KICK ASS 2 de Jeff Wadlow – critique (action)

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21023868_20130801122022746.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre :
note 6.5
Carte d’identité :
Nom : Kick Ass 2
Père : Jeff Wadlow
Livret de famille : Aaron Taylor-Johnson (Dave/Kick Ass), Christopher Mintz-Plasse (Chris/Mother Fucker), Chloë Grace Moretz (Mindy/Hit Girl), Jim Carrey (Colonel Stars & Stripes), John Leguizamo (Javier), Lyndsy Fonseca (Katie), Ben Duke (Marty), Morris Chestnut (Williams), Donald Faison (Dr Gravity), Augustus Prew (Ass Kicker)…
Date de naissance : 2013
Majorité au : 21 août 2013 (en salles)
Nationalité : USA
Taille : 1h40
Poids : 28 millions $

Signes particuliers (+) : Une séquelle toujours fun, toujours geek, toujours irrévérencieuse et toujours efficace. L’univers Kick Ass revit sur grand écran et déborde de folie au rythme des combats et des jurons. Drôle et dramatique, cette suite conjugue assez brillamment teen movie et faux super héros patentés, tout deux parodiés dans un cool moment pop déglingué mettant davantage à l’honneur la géniale Hit Girl.

Signes particuliers (-) : La fraîcheur de l’original a bien sûr disparu en même temps qu’une partie de son audace. Quelques maladresses de montage, d’écriture et de construction globale sacrifiant les personnages secondaires par exemple, mais rien de nature à priver de tout plaisir.

 

KICK ASS, VA DEVOIR PAYER !

Résumé : Les aventures de Kick Ass, Hit Girl et Red Mist ont depuis fait des émules. Tout un tas de faux super héros a fleuri en ville ces trois dernières années. Alors que Hit Girl essaie par obligation de tirer un trait sur ce passé, Dave/Kick Ass, lui, essaie de la convaincre de monter un tandem efficace avec lui. Ils vont devoir tous reprendre du service lorsque Red Mist, devenu « Mother Fucker », menace la ville de sa folie rageuse. Aveuglé par son désir de vengeance après la mort de son mafieux de père tué par Kick Ass 3 ans plus tôt, Chris/Red Mist veut monter un gang de super vilains indestructible…

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L’INTRO :

Ça y est, après trois ans d’attente, les improvisés vrais/faux super héros sont de retour ! Kick Ass, Hit Girl, Red Mist et tous les émules que leurs premières aventures ont créés depuis, réinvestissent l’écran pour une séquelle à la brillante série B fun et rafraîchissante pondue par Matthew Vaughn en 2010 à partir du Comics éponyme créé par Mark Millar. Si le cinéaste parti depuis du côté des X-Men ne rempile pas à la réalisation (il est très occupé à préparer son prochain The Secret Service), il n’en a pas pour autant oublié le film qui l’a propulsé sous les feux des projecteurs. Désormais reconverti producteur, Vaughn cède la main à Jeff Wadlow (Never Back Down, Cry Wolf) qui cumulera les fonctions de scénariste et metteur en scène avec l’aide de Millar toujours aussi impliqué dans le travail de transposition de ses œuvres, alors que devant la caméra, la joyeuse bande originelle, Aaron Taylor-Johnson, Chloe Moretz, Christopher Mintz-Plasse (mais aussi Ben Duke ou la belle Lindsey Fonseca) réendossent leurs costumes respectifs, désormais rejoint par une flopée de seconds couteaux alliés parmi lesquels la star Jim Carrey qui vient faire office de « caution guest », remplaçant un Nicolas Cage qui occupait cette fonction sur le premier.

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Le succès surprise du petit budget qu’était Kick Ass a logiquement motivé la mise en branle rapide d’une suite, d’autant plus justifiée que le premier volet et son ton ultra-geek, s’est quasiment instantanément imposé comme un film culte de la pop culture récente. Un film qui a hissé au rang de star Aaron Taylor-Johnson ou la jeune et douée Chloe Moretz et qui a surtout déclenché bien involontairement une mode addictive, celle des films de « super zéros » ou super-héros fake sans pouvoirs mais passionnés par leur volonté d’incarner dans la réalité ces mythes imaginaires férus de justice. Griff the Invisible, Defendor, Super ou prochainement The Impersonators, ne sont que quelques enfants illégitimes mais largement dignes de leur parent spirituel.

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Classé « R » aux États-Unis, Kick Ass 2 ne compte pas faire dans la dentelle et ambitionne de rester fidèle à son esprit impertinent mélangeant humour ravageur et violence très graphique sans le trahir par volonté de ratisser des bénéfices plus larges, souvent le risque dans ce genre de configuration de production. Une violence qui aura été au centre de la houleuse campagne promo minée de l’intérieur par l’affaire Jim Carrey, l’acteur ayant après coup publiquement descendu le film avec virulence en rapprochant ses dérives excessives  du récent drame de l’école Sandy Hook (énième tuerie dans un établissement scolaire par un déséquilibré). Non pas qu’il jugeait Kick Ass responsable de quoi que ce soit, mais Carrey trouvait ce second opus soudainement, à la lumière des évènements, dérangeant pour sa conscience, refusant du coup d’en assumer publicité. Étonnant car qui a vu le premier sait dans quoi il s’embarque d’avance, mais surtout étonnant de voir un comédien aussi célèbre se rendre coupable de l’éternel amalgame  entre la fiction et la réalité, la violence à la Kick Ass étant très second degré. Cette voix dissonante aura gêné le lancement du film, de là à dire qu’elle a sa part de responsabilité dans son démarrage en demi-teinte aux Etats-Unis ? Possible car le drame de Sandy Hook a traumatisé l’Amérique et Carrey a tiré là sur une corde très sensible, suffisamment solide quand on connaît l’esprit excessif américain, pour ternir fatalement l’image d’un film tout entier. En attendant, après des mois de matraquage marketing à grands coups de photos, affiches déclinées, multiples teaser et trailer, l’heure est à la découverte. Kick Ass 2 va t-il reproduire la recette pleine de fraîcheur du premier opus ou céder aux sirènes de la séquelle fainéante et moins inspirée, comme tant de séquelles de petits bijoux surprises ?

