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CAPTAIN MARVEL d’Anna Boden & Ryan Fleck : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Captain Marvel
Parents : Anna Boden & Ryan Fleck
Date de naissance : 2018
Majorité : 06 mars 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h04 / Poids : 152 M$
Genre : Action, super-héros

Livret de famille : Brie Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law, Ben Mendelsohn, Annette Benning, Lashana Lynch, Lee Pace, Djimon Hounsou…

Signes particuliers : Un bon divertissement, parfois bancal mais sympathique.

MARVEL SE CONJUGUE AU FÉMININ

LA CRITIQUE DE CAPTAIN MARVEL

Synopsis : Captain Marvel raconte l’histoire de Carol Danvers qui va devenir l’une des super-héroïnes les plus puissantes de l’univers lorsque la Terre se révèle l’enjeu d’une guerre galactique entre deux races extraterrestres.

A quelques semaines de la sortie du très attendu Avengers Endgame, Marvel présente officiellement le nouveau personnage phare qui va rejoindre son MCU dès mi-avril : Captain Marvel. Incarnée par l’attachante Brie Larson, ce nouveau blockbuster gorgé d’adrénaline et d’effets spéciaux lance surtout dans la bataille du box office, la première super-héroïne du Marvel Cinematic Universe à avoir droit à son propre film solo. Une chance que n’a jamais eu Black Widow alias Scarlett Johansson par exemple. L’occasion pour Marvel, de surfer sur la fibre féministe qui fait tourner la tête d’Hollywood ces derniers temps, et de répondre au carton planétaire de Wonder Woman chez le concurrent DC. Brièvement introduite à la fin d’Infinity War l’an dernier, Captain Marvel était très attendue par les amoureux de comics et les fans de films de super-héros. D’autant que sa réputation l’a précédée et que Marvel a bien fait monter la mayonnaise en l’annonçant comme l’une des super-héroïnes les plus puissantes de l’univers. Il était donc temps de vérifier ce que valait vraiment cette extraterrestre venue d’une lointaine planète, à Marvel ce que Superman est à DC, et aux femmes ce que Captain America est aux hommes.

L’an passé, Marvel a sorti deux films en salles. D’un côté le très bon Infinity War qui avait forte impression en s’imposant comme l’un des meilleurs blockbusters de l’histoire récente du studio, de l’autre Ant-Man et la Guêpe qui, malgré quelques idées visuelles sympathiques, n’avait rien de super-emballant à proposer. On se demandait de quel côté aller se ranger Captain Marvel. Et la balance pencherait plutôt en faveur du premier. Tout n’est pas parfait dans ce nouveau déluge super-héroïque mené tambour battant mais le positif général l’emporte sur les défauts particuliers qui habitent cette aventure palpitante et spectaculaire. Un peu comme le Wonder Woman de Patty Jenkins (auquel il ne manque pas d’emprunter certains traits de son identité visuelle au passage), Captain Marvel s’applique à se montrer le plus fun possible, quitte à se glisser dans le sillage des Gardiens de la Galaxie (en même temps, une des scénaristes a bossé dessus) avec un bon gros mélange d’action, d’humour, de délire rétro et de musiques pop. Alors que l’action se situe dans les années 90 à l’heure des vidéoclubs, des pagers et des premiers cyber-cafés à connexion lente, Captain Marvel éclabousse l’écran d’un spectacle coloré jouant la carte de l’origin story (qui est Captain Marvel et d’où vient Nick Fury) couplée au buddy movie, le tout lancé à deux milles à l’heure sur du Nirvana, du Garbage, du No Doubt ou du REM.

Et globalement, la blague fonctionne plutôt bien. Du moins pendant les ¾ du film. Captain Marvel ne laisse aucune place à l’ennui, joue avec un script malin capable de quelques surprises, change d’univers comme on change de chaussettes, et parvient à produire un certain suspens autour de l’identité du personnage, de quoi faire oublier la mécanique générale qui, elle, reste très conventionnelle. Si le film ne brille pas dans ses envolées artistiques, la faute à un tandem de réalisateurs clairement pas assez chevronné pour imposer une patte à ce type de blockbuster formaté (le duo Anna Boden & Ryan Fleck ne s’est jamais retrouvé à la tête d’un film de cette envergure), Captain Marvel réussit néanmoins à séduire et à inspirer un amusement frais et fonctionnel. Jusqu’à l’entame du dernier quart, tout se passe même plutôt bien. Le spectacle tient ses promesses, le film tient en haleine, le production design et les effets spéciaux tiennent la route sans jamais trop déborder du côté du gros vomi numérique aussi digeste qu’un wedding cake. Les soucis viendront quand le film amorcera son virage de fin. On ne s’étendra pas pour ne rien dévoiler de l’intrigue mais disons juste que Captain Marvel va pâtir de la manière dont le personnage est vendu à la base. La super-héroïne la plus puissante de l’univers que nous dit Marvel. Soit. Sauf que dès lors que la miss badass embrasse ses pleins pouvoirs et se met à voler dans tous les sens en assénant des kaméhaméha façon Dragon Ball de l’espace, autant dire que le suspens chavire et que tout est expédié style livraison maxi-rapide par Chronopost. Il y avait sûrement mieux à faire au niveau du scénario pour ménager un final plus intense et passionnant, au lieu de se laisser porter vers une exécution aussi molle et plate qu’un gant de toilette usé, doublée par des SFX qui se mettent à chier dans la colle en faisant dans le tout feu tout flamme ringard et disgracieux. Alors oui, Captain Marvel est parfois bancal. Mais c’est peut-être tout simplement le revers de la médaille quand on cherche à se dénicher une identité dans le moule stéréotypé Marvel et à se montrer ambitieux dans sa construction et son écriture. Et s’il ne réussit pas tout ce qu’il entreprend, le film de Anna Boden & Ryan Fleck laisse quand même l’impression d’un grand space opera à la générosité maladroite mais attachante, porté par une Brie Larson attachante et convaincante et un Samuel L. Jackson numériquement (très bien) rajeuni. Dernière chose, le film est bourré de connexions et de références au MCU (ce qui régalera les fans) en plus de bien s’insérer dans la mythologie et dans le chemin qui nous mène au prochain Endgames, et comme d’habitude, restez bien jusqu’à l’ultime seconde du générique pour ne pas rater les deux scènes post-générique !

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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