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BRONX d’Olivier Marchal : la critique du film [Netflix]

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Carte d’identité :
Nom : Bronx
Père : Olivier Marchal
Date de naissance : 2019
Majorité : 30 octobre 2020
Type : disponible sur Netflix
Nationalité : France
Taille : 1h56 / Poids : NC
Genre : Polar

Livret de Famille : Lannick Gautry, Stanislas Merhar, Kaaris, Jezn Reno, Moussa Maaskri, Patrick Catalifo, David Belle, Catherine Marchal…

Signes particuliers : Du pur « Olivier Marchal ».

 

 

FLIC OU VOYOU ?

NOTRE AVIS SUR BRONX

Synopsis : Dans les quartiers Nord de Marseille, une tuerie orchestrée par le clan Bastiani a lieu. Deux rivaux sont en charge de l’enquête, Vronski, un flic de la brigade antigang et Costa, un chef de groupe de la BRB aux pratiques douteuses. La situation dégénère lorsqu’un témoin-clé est assassiné durant sa garde à vue. En pleine guerre des gangs, Vronski et ses hommes, pour sauver leur peau, seront obligés de faire des choix lourds de conséquences…    

Et c’est maintenant au tour d’Olivier Marchal de débarquer sur Netflix. Côté « productions françaises », la plateforme superstar semblait afficher un léger faible pour le registre du polar, alors autant séduire la « référence » en la matière pour qu’il vienne y planter pavillon. Chose faite, c’est donc du côté du petit écran que l’ancien flic reconverti réalisateur poursuit son travail de cinéaste, en bénéficiant au passage de la puissance netflixienne puisque Bronx, son sixième long-métrage, est armé d’un solide budget de 13 millions d’euro pour mettre en scène une guerre des gangs dans la violente et sulfureuse Marseille. Au casting, une armée de gueules, Lannick Gautry (que l’on n’a rarement l’occasion de voir jouer les premiers rôles), Stanislas Mehrar, les oxydés Jean Reno et Gérard Lanvin, Moussa Maaskri ou encore la petite curiosité Kaaris, le rappeur s’essayant à niveau au cinéma après avoir passé une tête chez Julien Leclercq (dans Braqueurs ou Lukas).

A ses débuts, Olivier Marchal avait apporté quelque chose au polar français, un regard, une patte, un peu d’authenticité diront certains, en référence au passif du bonhomme et ses années à la police judiciaire. Mais rapidement, ses limites l’ont trahi. Olivier Marchal est comme une marque, on ne vient pas voir son « nouveau film », on vient voir le « dernier Olivier Marchal ». Traduction, son dernier polar. Car en définitive, le monsieur ne sait faire qu’un seul type de cinéma et c’est tout le problème. A force de le triturer de long en large et en travers, de rabâcher les mêmes choses en peignant les mêmes univers, ses œuvres ont vite ressemblé à des ersatz remâchés. De film en film, Olivier Marchal n’a cessé de s’enfoncer dans un cinéma de plus grotesque et caricatural, au point d’en venir à flirter avec l’auto-parodie. De MR73 à Carbone en passant par Les Lyonnais, le constat fut rude et lapidaire, Olivier Marchal demeure finalement l’homme d’un seul vrai bon film, sa référence 36 Quai des Orfèvres. Avec Carbone il y a trois ans, on avait touché le fond de la piscine. Difficile de descendre plus bas, Bronx ne pouvait qu’être mieux. Il l’est… en un sens.

Rien de nouveau sous le soleil Marchal. Avec Bronx, les sempiternels ingrédients du gouailleur cabossé sont de ressortis. De la racaille, de la flicaille, des gros flingues tenus par des gros bras, du grand banditisme, du ripoux, un max de testostérone, du trafic dans les rues de Marseille, des bonhommes virils et des femmes qui jouent les faire-valoir, tout ça dans une sorte de nouveau portrait fantasmé de l’affrontement entre les gentils et les méchants, où l’inverse car au fond, les héros peuvent être des anti-héros, les flics ont leurs méthodes, les bandits aussi et tout ce beau monde se confond dans un bal de violence impitoyable. Sur la forme, on pourrait presque dire que Bronxest efficace. C’est une chose que l’on n’a jamais pu reprocher à Olivier Marchal, il sait être « efficace ». L’ennui, c’est qu’efficacité ne rime pas toujours avec qualité. Et si le cinéaste balance des tas d’artifices pour donner à ses films un cachet burné qui dépote en mode nihiliste, il n’en demeure pas moins que derrière ses plâtrages de façade, c’est quand même pas très très bon. Bronxsouffre des mêmes tares que la majorité des précédents Marchal, c’est con comme la lune, c’est artificiel, c’est aussi fin qu’un bœuf bourguignon de chez Flunch. Marchal nous rejoue son éternelle même partition mais sans jamais parvenir à reproduire la composante qui avait su sublimer 36 Quai des Orfèvres en son temps. Depuis, rien ne transcende jamais rien dans le cinéma « marchalien », tout est très terre-à-terre, bas du front, dénué de la moindre once de complexité. Le monde est noir, violent, tout est foutu, les héros ripostent avec les mêmes méthodes que les voyous (parce que pas le choix), les femmes sont des bibelots blablabla… Sauf que ça en devient lassant et que du polar épiquement tragique, on dérive vers la bouffonnerie grotesque tenue par une intrigue compliquée pour rien où les rebondissements sont d’un mécanique désespérant.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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