COCKNEYS vs ZOMBIES (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Cockneys vs Zombies
Père : Matthias Hoene
Livret de famille : Georgia King (Emma), Michelle Ryan (Katy), Harry Treadaway (Andy), Alan Ford (Ray), Rasmus Hardiker (Terry), Dudley Sutton (Eric), Honor Blackman (Peggy), Richard Briers (Hamish)…
Date de naissance : 2012
Nationalité : Angleterre
Taille/Poids : 1h28 – 2,25 millions £

Signes particuliers (+) : Drôle et gore, le cocktail gagnant d’une petite comédie zombie jubilatoire bourrée de gags inspirés et de séquences horrifiques déjà cultes.

Signes particuliers (-) : x

 

DES MORTS CONTRE DES BIENTÔT MORTS

Résumé : Deux frères un peu loosers organisent un braquage de banque pour pouvoir sauver la maison de retraite de leur grand-père menacée de fermeture. Mais une fois le larcin accompli, ils découvrent que pendant ce temps-là, Londres a été envahie par des zombies…

Cockneys vs Zombies est la petite réjouissance de cette fin d’année pour tous les amateurs de films d’horreur et plus particulièrement de bons gros films de zombies funs et sanglants. Le grand temps fort de 2012 en la matière aura été incontestablement le cubain Juan of the Dead, version locale du britannique culte Shaun of the Dead, film instigateur de cette néo-mode des « comico-horrifiques movies of the living Dead » où l’on se marre tout en ayant affaire à de vrais zombies ragoûtants, dans un vrai film d’horreur qui tâche, animé par de vrais effets gores soutenus par un humour ravageur souvent noir et grinçant.


Le film d’horreur comique n’a rien de nouveau (Evil Dead, Braindead, Killer Klowns ou plus soft, Gremlins…) mais impossible de ne pas voir dans la production accrue de ces temps-ci, l’ombre de Shaun of the Dead et de son humour « so british » dont le succès planétaire l’a imposé comme l’instigateur d’un phénomène planétaire. L’énorme Zombieland ou les piteux Zombies Strippers et Zombies of Mass Destruction chez les ricains, Dead Sno du côté des nordiques, Paris by Night of the Living Dead chez nous (on est petits joueurs, c’est un court et c’est mauvais), Fido au Canada, le précité Juan de los Muertos du côté de La Havane, la comédie zombie est presque devenue un sous-genre en soi et les prolifiques anglais avec leur humour noir délicieux se sont logiquement fait maîtres du registre et par extension de la comédie horrifique moderne tout court dont Lesbian Vampire Killer, Severance, Bienvenu au Cottage ou Attack the Block sont quelques exemples parlants.


Après Black Sheep ou encore Doghouse, voici donc Cockneys vs Zombies, délire jubilatoire signé Matthias Hoene dont c’est le premier long-métrage de cinéma après le DTV Beyond the Rave en 2008. Une épidémie de zombies dans une ville et suivre une poignée de survivants qui essaient de trouver une échappatoire, ça n’a rien de franchement neuf, bien au contraire. D’autant que Cockneys vs Zombies suit de très près son grand frère Shaun of the Dead. Dans ces cas-là, l’innovation et l’inspiration viendront par des détails originaux ou par la propension à trouver un cadre ou un contexte qui fera la différence (des zombies au beau milieu de la deuxième guerre mondiale, de la guerre de sécession, dans la campagne profonde anglaise ou en pleine Afrique noire…). Le jeune cinéaste opte, pour situer sa classique intrigue d’irruption de morts-vivants, pour le pauvre et ouvrier Est londonien, du côté des Cockneys avec leur accent imbitable (une ambiance qui nous rappelle vaguement au passage l’excellente série Misfits -britannique elle aussi – et dont l’une de ses héroïnes, Kelly, était une ambassadrice née de l’accent cockney).

Un cadre, une intrigue bateau qui fera l’affaire et c’est parti pour une bonne heure et demi de franche rigolade sur fond de double éclatage de zomblards en règle à grands coups de fusils à pompe, d’assaut, de flingues, de sabre ou de sécateur électrique, d’un côté par un petit groupe de jeunes drôlement constitué et de l’autre… par les papis et les mamies pensionnaires d’une maison de retraite sur le point de fermer et qu’ils ne veulent pas quitter ! Oui, la voilà la bonne idée surprise de Cockneys vs Zombies, mettre aux prises zombies et membres du troisième âge dans une guérilla épique !

Matthias Hoene et ses scénaristes se sont surpassés pour être à la fois respectueux des codes du genre (un festival de bon gros gore qui tâche avec effets sanglants à foison) et à la fois de vrais pourfendeurs de la dérision fatale aux zygomatiques. Cockneys vs Zombies multiplie les gags hilarants et les clins d’œil parodiques à pleurer de rire au détour d’une avalanche de scènes quasi-instantanément cultes : la poursuite entre un vieux en déambulateur et un mort-vivant qui vont grosso merdo à la même vitesse, les zombies supporters de Millwall et de West Ham, deux clubs de foot londoniens ennemis « à la vie à la mort » qui du coup, même morts, se tapent sur la gueule quand ils se croisent, les grands-pères et mères qui se prennent pour des avatars de Rambo quand ils sont armés de pétoires tailles xxl…).

Cockneys vs Zombies est la deuxième excellente surprise de l’année question film de zombies efficace… et drôle. 2012 nous aura gratifié de deux comédies horrifiques réussies et même si Juan of the Dead garde la tête de la course pour l’intelligence de son discours, le film de Mathias Hoene n’a pas à rougir à côté de lui. Tout le style british est là dans cette petite péloche divertissante : un humour qui régale, une bonne histoire d’épidémie de morts-vivants poussant la ville au bord du chaos, un visuel jamais cheap, des scènes homériques et des personnages qui savent se rendre attachants. Cockneys vs Zombies, le voir c’est l’aimer.

Bande-annonce :

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