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L’AVIS :

Dire de Kick Ass 2 qu’il est moins frais, moins nouveau, plus attendu, sonne comme une lapalissade. D’une part parce qu’une vague de films post-Kick Ass a déferlé depuis, en s’engouffrant dans la brèche pour exploiter le créneau de la comédie de faux super héros légèrement dramatique, mais surtout parce que Jeff Wadlow n’ambitionne pas de renouveler l’esprit mais de prolonger l’aventure. C’est donc la même recette à l’ingrédient près qui vient régaler dans ce deuxième opus passablement fendard même s’il n’est pas aussi bon et inspiré que son modèle : des pieds nickelés super-héros sincères mais aussi super-branquignoles attendrissants,  un humour toujours férocement drôle avec punchlines irrésistibles de rigueur, un ton toujours aussi délicieusement geek (aaaah ce t-shirt pyjama « I hate reboots » histoire d’envoyer une petite pique aux exécutifs de dans 15 ans qui auront le début de l’idée) et bien sûr, jurons et gerbes de sang à gogo. Séquelle très attendue, Kick Ass 2 n’est pas la claque surprenante qu’on a connu il y a trois ans et cette infime déception a tendance à prendre une importance sentimentalement exagérée. Effet geek. Mais objectivement, on est très loin de l’échec, bien au contraire. Fun, délirant voire passablement timbré, Kick Ass 2 est un nouveau bon moment de pop corn efficace et percutant où l’humour et la dérision n’ont d’égal que la violence des coups de lame d’une Hit Girl une fois de plus virevoltante. Le film épouse assez beaucoup de malice les codes du genre dans son mélange délicatement dosé entre la parodie distanciée et le vrai film de super-héros en se nourrissant de toutes les composantes essentielles du genre, du héros foncièrement bon au super vilain qu’il a lui même involontairement, du personnage habité par des démons intérieurs, tiraillé entre vie normale et accomplissement de son destin, aventure initiatique, à la romance compliqué, de la relation tendue mais aimante avec les parents aux situations inextricables… Autant d’éléments que Wadlow entremêle à un amusant teen movie se moquant avec une grosse dose de second degré pas méchante de l’adolescence d’aujourd’hui. Kick Ass 2 va parfois légèrement trahir le matériau d’origine sur des détails pour le bien du film tout en s’appliquant à lui rester fidèle dans l’âme, reprenant essentiellement le volume 2 des Comics qu’il croise avec celui à part, seulement centré sur la géniale Hit Girl, de loin le meilleur personnage de cette affaire.

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Et finalement, la blague est faite et fonctionne, sans brio certes, avec moins de subtilité certes, mais avec un maximum d’efficacité endiablée. Kick Ass 2 ne tutoie pas les sommets que l’on pouvait fantasmer, multipliant les menues maladresses comme des personnages secondaires finalement sous-exploités (Jim Carrey alias le Colonel Stars & Stripes en tête) ou une écriture qui dans sa globalité est assez linéaire et dans le même temps parfois confuse, manquant surtout d’un peu d’audace et de folie. Techniquement, le film est un tout petit moins bien monté aussi, un détail mais qui abaisse quelque peu le niveau de certaines scènes d’action, mais que d’autres assez fougueuses compensent. Toutefois, sans se renouveler, l’ensemble est plaisant, distrayant, débridé, une sorte de virée récréative « loufdingue » dopée à l’énergie contagieuse qui ne bottera peut-être pas le cul des spectateurs comme elle botte le cul de ses méchants mais qui réserve quelques passages mémorables (la scène de l’entraînement intensif, celle du cercle de jeu chinois ou les incursion d’une Hit Girl dépitée dans le néo monde girly-ado…). Ce serait faire la fine bouche de ne pas voir dans cette séquelle un bon plaisir détendu aléatoirement jubilatoire mais franchement appréciable. On se doutait bien que l’on serait un cran en-dessous du premier mais Kick Ass 2 n’a pas à rougir de quoi ce soit et livre un produit très honorable, tour à tour drôle, déjanté, cruel, dramatique (à l’instar d’un Defendor, on comprend rapidement qu’au final, tout ce beau est monde est réellement et tragiquement fou même si le geek-ement fun prend le pas sur cette réflexion). Bref, une bonne suite réjouissante replongeant dans cet univers à mi-chemin entre le ridicule et l’héroïque, que l’on apprécie sans réserve. Ah, et sinon, restez bien jusqu’à la fin du générique !

Bande-annonce :

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