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IRRÉSISTIBLE de Jon Stewart : la critique du film

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Irresistible
Père : Jon Stewart
Date de naissance : 2020
Majorité : 1er juillet 2020
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h41 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de famille : Steve Carell, Rose Byrne, Chris Cooper, Mackenzie Davis…

Signes particuliers : Une comédie estivale amusante mais qui aurait gagnée à être plus fine pour mieux croquer son sujet.

STEVE CARELL PART EN CAMPAGNE

NOTRE AVIS SUR IRRÉSISTIBLE

Synopsis : Un consultant politique démocrate aide un ancien colonel de la Marine dans son élection à la mairie d’une ville du Wisconsin.

Alors que la plupart des blockbusters et autres « gros films » préfèrent s’enfuir vers une date ultérieure pour éviter d’affronter des salles à moitié vides à cause des mesures sanitaires, le cinéma américain se retrouve du coup peu représenté dans les salles depuis leur réouverture, laissant ainsi un peu de champ libre aux films français et au cinéma d’auteur. Irrésistible fait figure de petite surprise nichée là au milieu. Pourquoi lui à droit à sa sortie et pas les autres ? Tout simplement car cette comédie gentiment déjantée est une sortie mineure, pour ne pas dire technique, et que l’envoyer au charbon maintenant ou plus tard n’aurait rien changé à ses résultats au box office. Car malgré le nom de Steve Carell en tête d’affiche, Irrésistible est une comédie très voire trop américaine, basée sur un sujet très américain qui ne parle pas vraiment au grand public d’ailleurs. Produit par la boîte de Brad Pitt et réalisé par l’animateur-humoriste Jon Stewart (spécialiste de la satire socio-médiatico-politique via The Daily Show, son émission corrosive parodiant un Journal Télévisé), Irrésistible s’amuse des coulisses de la politique américaine et plus particulièrement des moyens de communication qui régissent absolument tout dans les campagnes modernes.

Depuis la défaite d’Hillary Clinton face à l’ogre populiste Trump, Les Démocrates sont à la dérive. Pour essayer de se reconnecter à une population rurale à laquelle ils n’arrivent plus à s’adresser, un spécialiste en stratégie politique décide d’aider un ancien colonel de l’armée à devenir maire de son petit bled paumé au fin fond du Wisconsin. Avec l’espoir de faire de lui une « voix » du parti démocrate auprès des populations rurales. Flairant le coup, le Parti Républicain lui envoie une concurrente charger d’organiser la riposte. Les modestes élections de la petite ville de Deerlaken prennent alors une tournure quasi-nationale !

A la lecture du synopsis, on comprend effectivement assez vite qu’Irrésistible est une comédie très américano-américaine, construite autour de choses qui parlent au pays de l’oncle Sam mais qui sont un peu éloignées de notre quotidien même si l’on pourra toujours trouver de quoi transposer et adapter les choses à notre réalité. Derrière l’affrontement Démocrates vs Républicains, c’est surtout la manière dont s’organisent les campagnes politiques aux Etats-Unis que critique le film de Jon Stewart, et pour le coup, le grand public n’a pas forcément en tête, ces codes précis.

Et c’est plutôt dommage car pour ceux qui auront (même vaguement) les références, Irrésistible est plutôt drôle. De passage au cinéma, Jon Stewart réussit à importer son talent comique télévisuel ou scénique pour brocarder avec une ironie mordante la politique américaine actuelle entièrement régie par des effets de communication aberrants, et dézinguer au passage tant les Démocrates que les Républicains en riant de leur capacité commune à étouffer toute sincérité et convictions pour les remodeler selon une stratégie de communication préétablie. Même la « sincérité spontanée » est désormais quelque chose d’artificiel élaboré selon des études d’opinion ! Dans l’exagération parodique (si tant est que l’on puisse parler d’exagération car on est quand même très proche de la réalité) et dans la satire du cynisme politique d’aujourd’hui, Jon Stewart fait mouche et soutire sans peine pas mal de rire, aidé à l’écran par un Steve Carell et une Rose Byrne qui font le show.

Mais malgré des qualités gagesques qui tentent de se mettre au service d’une satire engagée, l’ensemble reste néanmoins émoussé, assez lourdaud et facile dans la diatribe, et rendu mineur par une volonté affichée de limiter les ambitions. Jon Stewart semble assumer le choix de se cantonner au seul créneau de la comédie estivale légère sans jamais vouloir être plus fin, plus malin ou plus virtuose (Irrésistible n’est pas Vice par exemple). Sa comédie punchy boxe un discours qui enfonce des portes ouvertes (le monde de la politique est pourri, les gens de la campagne ont plus conscience des vraies valeurs que les « élites » de Washington, bla-bla-bla) jusqu’à un final très maladroit et bancal. Mais ce qui limite vraiment la perspective de cette charge acérée, c’est justement d’avoir choisi de ne pas faire une charge acérée, juste une petite comédie mordante et cocasse, qui ironise sur ces ridicules petits politiciens cyniques.

BANDE-ANNONCE :

Par Wilfried Rennahan

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