GOAL OF THE DEAD de Benjamin Rocher et Thierry Poiraud
Critique – Sortie DVD/blu-ray

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note 6 -10
Carte d’identité :
Nom : Goal of the Dead
Père : Benjamin Rocher et Thierry Poiraud
Date de naissance : 2013
Majorité : 27/02/14 (en salles) – 11/06/2014 (en vidéo)
Nationalité : France
Taille : 2 x 1h10
Poids : 4,4M€

Livret de famille : Alban Lenoir (Lorit), Charlie Bruneau (Solène), Ahmed Sylla (Idriss), Patrick Ligardes (Coubert), Bruno Salomone (l’agent), Tiphaine Daviot (Cléo), Alexandre Philip (Pitt), Vincent Debost (Nounours)…

Signes particuliers : Du foot, des zombies, du fun, une comédie gorifique… Le tandem Benjamin Rocher/Thierry Poiraud sait nous parler ! Goal of the Dead est une réussite, certes imparfaite, mais sacrément fendarde.

 

ZOMBIE SOCCER !

LA CRITIQUE

Résumé : Pour l’Olympique de Paris, aller disputer ce match amical à Capelongue aurait dû être une simple corvée de fin de saison. Personne n’aurait pu anticiper qu’une infection très semblable à la rage allait se propager, et transformer les habitants du petit village en créatures ultra-violentes et hautement contagieuses. Pour Samuel – l’ancienne gloire près de la retraite, Idriss-le prodige arrogant, Coubert – l’entraîneur dépressif, ou Solène – la journaliste ambitieuse, c’est l’heure de l’affrontement le plus important de leur vie.459604.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx L’INTRO :

Du football, des zombies, un terrain, deux mi-temps et l’apocalypse dans un petit village du trou du cul du monde… En voilà un pitch excitant ! Le sport le plus populaire au monde avait déjà eu affaire à quelques croisements loufoques dont on retiendra surtout le Shaolin Soccer de l’ami Stephen Chow, qui mélangeait dans un délire déjanté, foot et kung fu. Mais cette fois-ci, la folie-furieuse ne vient pas d’Asie ou du monde anglo-saxon lui aussi très coutumier du registre, mais bel et bien de chez nous, où le cinéma de genre essaie de survivre tant bien que mal, malgré ses difficultés de distribution et de considération critique et public. Réalisé par Benjamin Rocher (déjà responsable du barré La Horde) et Thierry Poiraud (Atomik Circus), Goal of the Dead est une bisserie horrifico-comique assumée et ubuesque qui prend la direction d’une petite ville bouseuse de la France reculée, genre le fin fond du grand ch’nord pluvieux et limite redneck. Tourné en deux films d’environ une heure chacun et se vivant comme un joyeux double-programme grindhouse à l’ancienne, façon films de drive in américain des années 70, ce diptyque aux allures de pari nanardeux délirant est une curiosité gorifique financée avec l’aide d’internautes enthousiasmés par ce projet foutrement original.447885.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’AVIS :

Goal of the Dead met aux prises l’équipe fictive de l’Olympique de Paris (comme ça pas de jaloux, c’est l’OM et le PSG à la fois, Lyon éventuellement pour ceux qui veulent) et une petite formation locale, dans le cadre d’un match de Coupe de France. Sauf que les uns se la jouent stars prétentieuses et hautaines débarquant au pays de nulle part, pendant que les autres, revanchards et peu accueillant, aiguisent leur couteau entre les dents. Un virus, un infecté et des supporters contaminés plus tard, c’est le bordel le plus total dans la peu envieuse petite commune de Capelongue transformée en zone de guerre ouverte entre zombies rageux et survivants traqués ! On aurait pu prendre le projet Goal of the Dead comme deux films distincts à chroniquer séparément mais ce serait oublier que l’entreprise forme un tout difficilement dissociable. Alors autant parler des deux films comme un, ce qu’ils sont au demeurant, de toute manière.456792.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Folie passablement dingue et récréative, Goal of the Dead est une loufoquerie jubilatoire, un vrai de film de zombies dans l’âme tourné par des fans connaisseurs de leur sujet, avec toutes les figures incontournables du genre, tous les clichés inévitablement attendus (et espérés) pour en faire un film savoureusement abandonné à son registre avec passion et maîtrise. Fun, rempli d’une bêtise salvatrice et surtout bâti sur les fondations d’une grosse plaisanterie régressive, Goal of the Dead est un petit bonheur simple et humble, s’amusant  à égratigner au passage le monde du foot sans pour autant tomber dans le vindicatif dénonciateur ambitionnant de critiquer quoique ce soit. Le film n’a pas cette prétention là, il cherche juste à régaler les amateurs de bisseries zombiesques et à divertir avec une haute d’humour lorgnant du côté de la mode des Shaun of the Dead et consorts, mais estampillé bien de chez nous.461792.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Soigné, ambitieux, bourré d’idées et de trouvailles, Goal of the Dead ne trahit (presque) jamais son petit budget et se présente comme une fresque débridée. Si la première partie pourra sembler un poil longue aux plus impatients attendant avec empressement le spectacle gore promis qui n’arrive que tardivement, elle a le mérite de prendre son temps pour poser ses personnages, son contexte, faire monter la sauce, le tout en multipliant l’humour et les points de vue. C’est Benjamin Rocher qui se colle à cette tâche ingrate, lui qui est pourtant le plus spécialiste des zombies du duo. Poiraud prend le relai à la « pause » et attaque pied au plancher la bataille rangée dans les rues de Capelongue, livrant un morceau de bravoure hautement divertissant, même si l’on aurait peut-être aimé en voir davantage sur le terrain avant que le conflit ne s’extériorise au-delà des enceintes du stade. Car finalement, Goal of the Dead n’exploite pas tant que ça son concept « foot & zombies » sur la pelouse verte, là où on aurait  pourtant bien vu matière à pelletée de délires et de gags possibles dans un match d’un nouveau genre. La raison est un script pas forcément bien formulé et pensé, passant à côté de plusieurs ressorts narratifs qu’il aurait gagné à prendre à bras le corps. Témoin de cet accroc, la pandémie expédiée en deux trois coups de cuillère à pot au lieu d’abattre la carte de l’affrontement sur le terrain, ballon au pied, entre enragés et joueurs avant que le public chauffé à blanc ne vire à son tour.468511.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Mais bon, la marrade reste quand même agréable avec cet OFNI jouissif qui prouve bien qu’en France, le genre n’est pas mort, loin de là. Il a encore un peu de culot dans le pantalon, à l’image de l’originale distribution du film, pensé comme des séances exceptionnelles en lieu et place d’une exploitation classique avec date de sortie et tout le toutim. Luminor Films, les distributeurs de l’affaire, ont préféré tabler sur quelques dates-évènements à Paris puis dans le reste de la France, histoire de faire monter le buzz en vue de la sortie vidéo, véritable terrain de bataille qui déterminera si le film est un succès. Audacieux.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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