HÉROÏNES de Gérard Krawczyk : la critique du film (Sortie DVD/Blu-ray]

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heroinesMondo-mètre
note 6.5 -10
Carte d’identité :
Nom : Héroïnes
Père : Gérard Krawczyk
Date de naissance : 1997
Majorité : 10 juin 2015
Type : Sortie DVD/Blu-ray
(Editeur : Gaumont Vidéo)
Nationalité : Français
Taille : 1h51 / Poids : Budget NC
Genre : Drame, Musical

Livret de famille : Virginie Ledoyen (Johanna), Maïdi Roth (Jeanne), Marie Laforêt (Sylvie), Saïd Taghmaou (JP), Marc Duret (Luc), Charlotte De Turckheim (Catherine), Dominique Gould (Jasper), Edouard Baer (Francis), Serge Reggiani (Montgolfier)…

Signes particuliers : Avec Héroïnes, c’est un drame musical méconnu et mésestimé des années 90 et pourtant formidable, que ressort Gaumont en Blu-ray. A (re)découvrir !

ELLES RÊVAIENT DE GLOIRE…

LA CRITIQUE

Résumé : Jeanne et Johanna, deux amies, font partie d’un orchestre qui écume la région de Decazeville, d’élections de miss en bal divers. Jeanne est introvertie et romantique, tandis que Johanna est extravertie et sensuelle. Lors d’un concours à Toulouse, grâce à une manipulation de l’ingénieur du son, elles vont être propulsées vers le succès. Johanna chante sur scène en play-back sur la voix de Jeanne. Les concerts se succèdent et le succès mal partagé entre les deux amis va leur apprendre qu’il existe une chose qui n’a pas de prix : leur amitié.heroines-1997-05-gL’INTRO :

Descendu en flèche à sa sortie en 1997 et jouissant depuis d’une réputation peu flatteuse, Héroïnes était le troisième long-métrage du cinéaste Gérard Krawczyk, réalisateur de nanars dont les suites de la série des Taxi. Librement inspiré d’un roman de Didier Daeninckx, le film s’attache à l’histoire de deux amies, Jeanne et Johanna (respectivement Maïdi Roth et Virginie Ledoyen) qui ne rêvent que d’une carrière dans la chanson pour sortir du trou dans lequel elles habitent. Un concours télévisé va être leur porte de sortie, à plus forte raison quand il sera remporté. Mais le début de cette nouvelle vie pleine d’espoirs aux allures de Demoiselles de Rochefort va vite se transformer en tragédie personnelle quand le simulacre qu’elles ont mis en place par la force des choses, va devenir instable et ébranler leur amitié solide. Ce que le public ne sait pas du succès de Johanna, l’extravertie et sensuelle chanteuse, c’est que derrière elle, c’est le micro de Jeanne qui est ouvert. Johanna n’écrit pas, ne chante pas, elle est un visage sexy. Le show must go on mais il ne va progressivement qu’abîmer ce qui était pur.heroines-1997-02-g

L’AVIS :

Injustement lapidé à sa sortie, Héroïnes est pourtant un excellent drame méconnu et surtout mésestimé. Des clichés, certes il y en a beaucoup dans cette histoire pétrie dans la naïveté, des lourdeurs, certes il y en a également dans son discours appuyé et un brin caricatural. Mais pourtant, on ne peut s’empêcher de se prendre d’affection pour ce récit mélodramatique posant un regard terriblement acerbe sur l’industrie du spectacle, miroir aux apparences trompeuses, et machine dévoreuse d’innocence et de pureté. La trajectoire de ces deux amies d’enfance est emblématique d’un système ici diabolisé non sans une forme de caricature pertinente. A cela s’ajoutent une bande originale formidable et grisante composée par Maïdi Roth et une excellente prestation des deux comédiennes, surtout d’une fabuleuse Virginie Ledoyen dans un rôle fort (un peu moins de Maïdi Roth dont ce n’est clairement pas le métier). Héroïnes est loin d’être parfait, mais il mérite sans doute bien mieux que le sort qui lui a été réservé avec un accueil glacial.heroines

LE DVD & LES SUPPLÉMENTS

Les suppléments ne sont pas légion sur la galette éditée par Gaumont vidéo, dont on ne manquera pas de saluer la démarche d’avoir donner une chance en Blu-ray à un film oublié par beaucoup. Néanmoins, l’éditeur a fait l’effort d’aller à la rencontre du cinéaste Gérard Krawczyk pour qu’il se fende d’une petite présentation introductive (même si la plupart la verra sans doute après le film). Sur une dizaine de minutes, le réalisateur revient sur l’expérience Héroïnes, projet qu’il raconte avoir été très particulier dès le départ. Krawczyk revient notamment sur la genèse du film, notamment motivé par le souhait d’aborder la thématique dominante de l’apparence dans le monde du spectacle, né d’une combinaison de plusieurs facteurs. D’abord, le scandale de l’affaire Milli Vanilli, ce groupe dont les chanteurs avaient confessé à l’époque ne jamais avoir entonné un seul refrain, leur beau physique ayant été utilisé pour être superposé sur la voix d’autres. Second facteur, Krawczyk était alors un prolifique réalisateur de publicités, domaine emblématique de la « tricherie » par l’image. Succinctement, il évoque ensuite sa situation professionnelle compliquée de l’époque, le casting avec le choix de l’attribution des rôles entre Ledoyen et Roth, la ville de Decazeville d’où viennent les filles et la paradoxale universalité qu’elle apporte, ou encore le triste l’échec du film en salles.

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