INSIDIOUS 2 de James Wan
Critique – sortie DVD (épouvante)

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Capture d’écran 2013-10-04 à 08.09.54Mondo-mètre :
note 6
Carte d’identité :
Nom : Insidious, Chapter 2
Père : James Wan
Livret de famille : Patrick Wilson (Josh), Rose Byrne (Renai), Barbara Hershey (Lorraine), Leigh Whannell (Specks), Angus Sampson (Tucker), Lin Shaye (Elise), Ty Simpkins (Dalton), Steve Coulter (Carl)…
Date de naissance : 2013
Majorité au : 02/10/2013 (en salles) / 5 février 2014 (en vidéo)
Nationalité : USA
Taille : 1h45
Poids : 5 millions $

Signes particuliers (+) : Parce que c’est James Wan et qu’il a suffisamment de talent pour emballer efficacement ses scènes d’épouvante, cette suite un peu moins inspirée et inventive formellement, réussit quand même à faire son effet en jouant avec notre trouillomètre par quelques moments de frayeur tendus, mais surtout grâce à un scénario redoutablement cohérent et intelligent dans sa façon se s’imbriquer au premier en explorant d’autres voies narratives.

Signes particuliers (-) : Plus paresseux, Insidious 2 pâtit d’un effet « post-Conjuring » en ce sens que les deux films partagent un style très (trop) proche amenant à une impression de redite réchauffée rapidement au micro-onde. Enfilant les effets de jump-scare sur-abondants dans un film au rythme pas toujours bien géré, on se retrouve avec une sorte de copier-coller recyclant les restes de son modèle et de Conjuring sans réel brio autre que son excellent scénario.

 

L’ADIEU AUX LARMES DE JAMES WAN

Résumé : Les esprits n’en ont pas terminé avec la famille Lambert qui n’est pas prête de voir le bout du tunnel dans leur démêlés avec les morts…

Insidious 2 trailer  (Screengrab)
L’INTRO :

Avant d’annoncer qu’il quittait le cinéma de genre pour s’en aller vivre de nouvelles expériences, déclaration qui attrista bien des fans comme nous accrocs à son génie horrifique, James Wan aura mis les bouchées doubles pour signer une année 2013 prolifique. D’abord, la claque Conjuring, résurrection géniale d’un certain cinéma d’épouvante old school, et dans la foulée, puisqu’il sort sur les écrans alors que le premier est encore à l’affiche, la suite de son excellent Insidious (2010), sobrement baptisé Insidious : Chapitre 2. On prend les mêmes et on recommence pour une nouvelle virée cauchemardesque dans le monde des esprits mal intentionnés tourmentant une petite famille décidément condamnée à ne jamais trouver la paix. Toute la clique en charge du premier volet rempile, ce qui nous permettait d’espérer voir Insidious : Chapitre 2 s’inscrire dans la même veine que son prédécesseur. James Wan à la réal, son fidèle comparse Leigh Whannell au scénario, toujours ce diablotin d’Oren Peli (le créateur de la saga Paranormal Activity) à la production, associé au spécialiste Jason Blum (producteur des derniers hits du genre, Paranormal Activity, Sinister, The Purge, The Bay, Dark Skies…). Devant la caméra, le couple Rose Byrne et Patrick Wilson, logique puisque cette sequel s’inscrit dans la continuité du premier, reprenant pile poil là où il s’en s’était arrêté.

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L’AVIS :

