BIG EYES de Tim Burton
[Critique – Sortie Ciné]

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Big eyesMondo-mètre
note 5 -10
Carte d’identité :
Nom : Big Eyes
Parents : Tim Burton
Date de naissance : 2014
Majorité : 18 mars 2015
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h47 / Poids : 10 M$
Genre : Drame, Biopic

Livret de famille : Amy Adams (Margaret Keane), Christoph Waltz (Walter Keane), Danny Huston (Dick Nolan), Krysten Ritter (DeeAnn), Jason Schwartzman (Ruben), Terence Stamp (Canaday), Jon Polito (Banducci)…

Signes particuliers : Le Paris Country Club proposait en avant-première le grand retour de Tim Burton au biopic, vingt après Ed Wood. Le cinéaste s’y penche sur l’incroyable histoire de la peintre spoliée Margaret Keane, célèbre pour ses « grands yeux », des tableaux uniques et tellement expressifs.

LITTLE BIG EYES

LA CRITIQUE

Résumé : BIG EYES raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.big_eyes_5L’INTRO :

Désormais réduit à l’état de « marque de fabrique » résumant un cinéma qui tourne en rond depuis plusieurs années maintenant, Tim Burton est encore un nom glorieux dans le paysage cinématographique, malgré le fait que sa dite renommée repose sur des fondations qui semblent appartenir à un autre âge aujourd’hui révolu. Curieusement toujours très apprécié au-delà des critiques devenues coutumières à chaque nouveau long-métrage, il faut avouer que cela fait des lustres que l’auteur de Edward aux Mains d’Argent, Beetlejuice ou Sleepy Hollow, déçoit, s’imposant au fil de ses œuvres les plus récentes, comme une caricature de lui-même et de son art qui aura, artistiquement, marqué les années 80 et 90. Entre ratages et semi-réussites mineures, on se prête pourtant à croire à chaque nouvelle tentative, que Tim Burton va renaître de ses cendres et pondre un nouveau chef d’œuvre. Peut-être avec Big Eyes, son dix-septième long-métrage, dont les images ne manquaient pas de séduire. Au moins autant que son sujet ou que son casting délicieux, composé de l’excellent Christoph Waltz et de la talentueuse Amy Adams. Big Eyes est un biopic revenant sur la vie mouvementée de la peintre Margaret Keane, dont l’incroyable destinée avait tout pour devenir une belle œuvre de cinéma pétrie entre les mains du spécialiste de la créativité. D’autant que pour l’occasion de ce retour au biopic, Tim Burton se retrouve associé à une équipe qui avait bien réussi dans le registre, il y a de cela vingt ans, et un certain Ed Wood. De fait, ce sont les deux mêmes scénaristes qui officient sur ce Big Eyes, qu’ils devaient d’ailleurs réaliser avant que Burton n’en prenne les rênes.big_eyes_6L’AVIS :

Si seulement le film avait eu autant d’âme que les fameux « grands yeux » des peintures de sa protagoniste, Margaret Keane… Dans la veine esthétique d’un Dans l’Ombre de Mary (sauf que de l’art de l’écriture, on passe à l’art de la peinture), en moins bon et moins émouvant, Big Eyes est un nouveau constat d’échec pour Burton. Un film d’une fainéantise rageante, prévisible, sans magie, et réalisé comme un morne téléfilm dépourvu de relief, sur lequel le cinéaste semble officier sans envie, sans vision, sans inspiration. Malgré des thématiques intéressantes sur le mercantilisme de l’art ou la personnalité et l’égo de l’artiste, Burton ne parvient jamais à exploiter et à transcender adroitement les enjeux de son histoire, pas plus qu’il n’arrive à lui conférer intensité et personnalité. Et s’il déroule de façon bien didactique le canevas de son histoire, on lui reprochera surtout un manque de fantaisie et de folie dans le traitement de son sujet, lui qui aura pourtant été maître en la matière, il y a bien longtemps, dans une lointaine galaxie.big_eyes_4Big Eyes a beau être charmant, ludique et baignant dans une esthétique rétro parfois séduisante, il ne parvient jamais à être emballant. Trop lisse, trop fade, trop sage et pire, sans génie. Burton emprunte avec nonchalance une voie droite comme une autoroute, dont il ne s’écarte jamais pour injecter un peu d’essence créatrice au moteur de son oeuvre. Débordant d’énergie (et de talent), le succulent duo Waltz/Adams ne parvient même pas à sauver les meubles d’un effort trop mineur pour se distinguer, pas forcément désagréable mais juste insipide, stérile et désincarné. Un effort qui, en définitive, ne ressemble pas à du Burton dans l’âme, alors que pourtant, les thématiques et l’univers dessinés, auraient pu lui convenir à merveille. On en ressort frustré, sur notre faim, avec l’amère sensation décevante d’avoir traversé un biopic intéressant et instructif, mais qui n’amènera à rien de plus qu’une sorte de vague sympathie, si ce n’est, pour ceux qui n’en avait jamais entendu parler, de désormais savoir qui était Margaret Keane et quelle a été son histoire. Voilà, voilà…

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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