THE STRANGE ONES de Christopher Radcliff & Lauren Wolkstein : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : The Strange Ones
Père : C. Radcliff, L. Wolkstein
Date de naissance : 2017
Majorité : 11 juillet 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h21 / Poids : NC
Genre
: Drame

Livret de famille : Alex Pettyfer, James Freedson-Jackson, Emily Althaus…

Signes particuliers : Ennuyeux.

UN ROAD-TRIP MALSAIN

LA CRITIQUE DE THE STRANGE ONES

Résumé : A bord de leur voiture, Sam et Nick sillonnent les routes de campagne américaine. Pour certains qu’ils croisent, ils sont deux frères partis camper, pour d’autres, des fugitifs. Durant ce road-trip, de mystérieux événements surviennent, faisant peu à peu éclater la vérité au grand jour…

Il y a quelques années, le duo Christopher Radcliff & Lauren Wolkstein se faisait remarquer avec le court-métrage Deux Inconnus, couronné de nombreux prix dans plusieurs festivals à travers le monde. Deux Inconnus s’attachait au parcours d’un homme et d’un adolescent voyageant vers une destination inconnue. En surface, tout semble normal mais les apparences sont souvent trompeuses. Six ans plus tard, le tandem a emmagasiné de l’expérience en signant une multitude de courts. Le temps est donc venu de s’atteler à un premier long-métrage et pour ce faire, Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein vont revenir à Deux Inconnus, transformant leur court-métrage en long-métrage. Ainsi est né The Strange Ones, récemment présenté au Champs-Elysées Film Festival, emmené par Alex Pettyfer (Magic Mike, Numéro 4), la star du film aux côtés du jeune James Freedson-Jackson (l’un des gamins du Cop Car avec Kevin Bacon).

The Strange Ones ou l’expérience d’un film à bien des égards troublant et énigmatique. Précisément, c’est exactement la carte qu’ont voulu jouer ses deux auteurs, désireux de s’inspirer de ces faits divers sordides que l’on lit parfois dans les journaux ou sur internet, sans avoir toutes les subtilités pour comprendre précisément quelle est l’exacte part de vérité derrière les phrases chocs balancées pour vendre du papier ou faire du click. Parce que rien n’est vraiment tout blanc ou tout noir dans la vie, y compris dans ces affaires glauques à souhait, Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein ont choisi de dérouler un récit qui commence en laissant planer un espèce de mystère malaisant. Dès les premières images, on sent que quelque-chose flotte derrière l’histoire, on sent qu’une ambiguïté sourde se cache dans un recoin que l’on ne perçoit pas encore. On sent que ce duo de personnages lancés dans un road-trip n’est pas ce qu’il semble paraître, on sent surtout qu’une composante importante nous échappe. Et tout le principe de ce languissant The Strange Ones va être d’attendre de comprendre, d’y voir plus clair, de s’accrocher pour percer un secret évident mais jamais imposé, plutôt transpirant en latence dans les pores d’une atmosphère étrange. Bâti sur le principe d’une narration déstructurée et elliptique avec des flashbacks partiels réguliers, The Strange Ones va nous faire mariner dans le doute tout au long de sa balade bucolique qui se voudrait fascinante, onirique et dérangeante. Dérangeant, c’est justement sa destination finale, quand il se décidera à dévoiler des contours que l’on soupçonnait sans en avoir la certitude. Ce sera d’ailleurs l’une des particularités du film, jamais il ne donnera de certitudes et entretiendra le doute jusqu’au-bout afin de laisser le choix au spectateur de se faire sa propre idée de l’histoire. Un joli coup narratif qui sera à la fois un pari intéressant et courageux, mais aussi la douloureuse épine dans le pied d’une œuvre trop maladroite.

Quelle relation entretiennent vraiment ces deux personnages qui se présentent comme des frères ? C’est tout l’enjeu de The Strange Ones derrière son troublant voile cryptique et érotisant. En se confrontant à un sujet très délicat distillé en filigrane, le film vient marcher sur des œufs et si finalement le choix du semi-mystère est audacieux, il a une limite, celle de l’empêcher de pénétrer en profondeur dans sa thématique et ainsi de prendre parti. Compte tenu de l’extrême sensibilité de ce à quoi il touche, le troublant devient alors limite gênant car The Strange Ones ne justifie rien et baigne dans un dérangeant qui vire dangereusement au glauque. Le fait d’emballer de très belles images dans un style naturaliste à la Terrence Malick ne s’imposera pas comme une excuse artistique et avant de nous laisser sur l’incommodante frustration d’un scénario trop mal approfondi, The Strange Ones nous aura fait passer par un interminable parcours souvent très ennuyeux sur la forme.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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