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DEUX FILS de Félix Moati : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Deux Fils
Père : Félix Moati
Date de naissance : 2018
Majorité : 13 février 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre : Comédie dramatique

Livret de famille : Vincent Lacoste, Benoît Poelvoorde, Mathieu Capella, Anaïs Demoustier…

Signes particuliers : Acteur que l’on apprécie, Félix Moati est désormais un réalisateur à suivre.

UNE FAMILLE QUI DÉRAILLE

LA CRITIQUE DE DEUX FILS

Synopsis : Joseph et ses deux fils, Joachim et Ivan, formaient une famille très soudée. Mais Ivan, le plus jeune, collégien hors norme en pleine crise mystique, est en colère contre ses deux modèles qu’il voit s’effondrer. Car son grand frère Joachim ressasse inlassablement sa dernière rupture amoureuse, au prix de mettre en péril ses études de psychiatrie. Et son père a décidé de troquer sa carrière réussie de médecin pour celle d’écrivain raté. Pourtant, ces trois hommes ne cessent de veiller les uns sur les autres et de rechercher, non sans une certaine maladresse, de l’amour…

Comme chez beaucoup de comédiens et comédiennes, il y avait en Félix Moati cette fibre artistique titillée par une petite voix qui lui soufflait l’idée de réaliser un jour son propre film après avoir déjà signé un court-métrage. Le jour est venu. Avec Deux Fils, qu’il a écrit en plus de le mettre en scène, l’acteur d’à peine 28 ans donne un nouveau souffle et une nouvelle direction possible à sa carrière. Avec le soutien d’acteurs avec lesquels il a tourné et noué des liens d’amitié par le passé (Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, William Lebghil, Anaïs Demoustier), Félix Moati fait le grand saut et signe une comédie dramatique jazzy, autour des tourments passagers d’une famille unie. Joseph (Poelvoorde) est un homme déstabilisé par la mort de son frère et qui va troquer sa carrière de médecin contre celle d’écrivain raté, son aîné Joachim (Lacoste) ne cesse de ressasser une vieille rupture amoureuse au détriment de ses études et le petit Ivan a du mal à gérer la soudaine fragilité de ses deux modèles masculins et sombre dans une étrange crise mystique et dans l’alcool. Mais malgré leurs peines, tous s’aiment et vont devoir essayer d’aller de l’avant.

C’est un Félix Moati courageux et plein de sensibilité que l’on découvre avec Deux Fils, long-métrage qui ne fait pas dans la facilité en rabâchant un énième drame apitoyant ou en s’aventurant sur le terrain de la comédie factuelle. Moati essaie de s’infiltrer dans de petits espaces narratifs, emploie un ton marginal à cheval entre le tragique poétique et l’humour d’auteur finement dessiné en fond, et tente de nous conter l’histoire d’une famille masculine qui cherche à se réconcilier avec le monde et avec eux-mêmes en passant par la compréhension que rien n’est possible seul, que c’est dans le collectif que l’on trouve les appuis nécessaires pour avancer, que c’est la force des autres qui nous aident à surmonter nos faiblesses tout comme notre force les aidera à surmonter les leurs. Au-delà d’un sujet délicat traité justement avec délicatesse, Deux Fils étonne surtout par la maturité de ses intentions, l’intelligence dans laquelle il s’efforce de baigner, et sa volonté de ne jamais rien appuyer, d’évoluer dans une forme de légère sophistication, avec en référence lointaine, un Woody Allen que Moati affectionne tant, mais aussi l’éternelle « comédie italienne des années 60 » si souvent invoquée par les auteurs d’aujourd’hui. Malheureusement, et en dépit des bonnes choses qui parsèment ce premier effort, Deux Fils souffre de trop problèmes d’écriture pour vraiment convaincre. Le film s’étiole à mesure qu’il avance, à mesure qu’il avance des idées qu’il ne conclue jamais vraiment, et trahit vite la maîtrise branlante d’un jeune auteur qui veut tellement bien faire qu’il a tendance à flirter avec le sur-écrit et le sur-composé. Parfois un peu fouillis et parasité par un maniérisme totalement involontaire, Deux Fils est inabouti mais donne envie de suivre ce prometteur Félix Moati version réalisateur, qui sera sûrement amené à faire mieux car on sent des promesses.

BANDE-ANNONCE :

Par Wilfried Rennahan

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