GET OUT de Jordan Peele : la critique du film
Sortie cinéma

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note 3 -5
Carte d’identité :
Nom : Get Out
Père : Jordan Peele
Date de naissance : 2016
Majorité : 03 mai 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1H44 / Poids : 4.5 M$
Genre : Thriller, Horreur

Livret de famille : Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener, Bradley Whitford, Caleb Landry Jones…

Signes particuliers : Un très bon film d’épouvante, dopé ou gêné par son message de fond.

AUX FRONTIÈRES DU RÉEL…

LES CRITIQUES DE GET OUT

Résumé : Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose  filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable. Get-OutPetit film, grand buzz, gros carton. La méthode Blumhouse continue de fonctionner à plein régime avec ses séries B d’épouvante à petit budget qui engrangent des dizaines, voire des centaines, de millions de dollars dans le monde. Après Paranormal Activity, Sinister ou American Nightmare, Get Out est le nouveau triomphe du pape de l’entertainement horrifique Jason Blum. 4,5 M$ de budget pour plus de 170 M$ de recettes outre-Atlantique. Le thriller de genre signé Jordan Peele a su s’imposer comme un phénomène, et on peut comprendre l’engouement tant il a eu le mérite de proposer quelque chose de différent dans un registre devenu ultra-formaté, surtout quand il est rangé sous la bannière Blumhouse. Mêlant critique du racisme anti-noir aux Etats-Unis et récit intense à la lisière de l’étrange et du survival, Get Out a emballé le public comme la presse avec son histoire retorse, digne d’un épisode de La Quatrième Dimension.Get OutEn soi, Get Out est une série B horrifique cumulant toutes les qualités que l’on s’acharne à réclamer de la part du cinéma de genre actuel. Efficacité, tension, inattendu, originalité et intelligence, le tout saupoudré d’une bonne dose humour noir et d’un propos adossant l’épouvante à un discours féroce sur la société américaine. Et le film d’être « presque » ce petit chef-d’œuvre jamais sorti de l’usine Blumhouse. « Presque » seulement, car Jordan Peele manœuvre dans des eaux troubles, où sa malice va s’exposer au retour de lame à double-tranchant. Le cinéaste n’a pas toujours su canaliser ses intentions de fond, pour faire de son idée pertinente, un film à l’intelligence imparable. À vouloir surdoser son discours pourtant bien senti sur le racisme ordinaire aux États-Unis, lequel formait la base séduisante du projet, Jordan Peele dérive et bascule parfois dans une excessivité prise en tenaille entre le coup d’éclat acerbe et impertinent, et le dérangeant plus discutable. Concrètement, Get Out entendait illustrer sans détour, la médiocrité du racisme anti-noir encore très présent dans certains états américains. Mais sa critique, géniale dans l’absolu, aurait gagné en force de frappe si elle ne tombait pas dans l’excès, au risque de faire passer le film pour un effort flirtant à la limite du racisme anti-blanc, alors qu’il ne s’agit très certainement pas de sa volonté initiale. Impossible de développer sans déflorer un film qui repose entièrement sur les surprises qu’il réserve, mais malgré ses allures de satire horrifique exagérant volontairement pour lieux véhiculer son message, Get Out pourra en gêner certains, et ce sera aisément compréhensible. On n’ira pas plus loin dans cette direction et l’on se contentera de dire que Get Out est un bon film d’épouvante, autant dopé que plombé par un message certes malin dans l’approche, mais un peu gênant dans la formulation. Et c’est d’autant plus dommage qu’il semblait évident que ce n’était pas l’intention de son cinéaste, plus maladroit dans son exaltation que réellement méchant dans son propos. Reste un film bien foutu, haletant et frais, chose déjà rare, qui en comblera beaucoup.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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