LA NOUVELLE GUERRE DES BOUTONS (critique)

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Carte d’identité :
Nom : La Nouvelle Guerre des Boutons
Parents : Christophe Barratier
Livret de famille : Leatitia Casta, Guillaume Canet, Kad Merad, Gérard Jugnot, François Morel, Jean Texier, Clément Godefroy, Théophile Baquet…
Date de naissance : 2011
Nationalité : France
Taille/Poids : 1h40 – 16 millions €

Signes particuliers (+) : Aucun

Signes particuliers (-) : Vulgaire, moche, puant, franchouillard à l’excès. Une trahison de l’esprit enfantin du roman et du classique d’Yves Robert. Insupportable.

 

SI J’AURAI SU, J’AURAI (MÊME PAS) VENU

Résumé : Les enfants des villages Longeverne et Velrans se livrent une guerre depuis toujours. Une guerre qui va devenir une « guerre des boutons » où les précieuses pièces de merceries vont devenir l’enjeu principal…

La Guerre des remakes, acte II. La Guerre des Boutons fait partie de ces œuvres appartenant au patrimoine culturel français, la version d’Yves Robert étant aujourd’hui culte non seulement pour ses personnages et ses répliques mythiques (le fameux « si j’aurai su, j’aurai pas venu » n’étant pas dans le livre mais inventé pour le film) mais aussi car figurant parmi les plus gros succès du box office français à ce jour ayant complètement occulté une première version signée Jacques Deroy en 1936.

Christophe Barratier, cinéaste franco-français par excellence (que l’on imagine bien diriger son film avec béret et saucisson dans la poche, vêtu de bleu, blanc, rouge) aimant renouer cinématographiquement parlant avec une vieille France à valeurs, aujourd’hui défunte, semblait presque être le cinéaste idéal pour reprendre les rennes d’une nouvelle version réactualisée du chef d’œuvre de la littérature signé Louis Pergaud mais aussi du cinéma via la version de 1962, d’autant qu’il a eu montré par le passé, son savoir-faire pour les tournages impliquant des enfants avec le célèbre Les Choristes. Seul bémol, son style faisant débat entre les amoureux de ses peintures d’une France idéalisée et les détracteurs de son esthétique franchouillarde à souhait, presque caricaturale. Sortie une semaine après la version de Yann Samuell, cette Nouvelle Guerre des Boutons propose une relecture différente où le cinéaste capitalise sur ses précédents succès pour une réinterprétation modernisée cherchant à retrouver le parfum de cette France-là. Et la bataille du box office sera un échec ici aussi, le film n’atteignant pas les scores espérés en raison de la stupidité marketing de ces deux projets concurrents frontalement opposé dans une guerre fratricide, une sorte de guerre des boutons où les boutons seraient les spectateurs.

Plus logiquement que Samuell et son contexte de guerre d’Algérie, Barratier situe son récit dans une France plus ancienne et brinquebalante, en mars 1944, sur la fin d’une seconde guerre mondiale tragique alors que le pays est occupé par les nazis et que les milices françaises procèdent à des arrestations, collaborant avec le régime hitlérien et envoyant les juifs en camps pour « nettoyer la France ». C’est sur un ton plus sombre que Barratier conduit son film cherchant à entremêler comédie et drame historique avec au centre de son intrigue, une petite fillette juive cachée pour échapper à la barbarie du régime fascisant. Mais rapidement, l’on se rend vite compte d’une évidence, cette Nouvelle Guerre des Boutons comporte le mot « nouvelle » et Barratier ne semble pas le moins du monde décidé de renouer avec l’esprit et du roman, et du classique d’Yves Robert. Totalement éloigné dans l’esprit, sa réinterprétation n’a presque plus rien à voir avec le film que l’on attendait. Irrespectueuse de l’esprit doux et tendre auquel le vulgaire est préféré, Barratier ne nous propose pas une guerre enfantine malicieuse mais un combat entre petits délinquants où les jurons amusants sont remplacés par des grossièretés stupides, où les petits chenapans sont évacués au profit d’adolescents méchants et caricaturaux. S’il n’y avait pas cette fumeuse et puante reconstitution historique franchouillarde, on se croirait presque dans un combat de citée moderne où l’on s’attendrait à voir un revolver être sorti à chaque altercation. Barratier n’a visiblement rien compris au roman de Louis Pergaud ou alors, a décidé de l’oublier pour en tirer sa vision débilitante. Une vision qui, techniquement, ressemble plus à une bande-annonce qu’à un vrai film construit, enchaînant les séquences sans aucune construction narrative, filmées sans aucun liant et soutenues par une BO insupportable sur-amplifiant chaque situation, chaque plan comme si l’on était trop bête pour se contenter des images. Virant au pur mélo facile épouvantable, Barratier pond ce que le cinéma français a pu faire de pire depuis longtemps tant le film repose sur des intentions pathétiques dans sa recherche de succès calculé mathématiquement, dégageant l’innocente guéguerre enfantine au profit d’un sérieux de comptoir de PMU. Même la beauté de Laetitia Casta ne suffit pas à sauver les meubles, pas plus que les amusantes joutes verbales entre Jean Texier (un bien mauvais Lebrac mais comme tout le casting est mauvais, ça ne se voit guère) et son père campé par Kad Merad. Et que dire du fameux Tigibus, catastrophiquement écrit et dirigé !

Pire que tout………

Cette critique n’a malheureusement pas de fin, ni d’épilogue en raison de l’incapacité de l’auteur de ces lignes à aller au bout du film de Christophe Barratier. Excédé par le navrant spectacle auquel il a assisté pendant quasiment une heure, il a irrésistiblement été attiré par le panneau « exit » de son cinéma, sanctionnant de la pire des sentences cette bien piètre œuvre révoltante, si tant est que l’on puisse employer objectivement le mot « œuvre » face à tant de médiocrité. Yann Samuell gagne donc haut la main cette joute cinématographique entre deux projets similaires et concurrents.

Bande-annonce :

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