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ALITA : BATTLE ANGEL de Robert Rodriguez : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Alita
Père : Robert Rodriguez
Date de naissance : 2018
Majorité : 13 février 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h02 / Poids : NC
Genre : Animation, Action, SF

Livret de famille : Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly, Mahershala Ali, Ed Skrein, Jackie Earl Haley, Casper van Dien, Michelle Rodriguez, Eiza Gonzalez…

Signes particuliers : Visuellement réussi, narrativement bien adapté, une réussite.

ALITA ENVOIE LE SPECTACLE

LA CRITIQUE D’ALITA : BATTLE ANGEL

Synopsis : Lorsqu’Alita se réveille sans aucun souvenir de qui elle est, dans un futur qu’elle ne reconnaît pas, elle est accueillie par Ido, un médecin qui comprend que derrière ce corps de cyborg abandonné, se cache une jeune femme au passé extraordinaire. Ce n’est que lorsque les forces dangereuses et corrompues qui gèrent la ville d’Iron City se lancent à sa poursuite qu’Alita découvre la clé de son passé – elle a des capacités de combat uniques, que ceux qui détiennent le pouvoir veulent absolument maîtriser. Si elle réussit à leur échapper, elle pourrait sauver ses amis, sa famille, et le monde qu’elle a appris à aimer. 

En attendant ses improbables suites d’Avatar qui viendront bien un jour ou l’autre, James Cameron fait parler de lui côté production à défaut de nous mettre quelque chose sous la dent côté réalisation. Avec Alita : Battle Angel, le cinéaste s’empare du célébrissime manga nippon Gunnm, pour une adaptation confiée aux bons soins du desperado Robert Rodriguez (Sin City, Une Nuit en Enfer). Prévue pour être le début d’une grande saga de SF (mais encore faut-il que le premier marche), Alita : Battle Angel se donne les moyens de ses ambitions et utilise des techniques de pointes pour développer son univers science-fictionnel majoritairement en images de synthèse. 200 millions de dollars plus tard et emmené par un casting hétéroclite réunissant derrière la jeune Rosa Salazar (vue récemment dans le netflixien Bird Box), des noms confirmés tels que Christoph Waltz, Jennifer Connelly, l’oscarisé Mahershala Ali ou le revenant Casper van Dien, Alita : Battle Angel est un énorme pari casse-gueule qui s’apprête à lâcher son univers post-apocalyptique sur les écrans avec des intentions de spectacle monumental.

Pari gagné ? Globalement, oui. Rien n’est parfait dans Alita, et les fans du manga originel auront sûrement bien des choses à redire car le film de Robert Rodriguez adapte plus qu’il ne transpose ultra-fidèlement en s’autorisant quelques libertés. Mais dans son processus de transposition, le metteur en scène, qui s’est également chargé du scénario, s’est appliqué à se connecter au mieux à son matériau de base, et au-delà des menus changements, c’est surtout le cœur et l’essence du manga qu’il a cherché à rendre à l’écran, avec toute la générosité qu’on lui connaît depuis toujours. Ambitieux, dense, intense et débordant d’idées visuelles et de fulgurances cinématographiques, Alita : Battle Angel s’emploie à être un énorme morceau de bravoure alliant explosivité, fun et immersion dans un univers bien modelé et travaillé. Et si l’on pouvait craindre une opération lissage pour conformer le film aux codes d’un esprit hollywoodien faisant trop souvent dans la « recette » plus que dans l’audace, il n’en est rien. Alita : Battle Angel assume constamment ses idées, quitte à livrer un produit original (pour ne pas dire marginal) et s’assure de toujours respecter ce qu’il vise et accomplit. Dans l’absolu, le blockbuster de Robert Rodriguez reste assez commercial et évite de trop s’aventurer dans le cyber-punk excluant pour les néophytes, mais sans pour autant trahir radicalement Gunnm. Le compromis est équilibré et l’on tient là une vraie bonne adaptation de manga.

En pénétrant plus intimement dans le film, impossible de ne pas y voir quelques longueurs, quelques petites facilités d’écriture et une masse considérable d’emprunts à plein de classiques cultes de la science-fiction (de Robocop à Astro Boy en passant par Rollerball et on en passe. Mais Robert Rodriguez gère son entreprise avec un mélange de sérieux et de légèreté à la fois adroit et adéquat. Narrativement, le cinéaste réussit à imposer tout ce qu’il avait à imposer, son univers tout d’abord, incroyablement pensé, travaillé et matérialisé, et surtout ses personnages, qui ne sont jamais jetés sur le bord de la route au détriment du spectacle massif. Artistiquement magnifique et bourré de détails qui enrichissent constamment l’univers tout en facilitant l’immersion dans cette futuriste Iron City, Alita trouve la bonne balance entre l’attachement aux passionnants héros de cette dystopie post-apocalyptique et l’offrande de séquences d’action impressionnantes, parfaitement stylisées et chorégraphiées, mais surtout toujours lisibles même quand tout s’emballe et que le spectacle devient frénétique. La caméra de Rodriguez, gracieuse et aérienne, virevolte et le spectateur se retrouve vite pris dans un filet aux coutures haletantes, qui régale tant pour la splendeur esthétique du travail accompli, que pour l’intensité du spectacle et la force dramatique qui tente de border l’histoire. Certes, on n’est pas face à un nouveau Ghost in the Shell en terme d’intelligence, mais Alita s’applique à utiliser la science-fiction pour égrener quelques thématiques sur l’amour, l’amitié, la loyauté, le dépassement de soi, la quête initiatique… Il le fait bien, et même si le film pèche un peu dans son orchestration de l’émotion, reste que le résultat proposé a fière allure, et réussit l’exploit de faire tenir énormément de choses en deux heures. Construire son univers, le développer et lui donner de l’épaisseur, y ancrer et faire exister et évoluer ses protagonistes tout en maximisant un spectacle dantesque, il fallait le faire, surtout sans trop prendre la voie de l’autoroute express qui aurait tout survolé sans que l’on profite des paysages. Bien joué Robert Rodriguez.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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