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LA BONNE ÉPOUSE de Martin Provost : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : La Bonne Épouse
Père : Martin Provost
Date de naissance : 2019
Majorité : 11 mars 2020
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h49 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de famille : Juliette Binoche, Yolande Moreau, Noémie Lvovsky, François Berléand, Edouard Baer…

Signes particuliers : Une comédie engagée d’une lourdeur pachydermique.

LE RIRE POUR PARLER DE LA CONDITION FÉMININE

NOTRE AVIS SUR LA BONNE ÉPOUSE

Synopsis : Tenir son foyer et se plier au devoir conjugal sans moufter : c’est ce qu’enseigne avec ardeur Paulette Van Der Beck dans son école ménagère. Ses certitudes vacillent quand elle se retrouve veuve et ruinée. Est-ce le retour de son premier amour ou le vent de liberté de mai 68 ? Et si la bonne épouse devenait une femme libre ? 

Martin Provost a toujours aimé les films portés par des figures féminines, une récurrence dans son cinéma. Avec La Bonne Epouse, le cinéaste prend fait et cause pour les femmes avec une comédie engagée qui, bon coup marketing, sort pile poil dans le sillage de la Journée des Droits de la Femme. Emmené par Juliette Binoche, entourée de Noémie Lvovsky, Yolande Moreau, François Berléand et Edouard Baer, La Bonne Epouse nous replonge dans la France des années 60, à l’époque où les femmes étaient généralement perçues comme « l’épouse de l’homme » et rien d’autre. Pour former de parfaites femmes au foyer aussi habiles à nettoyer et cuisiner qu’à s’occuper de leurs époux, le pays regorgeait alors d’institutions communément appelées « Écoles d’Arts Ménagers ». Tout est dans le nom, des établissements qui enseignaient en gros aux jeunes femmes comment devenir de parfaites épouses et ménagères. On se croirait dans un temps rétrograde extrêmement lointain et même si c’est un peu le cas, c’était en réalité il y a à peine 60 ans.

Sur le ton de la comédie, Martin Provost signe donc un film engagé auprès de la condition féminine, parlant de l’émancipation d’hier pour évoquer à travers elle, la lutte qui perdure encore aujourd’hui. Le film rappelle qu’il n’y a pas si longtemps encore, les jeunes filles de notre pays étaient préparées et programmées dans ces instituts spécialisés, pour devenir de parfaites épouses, car le rôle aux côtés de l’homme-mari était leur seule et unique fonction et possibilité d’exister dans la société. Tout est d’ailleurs parfaitement résumé dans la règle dite pilier numéro 1 : « la bonne épouse est avant tout la compagne de son mari, ce qui suppose oubli de soi, compréhension et bonne humeur« . On ne peut plus clair. Les choses ont-elles changées ? Oui, un peu, c’est évident. Car mai 1968 est passé par là et c’est d’ailleurs au carrefour de cette révolution que s’inscrit l’histoire du film de Martin Provost dans lequel une directrice d’école psychorigide va découvrir le féminisme soufflé par l’époque troublée. Néanmoins, reste que les femmes sont toujours soumises aujourd’hui à ce patriarcat dominant et au regard masculin (voir le test de Bechdel pour les films), même s’il est peut-être un peu moins frontal et plus insidieux.

Malheureusement, en dépit de ses bonnes intentions louables, La Bonne Épouse ne peut prétendre à être le bon film qu’il aimerait être. On l’a souvent répété mais des intentions seules ne suffisent pas et la proposition de Martin Provost manque d’à peu près tout pour venir les épauler. A commencer par une bonne dose de finesse. A vouloir jouer la carte du comique gagesque appliqué sur une farce pétillante et enjouée, La Bonne Épouse se perd en circonvolutions au point de ressembler à un mauvais mélange de plein de choses maladroitement emboîtées. Le rire (trop maigre) essaie de rivaliser avec le propos (trop lourd), et l’ensemble manque tour à tour soit de sérieux soit de folie (trop indécis) pour imposer vraiment quelque chose. On en vient à se demander si la comédie était vraiment le bon véhicule pour parler d’un tel sujet, surtout aujourd’hui. C’était dans tous les cas le choix assumé de Martin Provost, mais il rend son effort très inconséquent et souvent bien plus pénible que vraiment passionnant.

BANDE-ANNONCE :

Par Wilfried Rennehan

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