On aurait aimé voir James Wan asséner deux claques en l’espace de deux mois. C’eut été si fort ! Malheureusement, force est constater qu’Insidious 2 n’est pas du même acabit que son prédécesseur, ni que Conjuring d’ailleurs. Ou disons plutôt qu’il n’a pas la même fraîcheur. C’est surtout le film le plus paresseux du bonhomme, que l’on a connu autrement plus inspiré par le passé. A signer coup sur coup deux films aux thématiques similaires, Wan prenait un risque énorme de s’auto-plagier consciemment ou inconsciemment. C’est ce qui se passe avec une suite plus poussive, dont les coutures apparentes sont apposées à dos d’une mécanique rigide qui se contente de dérouler un canevas balisé de jump-scare mathématiquement placés au point d’en être trop prévisibles. Insidious 2 laisse une étrange impression d’avoir été tourné à la va-vite, amenant à une petite désillusion. Non pas que l’on se retrouve face à une purge embarrassante entachant une carrière jusqu’ici couronnée de succès, mais l’on attendait peut-être à monts et merveilles avec ce second chapitre en caressant le doux espoir de voir le surdoué faire encore mieux que le must qu’était Conjuring.

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Mais attention, l’échec n’est pas total, loin de là. Oui, Insidious 2 fiche par à-coups la pétoche. Oui, il nous pousse à des bonds spectaculaires sur notre fauteuil, et oui, par moments il glace le sang au détour de séquences horrifiques efficaces et savamment imaginées. Parce que c’est James Wan et que même un James Wan mineur reste tout de même au-dessus de la moyenne de la production du genre actuelle. Mais le résultat paraît insuffisant en regard de ses capacités reconnues et c’en est d’autant plus rageant que le script pondu à quatre mains est pourtant redoutablement inventif et d’une cohérence magistrale dans l’univers du dytique qui appellera sans doute à d’autres opus vu ses performances commerciales. On pourrait même aller jusqu’à dire qu’il surclasse son prédécesseur question écriture, auquel il s’enracine à la force d’une imagination scénaristique débordante lui offrant la possibilité de s’ouvrir vers d’autres voies thématiques foutrement intéressantes. Plus qu’une suite mercantile, Insidious 2 semblerait presque appartenir au même film, comme s’il avait été volontairement pensé en deux parties dès le départ. Une telle maîtrise narrative aura rarement été vue dans une sequel et le désormais diptyque comble d’intelligence dans son ensemble.

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On en vient du coup à se demander comment l’affaire peut-elle ainsi laisser autant de regrets. Ce second volet peine à élaborer une ambiance de terreur étreignante soutenant son intéressante structure et c’est davantage au niveau formel qu’il faut aller en chercher l’explication. Plus attendu, plus facile aussi, pistant à la trace ses scènes de terreur bien disséminées, cette sequel manque un peu d’âme, d’originalité formelle et ne parvient que sporadiquement à se transcender en série B géniale reproduisant les qualités entraperçues dans son modèle. En grande partie parce que Conjuring est passé par-là quelques mois auparavant. Un opportunisme de calendrier qui lui coupe les pattes tant on éprouve parfois la sensation de voir le génie piocher dans le chutier des scènes non-retenues de ce dernier afin de monter une expédition mercenaire. Une accusation à coup sûr sans fondement puisque le projet ne datait d’hier et avait été pensé parallèlement à Conjuring mais toujours est-il que ce nouvel opus semble croiser les deux œuvres de sorte à en tirer quelque chose de suffisamment solide pour devenir un baroud d’honneur tirant sur la corde. Insidious 2 s’égare lentement à suivre un postulat sucé jusqu’à la moelle malgré son concept brillant l’empêchant heureusement de trop tourner en rond. Seules éclaircis dans la brume, les séquences de flippe qui pimentent une affaire un brin ampoulée, fonctionnant comme des alarmes de réveil dans la monotonie d’un ensemble qui se traîne en longueur, alourdi par un peu de gras.

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Venant d’un autre, à coup sûr, on n’aurait été mois regardant avec un résultat somme toute louable et qui se défend bien mieux que nombre de ses concurrents. Mais connaissant le talent dingue de son auteur, difficile de porter aux nues ce nouvel effort qui s’ancre dans un sentiment de travail un brin expédié non sans une pointe de cynisme dans la démarche prenant le spectateur pour des gloutons en lui servant un plat réchauffé. Probablement que Conjuring et Insidious 2 évoluaient de fait sur des registres trop proches pour se permettre une exposition aussi rapprochée sans laisser un sentiment de redite.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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