sa totale plénitude. Ce remake, ou plus précisément cette nouvelle vision, s’ouvre à des voies narratives explorées avec une savante intelligence et à de nouvelles thématiques flattant des valeurs enchanteresses, d’autant qu’elles sont sublimées par la sincérité d’un Ben Stiller qui trouve le ton parfait pour évoluer entre rêve et réalité, flirtant avec la lisière du fantastique sans y jamais y pénétrer pour mieux saisir le ressenti plein de véricaité de cette fraîche fable exaltante. A peine sorti, transporté par ce spectacle magnifique, on se sent déjà pousser des ailes pour partir au bout du monde vivre à notre tour des choses extraordinaires car au final, il n’y a pas que Walter Mitty qui a rêvé, qui a été transporté… il y a nous aussi, devant son histoire ! Un antidépresseur couché sur pellicule !

Voir la critique de la version de 1947 ici.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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