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THE DEAD DON’T DIE de Jim Jarmusch : la critique du film [Cannes 2019]

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : The Dead don’t die
Père : Jim Jarmusch
Date de naissance : 2018
Majorité : 14 mai 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h43 / Poids : NC
Genre : Comédie, Horreur

Livret de famille : Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Danny Glover, Steve Buscemi, Chloë Sevigny, Caleb Landry Jones, Roisie Perez, Iggy Pop, Tom Waits, Selena Gomez, RZA, Sara Driver…

Signes particuliers : Une comédie zombie signée d’un Jarmusch en méforme.

JARMUSCH ENNUIE AVEC SES ZOMBIES

LA CRITIQUE DE THE DEAD D’ON’T DIE

Synopsis : Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville : THE DEAD DON’T DIE – les morts sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux vivants pour s’en nourrir. La bataille pour la survie commence pour les habitants de la ville. 

Après les vampires dans le crépusculaire Only Lovers Left Alive, Jim Jarmusch reste dans le cinéma de genre et s’intéresse cette fois aux zombies avec la comédie horrifique The Dead Don’t Die, fraîchement présentée en ouverture du festival de Cannes. Et si la compétition officielle s’annonçait très alléchante, autant dire que Jarmusch a su jeter le premier coup de froid de cette 72eme édition avec un nouveau long-métrage dont l’ampleur du casting n’a d’égale que la déception que procure ce retour du poète américain. Derrière ses habitués Bill Murray, Adam Driver ou encore Tilda Swinton, Jarmusch s’amuse d’une invasion zombie dans une petite bourgade américain, rassemblement causée par un dérèglement dû au fait que l’axe de rotation de la Terre vient brusquement de changer.

La force du cinéma de Jarmusch a toujours résidé dans sa singularité poétique qui anime généralement les univers iconoclastes de l’auteur. Mais avec The Dead Don’t Die, la puissance du cinéma jarmuschien s’éteint soudainement comme une étoile en perdition. Le metteur en scène apparaît pour la première fois comme une illustre icône passée de mode, pas loin de l’auteur post-moderne qui n’a plus rien à dire. En plus d’être proche du soporifique alors que son scénario tourne en rond sur lui-même à défaut d’inspiration comme carburant, le film surprend surtout par sa ringardise étonnante, comme si Jarmusch livrait un film sans avoir conscience de ce qui a été déjà fait avant lui. Que ce soit dans ses tentatives d’humour ou dans son propos final, le cinéaste est sans cesse à côté de la plaque, livrant une satire intellectualisée avec la naïveté d’un jeune venu pas au courant que cela a déjà été dit et fait avant lui, et en mieux. Comme ses notes d’humour extra-diégétique où les comédiens blaguent sur le scénario du film dans lequel ils jouent. Déjà vu, au cinéma comme dans des séries télé. Ou comme ce message sur la société capitaliste ayant transformé les hommes en zombies obnubilés par la consommation effrénée. C’est tout le propos final de cette fable caustique, transmettre l’idée que l’on est tous plus ou des zombies victimes du système. Ok Jim, l’idée est intéressante… mais Romero l’a déjà dit en 1978 avec Zombie. Il y a plus de 40 ans donc.

D’un bout à l’autre, The Dead Don’t Die n’a de cesse de s’enliser, essayant de se montrer malin là où il est surtout poussiéreux et largué. Quelques petites plaisanteries amusent, l’ambiance doucement lunaire et ubuesque séduit par intermittence, le final socialisant ajouté au propos écologique tente maladroitement de sauver l’effort de sa propre vacuité, mais tout cela est trop peu pour convaincre et l’on attendait vraiment plus de Jarmusch que cette parenthèse anti-Trump plombée par son indolence.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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