BOYS AGAINST GIRLS (critique – drame, horreur)

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note 6
Carte d’identité :
Nom : Boys Against Girls
Père : Austin Chick
Livret de famille : Danielle Panabaker, Nicole LaLiberte, Liam Aiken, Michael Stahl-David…
Date de naissance : 2012 / Nationalité : Etats-Unis
Taille/Poids : 1h30 – Moins d’un million $

Signes particuliers (+) : Boys Against Girls n’est pas un rape and revenge craspec pas plus qu’il n’est un pur drame psychologique. Il erre dans un entredeux à mi-chemin des deux registres et sa tentative originale est plutôt louable. Prenant, soigné et très bien interprété.

Signes particuliers (-) : Les défauts du film deviennent ses qualités. Les amateurs de genre seront déçus par le peu de générosité d’un film essayant d’être moins radical et facile que la moyenne alors que les amateurs de drame seront déçus eux par la facilité de la chose à l’intelligence peu élevée.

 

NI PUTES NI SOUMISES

Résumé : Shae, une jeune et jolie étudiante, se fait larguer pendant son « petit-ami », un homme marié quadragénaire. Désespérée, elle fait la rencontre de l’énigmatique Lu,une nouvelle collègue de travail serveuse. Lorsqu’elle est violée par un homme rencontré la soirée en boîte de nuit, Lu la pousse à prendre sa revanche…

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Avec son titre racoleur digne d’une pauvre série B en DTV et son affiche à la limite du nanardesque pompant tout azimut sur celle d’I Spit on Your Grave, le petit budget vendu comme une sorte de thriller horrifique virant au torture porn craspec qu’est Girls Against Boys n’inspirait guère confiance et sentait franchement la purge idiote. Pourtant, ce troisième film du réalisateur Austin Chick (August avec Josh Hartnett et Naomie Harris et XX/XY avec Mark Ruffalo) est finalement une petite surprise inattendue même s’il ne vole pas bien haut et reste assez anecdotique.

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Premier constat séduisant, Girls Against Boys a une allure cinégique et ne ressemble pas au pauvre slasher tourné à l’arrache attendu. C’est peut-être ce qui explique sa petite tournée des festivals avec une visée Sitges cette année. Mise en scène soignée, tout comme sa photographie et ses cadrages, casting intéressant (la belle Danielle Panabaker découverte dans la série Stark puis vue en héroïne du remake de Vendredi 13 par Nispel et l’envoutante Nicole LaLiberte qui a tourné dans Kaboom ou le français Nous York) et tentative de s’extraire du seul registre du cinéma de genre pur et radical, sont quelques éléments appuyant la qualité d’un film assez simple et basique mais qui parvient à trouver ce petit quelque-chose de sympathique qui le tire vers le haut de la pile des obscurs DTV qui ne sortiront probablement jamais chez nous et pour lesquels il faut se rabattre sur les galettes numériques en import. Même si certains le trouveront à n’en pas douter fortement mauvais, débile (limite insultant au vu du sujet grave, le viol, qu’il récupère à des fins sensationnalistes) Girls Against Boys recèle en lui un pouvoir de séduction qui pourra potentiellement fonctionner sur certains.

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L’intelligence de Girls Against Boys est avant tout dans la façon qu’il a narrativement et plutôt habilement, de s’éloigner du rape and revenge racoleur classique (façon I Spit on your Grave par exemple, tout égard dû à ce bon film marquant). Austin Chick n’appuie pas sur l’aspect horrifique facile en limitant ses dérives vers le torture porn graphique de base ou même vers le slasher ras du bonnet, pour enrouler son intrigue en la nouant autour de fondations plus proche du drame que du film de genre pur et dur. Alors certes, Girls Against Boys a quand même en lui quelques séquences d’horreur efficaces (notamment une séquence de torture pas très longue mais bien présente) mais l’essentiel du métrage est résolument plus proche d’un entredeux à mi-chemin entre le drama et le thriller psychologique de vengeance. Même si l’ensemble reste assez pauvre et peu ambitieux, il est injuste de lui faire le procès d’un énième film pompant I Spit on your Grave tant Austin Chick s’applique à faire différent en allant dans une autre direction aussi bien narrative que stylistique. Le film est sans aucun doute moins tranchant, moins horrifiant et moins efficace que son voisin de comparaison mais il essaie en revanche de davantage s’attacher à son personnage et à sa psychologie. Comme il ne le fait pas de façon très fine et avec une grande intelligence, il tombe rapidement sur ses limites, à la fois film peu divertissant pour assouvir la soif des amateurs de films hardcore cradingues et à la fois métrage un peu trop simple pour espérer tomber dans la catégorie du drame sensible. Girls Against Boys est du coup dans le no man’s land qui sépare ces deux registres marqués et peine à se situer et à affirmer son intérêt propre.

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Toutefois, et même s’il a probablement conscience de sa modestie et des raccourcis qu’il emprunte avec manichéisme, cette tentative mineure d’Austin Chick n’en reste pas moins pour autant un petit film en mode « girl power » au capital sympathie non négligeable. Ses qualités sont malheureusement aussi ses défauts mais le résultat n’est pas dénué d’une ambiance étrangement prenante, aidée en cela par la belle composition de son duo de comédiennes qui joue chacune dans un registre opposé à l’autre (la belle chaleureuse aimante face à la belle froide envoutante). Pas si mal.

Bande-annonce :

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