L’UN DANS L’AUTRE de Bruno Chiche : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : L’un dans l’autre
Père : Bruno Chiche
Date de naissance : 2016
Majorité : 20 septembre 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h25 / Poids : NC
Genre
: Comédie

Livret de famille : Louise Bourgoin, Stéphane De Groodt, Pierre-François Martin-Laval, Aure Atika…

Signes particuliers : Une comédie très réussie.

AVOIR QUELQU’UN DANS LA PEAU

LA CRITIQUE DE L’UN DANS L’AUTRE

Résumé : Deux couples, Pierre et Aimée, et Eric et Pénélope, partagent tous les quatre plusieurs années d’amitié sans nuage. Seul souci, Pénélope et Pierre sont devenus amants… La situation devenant intenable, ils décident de rompre. Mais après une ultime nuit d’amour passionnée, le sort leur joue un tour : Pierre et Pénélope se réveillent chacun dans le corps de l’autre ! Pour protéger leur secret, ils se retrouvent chacun à devoir vivre la vie de l’autre. C’est le début des complications… 

Qu’il fait bon de rire un peu en cette rentrée pluvieuse ayant refermé la parenthèse des vacances. Et pour qui a besoin de retrouver un peu de légèreté alors que la routine boulot-dodo a repris le contrôle des semaines, L’un dans l’autre arrive à point nommé, comme une petite bulle d’air salvatrice prête à faire travailler les zygomatiques avec une générosité débordante. On pourrait reprocher mille et une choses à la joyeuse comédie romantico-kafkaienne de Bruno Chiche, dans laquelle deux amants se retrouvent dans le corps l’un de l’autre après une ultime nuit d’amour en guise de rupture. On pourrait lui reprocher le manque d’originalité de son concept, un jeu d’acteur parfois approximatif, ou sa finalité très anecdotique… Mais voilà, c’est justement ça qui est bon avec L’un dans L’autre, cette absence de prétention et la sincérité de sa démarche arguant sans honte, un ton populaire plein d’entrain et de fraîcheur. Avec L’un dans L’autre, Bruno Chiche ne cherche pas à se poser en auteur pompeux n’assumant pas le caractère 100% comique de son film, et tentant vainement de défendre des « idées de fond » tirées par les cheveux histoire de « justifier » sa blague potache. Non, à l’inverse, le réalisateur fait preuve d’honnêteté, et ne vise rien d’autre que la comédie pétillante et vaudevillesque, dans l’esprit de celles de son mentor, Billy Wilder. Et s’il n’atteint pas le génie du père de Certains l’aiment Chaud, modestement Bruno Chiche s’en approche, bien aidé par la complicité de son couple de stars, un duo Louise Bourgoin / Stéphane de Groodt qui en appelle par moments, aux échanges savoureux entre Jack Lemmon et Marilyn Monroe.

A l’inverse de bien des comédies franco-françaises bâclées dans l’écriture (l’une des tares du genre dans l’hexagone), la force de L’un dans l’autre est de parvenir à tenir son postulat d’un bout à l’autre, sans jamais s’enliser, baisser de ton ou manquer d’idées. Inspiré et perpétuellement soucieux de garder le rire et le rythme (un autre point commun avec le cinéma de Billy Wilder), la comédie de Bruno Chiche exploite à merveille son principe du body swamp, pourtant mainte et mainte fois utilisé au cinéma (citons pêle-mêle, Freaky Friday, Échange Standard, Mon Père, c’est moi ou encore Toi, c’est Moi…). Un postulat un brin confusant dans les premières minutes, le temps que l’on s’habitue à cette mécanique de l’inversion des corps, et puis l’affaire file tambour battant, s’amusant joyeusement avec son terrain de jeu aux nombreuses possibilités gagesques. L’un dans l’autre multiplie blagues et traits d’humour qui fonctionnent, et l’air de rien, Bruno Chiche arrive même à glisser quelques thématiques et idées (sur les rapports homme/femme, le sexisme ou le bonheur), apportant un peu de fond à ce qui reste, une pure comédie toute en humilité. A l’arrivée, on aura passé une heure et demi de détente rieuse, et ça fait franchement du bien.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

 

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