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FRÈRE ET SOEUR d’Arnaud Desplechin : la critique du film [Cannes 2022]

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Nom : Frère et Soeur
Père : Arnaud Desplechin
Date de naissance : 2021
Majorité : 20 mai 2022
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h48 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de Famille : Marion CotillardPamela DémalGolshifteh Farahani, Patrick Timsit…

Signes particuliers : Un Desplechin décevant. 

Synopsis : Un frère et une sœur à l’orée de la cinquantaine… Alice est actrice, Louis fut professeur et poète. Alice hait son frère depuis plus de vingt ans. Ils ne se sont pas vus depuis tout ce temps – quand Louis croisait la sœur par hasard dans la rue, celle-ci ne le saluait pas et fuyait… Le frère et la sœur vont être amenés à se revoir lors du décès de leurs parents.

 

L’HISTOIRE D’UNE HAINE FRATERNELLE

NOTRE AVIS SUR FRERE ET SOEUR

Marion Cotillard et Melvil Poupaud sous l’œil de la caméra d’Arnaud Desplechin. L’affiche est alléchante, et digne de sa sélection en compétition officielle à Cannes. Un an à peine après son essai cinématographique sur Philip Roth (l’assommant Tromperie), le cinéaste roubaisien est de retour avec Frère et Sœur, un drame qui se veut chargé en émotions profondes tournant autour d’un frère et d’une sœur irrémédiablement fâchés depuis 20 ans et rongés par une haine mutuelle. Un grave accident impliquant la possible mort de leurs parents rapproche leurs trajectoires éloignées. Mais jusqu’à quel point vont-elles se rejoindre ?
Sans reproduire l’ennui abyssal qu’il nous avait imposé sur son précédent long-métrage, Desplechin ne parvient (encore) pas à réveiller notre attachement à son cinéma aimant questionner et extirper des sentiments intérieurs profondément enfouis. Peut-être parce que même s’ils ont des sujets très différents, un point commun relie Tromperie et Frère et Sœur. Ce point commun, c’est la théorie. Dans les deux cas, on a l’impression que Desplechin s’enferme dans une démarche finalement très (trop) théorique repliant ses efforts sur leur radicalité nourricière. Dans Tromperie, c’était le pari d’essayer de composer un film sur Philip Roth en faisant du Philip Roth, en épousant sa dialectique et en rendant le film très « rothien » dans son langage et sa confection cinématographique. Cette fois, c’est le pari de parler d’une rancœur consumante sans évoquer le pourquoi de cette haine viscérale, mais en s’intéressant plutôt au comment, à la manière dont elle se déploie, dont elle évolue et aux possibilités d’en sortir. Le temps a tellement passé, ce frère et cette sœur se haïssent depuis si longtemps. Mais pourquoi ? Eux-mêmes s’en souviennent-ils seulement ? Desplechin se penche sur les mécanismes et les autours d’une haine éternelle plus que sur ses raisons qui finalement se sont évaporées au fil des années. Encore une idée intéressante dans la théorie, mais si bancale dans la pratique. Car si le cinéaste se fiche des origines de la brouille, le spectateur beaucoup moins car il manque d’un repère et d’une emprise sur l’histoire, affrontant ainsi un mystère qui l’intrigue mais qui lui est renié.
Oui c’était justement l’intention, la démarche, pour coller aux sentiments des personnages, lesquels ne savent plus eux-mêmes pourquoi au final. Mais encore une fois, comme pour Tromperie, la théorie freine tout et peine à s’exprimer dans la pratique narrative. Si les personnages peuvent y trouver une évolution personnelle, le spectateur est confronté à une indicible frustration.
Brillamment interprété par ses immenses comédiens, observé avec un regard fin par Desplechin, le problème de Frère et Sœur est donc à aller chercher dans ses intentions, faisant de lui un acte un peu manqué, non pas dans son exécution mais dans ses volontés originelles. Des intentions que Desplechin assume mais qui rendent son film fragile, évoluant sur un fil trop fin pour tenir la distance. Et de se demander si ce pari de l’extrême réalisme existentiel dans le regard sur la vie ne manquerait-il pas d’un peu de cinéma pour vraiment l’incarner. Car au fond, contrairement à la vie, le film ne nous donne qu’un bout d’histoire incomplet. Et comble de l’ironie, tout cela sonne presque faux, presque trop « composé ».

Par Nicolas Rieux

8 thoughts on “FRÈRE ET SOEUR d’Arnaud Desplechin : la critique du film [Cannes 2022]

  1. Quelle déception ce film .. Marion Cotillard joue parfaitement son rôle .. que l on ne comprend absolument pas , j ai failli quitter la salle bien avant la fin .. mais la clim a eu raison de moi !

  2. Très déçue aussi par ce film long et insipide….
    J’ai aussi pensé à un inceste entre le frère et la sœur …
    Bref, malgré un jeu correct des acteurs, un film qui ne restera pas dans ma mémoire

  3. Le film m’a fait penser à la brouille qui separe aussi Agnès Soral l’actrice de son frère Alain l’essayiste …
    Brouille plutôt basée sur des propos politiques divergents.
    J’aurai aussi penser que le film révélerait un secret de famille et on attend une révélation jusqu’à sa fin , mais non !!!

  4. Pour trouver un intérêt à ce film j’ai inventé une raison à la haine dévorante entre ces deux personnes. Il m’a semblé qu’une notion d’inceste était évoquée…? En fait, rien, alors j’ai dû dormir et rêver ????

  5. Film ridicule du début jusqu’à la fin. Je ne vois pas d’autres adjectifs pour le qualifier. La magie n’opère pas. Le scénario a ni tête ni queue et les scènes s’enchaînent de plus en plus agaçantes et decousues. Rien n’est crédible dans cette famille à la fois écartelée et pathétique. Les acteurs sont perdus dans leurs rôles. Le film paraît long, très long.

    1. Bien d’accord avec vous.
      La façon de filmer sans cesse en gros plan et des dialogues insipides m’ont bien agacée et je suis très et par ce film.

      1. Je sors du cinéma et aurais du vous lire avant. J’étais avec une amie, on s’est ennuyées, Je rejoins vos commentaires, pour moi c’est nul et sans intérêt.

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