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MAXXXINE de Ti West : la critique du film

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Nom : MaXXXine
Père : Ti West
Date de naissance : 31 juillet 2024
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h44 / Poids : NC
Genre : Horreur, Thriller

Livret de Famille : Mia Goth, Elizabeth DebickiMichelle Monaghan, Bobby Cannavale, Kevin Bacon, Giancarlo Esposito…

Signes particuliers : La trilogie de Ti West est conclue avec brio !

Synopsis : Los Angeles, dans les années 80. Star de films pour adultes et aspirante actrice, Maxine Minx décroche enfin le rôle de ses rêves. Mais alors qu’un mystérieux tueur traque les starlettes d’Hollywood, des indices sanglants menacent de dévoiler le sombre passé de Maxine.

SON HEURE A SONNÉ

NOTRE AVIS SUR MAXXXINE

Elle est de retour pour notre plus grand plaisir ! Après X puis Pearl, Ti West boucle sa trilogie autour de sa fabuleusement psychopathe Maxine Minx, son actrice porno au parcours ensanglanté. Après avoir exploré son passé avec Pearl, Ti West imagine maintenant son avenir et c’est dans le tumulte hollywoodien qu’il l’inscrit avec MaXXXine, un troisième volet dans lequel son aspirante vedette (toujours incarnée par l’excellente Mia Goth) va tenter de quitter le porno pour se lancer dans le grand bain du « vrai cinéma » en rêvant d’un destin à la Marilyn Chambers. Sauf qu’on connaît la musique, la vie de Maxine n’a jamais été un long fleuve tranquille et entre un serial killer qui sévit dans Los Angeles et des menaces de chantage en lien avec son passé, la belle et flippante Maxine va devoir employer la manière forte pour s’en sortir.

Avec MaXXXine, Ti West semble avoir des ambitions décuplées, comme si sa nouvelle série B visait plus haut que son registre de simple série B horrifique. Le cinéaste voulait une conclusion à la hauteur voire plus, il la livre avec génie en imageant son film comme sa Maxine voit son destin : « bigger than life ». MaXXXine est-il le meilleur film de la trilogie ? Difficile à dire. Oui dans un sens car c’est clairement le plus riche à tous les niveaux. Non dans le sens où X était génial, où Pearl était génial… À vrai dire, à la question « Quel est le meilleur film de la trilogie ? » on aurait envie de répondre « Les trois mon Capitaine ! ». Comme s’ils ne formaient qu’un seul, comme s’ils étaient tous ensemble un très long-métrage en trois actes tous aussi prodigieux que différents les uns des autres.

Avec son ambiance pop eighties, ses images ultra-léchées, son ton savoureusement grindhouse, ses élans gores délicieusement vintage, sa folie permanente, son scénario à la dramaturgie bien plus dense et solide que la plupart des bisseries horrifiques et ses gestes esthétiques marqués et magistraux, MaXXXine va bien plus que le simple « petit film de genre » pour se muer en grand cinéma où le drame, le thriller, le polar noir, la comédie décalée et l’horreur cohabitent avec une grâce et une aisance folle. À gauche, la créativité dingue de Ti West qui multiplie les moments de bravoure et les idées de cinéma sublimantes. À droite, sa muse Mia Goth qui livre à nouveau une performance de gala. Habitée, la comédienne rend sa Maxine Minx à la fois touchante, fascinante, inquiétante, déjantée. On adore sa fragilité perceptible, sa violence (pas toujours) contenue, sa folie explosive, sa moue hermétique qui ne laisse jamais rien transparaître.
Alors que Ti West étale son amour du cinéma de genre dans une déclaration jouissive où l’on croise autant Psychose que Massacre à la Tronçonneuse, le cinéaste élabore conjointement une critique acide d’un monde hollywoodien impitoyable et auto-caricatural. Ce fameux monde de requins où pour survivre, il faut être plus requins que les requins. Toute la mythologie du grand cirque de L.A exposée (et explosée) à l’écran au rythme d’un bande originale et d’une direction artistique célébrant une époque bénie où les productions tournaient à plein régime, boostée par le soleil, la liberté, les étoiles d’Hollywood Boulevard et l’esprit des vidéoclubs. A l’ombre des grandes lettres du panneau surplombant la colline d’Hollywood.
MaXXXine, c’est un Ti West au sommet de son art (en même temps de House of the Devil à The Sacrament en passant par The Innkeepers, il l’a presque toujours été) et une Mia Goth carrément dingue. Autour d’eux, une galerie de personnages tous parfaitement dimensionnés s’agitent avec bonheur. On pense à Kevin Bacon en détective privé poisseux tout droit sorti d’un vieux polar noir. On pense à Elizabeth Debicki géniale en réalisatrice féministe rigide. On se régale de Giancarlo Esposito et agent/avocat perruqué digne d’un ancien mafieux trouble. Au moins autant qu’on se régale de Bobby Cannavale en flic qui enchaîne les râteaux en jouant les pseudo-durs foireux sous l’œil dépitée de sa partenaire Michelle Monaghan.

Film brillant qui sait faire preuve d’un dépassement de fonction dingue, MaXXXine est une tuerie (dans tous les sens du terme), un film à la fois d’une grande classe et d’une efficacité redoutable, qui redonne foi dans le cinéma de genre à l’heure où sa lisibilité est parasitée par toutes les conneries fadasses de Jason Blum, les reboots et autres spin-off à la noix ou les productions éclatées au solà base de possessions et d’exorcismes. MaXXXine a autant de gueule que de personnalité, il ne ressemble qu’à lui-même malgré ses nombreuses références (et son esprit tarantinesque) et sa cool attitude n’a de répondant que dans la badasserie de son héroïne toujours aussi géniale. Régal pour les yeux, généreux sur la forme et pas con sur le fond, on tient là une conclusion sacrément inspirée à cette trilogie horrifique où tous les films s’associent, se répondent et se complètent. Jubilatoire !

 

Par Nicolas Rieux

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