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UNDERCOVER – UNE HISTOIRE VRAIE de Yann Demange : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : White Boy Rick
Père : Yann Demange
Date de naissance : 2018
Majorité : 02 janvier 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h51 / Poids : NC
Genre : Biopic, Drame, Thriller

Livret de famille : Matthew McConaughey, Richie Merritt, Bel Powley, Jennifer Jason Leigh, Rory Cochrane…

Signes particuliers : Intéressant dans les intentions mais imparfait dans l’exécution.

L’HISTOIRE DU PLUS JEUNE INDIC DE L’HISTOIRE DU FBI

LA CRITIQUE DE UNDERCOVER

Synopsis : À Détroit, dans les années 80, au plus fort de la guerre contre l’épidémie de crack, voici l’histoire vraie d’un père d’origine modeste, Richard Wershe, et de son fils, Rick Jr., un adolescent qui fut informateur pour le compte du FBI, avant de devenir lui-même trafiquant de drogue, et qui, abandonné par ceux qui l’avaient utilisé, fut condamné à finir ses jours en prison.

Yann Demange a pris son temps avant de faire son retour derrière les caméras. Quatre ans après l’excellent ’71 qui l’a révélé et passé un précédent projet qui ne s’est finalement pas fait, le cinéaste franco-anglais revient avec Undercover, un drame policier basé sur l’incroyable histoire vraie de Richard Wershe Jr., fils d’un petit vendeur d’armes devenu trafiquant de drogue puis informateur pour le FBI à seulement 14 ans ! A l’écran, le jeune Richie Merritt (acteur non-professionnel dont c’est le premier rôle) incarne l’adolescent, faisant face à un Matthew McConaughey qui campe son paternel un peu bouseux ascendant redneck sur les bords.

Pour Yann Demange, l’heure était à la confirmation d’un talent brut entrevu il y a quatre ans et qui ne demandait que le bon sujet pour refaire parler de lui. Et Undercover était justement un terreau fertile. Au lieu de prendre le chemin de l’énième épopée criminelle, c’est sur le thème de la famille qu’a mis l’accent le cinéaste, conférant à son film un accent plus intimiste et dramatique qui balaie l’habituel sensationnalisme facile d’un genre si balisé. Plus qu’un récit d’ascension et de chute, Undercover parle d’un fils qui en a marre de la pauvreté, de son milieu marginal et de sa situation miséreuse. Undercover parle aussi d’un père raté qui rêve d’un autre avenir pour ses enfants. Enfin, Undercover parle des laissés-pour-compte qui contemplent les reflets d’un rêve américain inatteignable. Passionnant sur le fond, le film de Yann Demange est gorgé de sujets mis en valeur par un regard qui ne cherche pas le spectaculaire haletant mais la profondeur résonnante. Demange a su cerner la richesse nichée derrière l’histoire de Richard Wershe Jr, ce qu’elle racontait à la fois de l’Amérique d’hier mais surtout de celle d’aujourd’hui. Car l’autre force d’Undercover, c’est sa capacité à se servir d’une histoire plantée au milieu des années 80 pour évoquer quelque chose de très contemporain sur cette Amérique à double-vitesse, où les pauvres végètent dans leur pauvreté et sont voués à y rester. Voir l’histoire prendre place dans la ville socialement et économiquement sinistrée de Détroit est d’autant plus symbolique de l’argument. Davantage drame familial que polar criminel, Undercover magnifique l’amour filial dans une aventure tragique sur fond de discours sociétal, et c’est ce cœur du film qui dirige le projet, plus que tout autre chose. À l’écran, un gigantesque Matthew McConaughey dévoreur d’écran (et encore une fois grimé, méfiance au syndrome Johnny Depp) oppose la sagesse de son jeu à la spontanéité du convaincant Richie Merritt, et l’on sent une formidable osmose entre ces deux générations, ces deux extrêmes entre l’expérience et la fraîcheur du novice.

Néanmoins, curieux de voir Undercover à la peine dès qu’il s’agit de transporter, et ce malgré ses innombrables qualités. En cause, de soucis de rythme, quelques ficelles mal tressées, des coutures un peu trop apparentes, quelques angles du scénario insuffisamment peaufinés et surtout un manque d’émotion brute. Undercover est tellement centré sur ses thématiques de fond, qu’il en oublie parfois d’aller chercher l’émotion directe, le viscéral de l’instant, la douleur basique et charnelle de sa tragédie. En clair, Undercover déploie un bon sujet et s’y attache avec passion et intelligence, mais sur un plan purement narratif, il ne raconte pas toujours très bien son histoire.


BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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